mercredi, février 1, 2023
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L’Europe doit arrêter l’Iran

Par Dirk Niebel*

Wall Street Journal, 19 juin – L’Iran fait plus ces jours-ci que simplement ignorer l’inquiétude mondiale sur son programme nucléaire. La République islamique se moque de plus en plus de la communauté internationale, faisant comprendre qu’elle n’a aucune intention d’abandonner son programme et mettant presque au défi les nations Occidentales de l’arrêter.

La situation soulève des questions graves et des occasions sérieuses pour l’Europe, que l’Iran menace de plus en plus. Le président Mahmoud Ahmadinejad a conseillé à l’Europe de ne pas prendre le parti d’Israël dans les querelles entre Téhéran et Tel-Aviv. En attendant, Téhéran et son client terroriste le Hezbollah continuent à recruter et entraîner des milliers de kamikazes pour d’éventuelles attaques sur le Continent.

L’UE 3 – la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – a passé trois années stériles à tenter de persuader l’Iran d’abandonner son programme nucléaire en échange de commerce et d’autres bénéfices. Ils viennent de comprendre – comme les autorités iraniennes le leur avaient dit dès le départ – que Téhéran n’a jamais eu l’intention de conclure un accord.

Le changement récent de la présidence à Paris pourrait apporter une nouvelle approche européenne, qui s’appuierait beaucoup plus sur la pression économique. Clairement, les sanctions limitées des Nations Unies contre l’Iran ne font pas le tour. L’UE 3 devrait rallier les principales puissances industrialisées du monde pour renforcer les restrictions sur le commerce et les investissements en Iran, ce qui pourrait s’avérer très efficace. L’économie de l’Iran, notamment son secteur énergie, dépend lourdement de l’investissement étranger. Bien que l’Iran soit un des plus grands producteurs pétroliers du monde, il doit importer du pétrole raffiné de l’étranger. A cause du disfonctionnement de son économie, le niveau de vie de l’Iranien moyen est en baisse. Cela alimente le mécontentement populaire, rendant les mollahs au pouvoir de plus en plus nerveux. L’UE 3 est bien placée pour édifier un consensus du G-8 sur cette question. Il peut servir d’intermédiaire entre les Etats-Unis, qui veulent des pressions économiques croissantes en conservant une option militaire en cas d’échec, et la Russie, qui veut empêcher une plus grande présence militaire américaine dans le secteur.

Et il n’y a pas de temps à perdre. L’Agence internationale de l’énergie atomique a récemment annoncé que l’Iran avait fait des progrès surprenants dans la maîtrise du cycle nucléaire. Le chef de l’AIEA Mohamed ElBaradei estime que l’Iran pourrait dans trois ans produire des armes nucléaires. Un jour après la publication du rapport de l’AIEA, le Président Ahmadinejad a rendu ses intentions claires dans un discours télévisé : "la nation iranienne dispose aujourd’hui de la technologie nucléaire industrielle et (…) elle ne reculera pas même d’un pas dans ce domaine."

Et il n’y a pas de temps à perdre. L’Agence internationale de l’énergie atomique a récemment annoncé que l’Iran avait fait des progrès surprenant dans la maîtrise du cycle nucléaire. Le chef de l’AIEA Mohamed ElBaradei estime que l’Iran pourrait dans trois ans produire des armes nucléaires. Un jour après la publication du rapport de l’AIEA, le Président Ahmadinejad a rendu ses intentions claires dans un discours télévisé : "La nation iranienne a aujourd’hui la technologie nucléaire industrielle et (…) elle ne reculera pas même d’un pas de ce chemin."

Encouragé par ses progrès nucléaires, le gouvernement iranien accentue la répression de sa population et des citoyens occidentaux. Des "unités du vice" spéciales sévissent contre les personnes accusées "de comportement immoral". Le 10 mai, par exemple, des forces de sécurité ont arrêtées plus de 80 jeunes hommes à une fête d’anniversaire parce qu’elles les soupçonnaient d’être homosexuels. La police a emmené ceux qu’elle avait arrêtés dans la rue, les a mis torse nu et les a battus jusqu’à ce que leurs dos et leurs visages saignent, selon Human Rights Watch. Les jeunes femmes qui paraissent en public sans se couvrir complètement la tête sont de plus en plus arrêtées et frappées. La répression des minorités ethniques est aussi croissante. Ces derniers mois, les responsables de la sécurité iranienne ont procédé à des arrestations à grande échelle et des détentions isolées d’Arabes iraniens, de Kurdes et d’Azéris, selon Amnesty International. Le recours à la torture est répandu.

Les occidentaux font aussi face à davantage de risques en se rendant en Iran. Haleh Esfandiari, une Américaine iranienne à la double nationalité et directrice du Programme du Moyen-Orient au Centre International de recherches Woodrow Wilson, a été arrêtée début mai quand elle est allée rendre visite à sa mère de 93 ans. Accusée "de crimes contre la sécurité nationale", Mme Esfandiari est détenue en isolement dans la funeste prison d’Evine. Deux autres Américano-iraniens, Kian Tajbakhsh, qui travaille pour Open Society Institute de George Soros et l’homme d’affaires Ali Shakeri, sont détenus pour des accusations semblables.

Un Iran doté d’armes nucléaires se sentira encore plus libre de réprimer sa population et étendra son influence à travers la région. Le fait que l’Iran ait offert de partager sa connaissance nucléaire avec d’autres Etats et des groupes et qu’il ait évoqué l’utilisation d’armes nucléaires dépeint un scénario effrayant. La chancelière allemande Angela Merkel avait mis en garde l’occident l’an dernier d’éviter les erreurs des années 1930 où le monde n’a pas réagi assez fortement à la montée d’Adolf Hitler. C’est le devoir de l’Europe de s’assurer que le passé ne soit pas le prologue de l’avenir.

*M. Niebel, député au Bundestag, est secrétaire général du Parti Démocrate Libre, le plus grand parti d’opposition d’Allemagne.

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