jeudi, décembre 8, 2022
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Les souhaits de Téhéran font la loi à Bruxelles

Par Christopher Booker

The Sunday Telegraph, 21 décembre – Si les hommes politiques qui dirigent l'Union européenne ont été pris à plusieurs reprises en train de violer ouvertement leur propre loi, pour apaiser l'un des pires régimes au monde – et qu’un haut ministre britannique ait gravement induit en erreur le Parlement dans la même affaire — cela ne mérite-t-il pas quelque attention? Cependant, à nouveau la semaine dernière, sans que cela soit rapporté ici en Grande-Bretagne, l'UE a été admonesté par ses propres tribunaux pour avoir refusé d'obéir à leur jugement disant qu'elle avait agi illégalement en interdisant le principal mouvement d'opposition démocratique iranien, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI).

Cette histoire plus ténébreuse et bizarre que jamais a commencé en 2001 lorsque le gouvernement britannique – seul, comme il l'a admis plus tard, à la demande du régime de Téhéran – a mis l’OMPI sur sa liste des groupes terroristes. En 2002, la Grande-Bretagne a persuadé l'Union européenne d’ajouter l’OMPI à côté d’Al-Qaïda à sa propre liste des organisations hors la loi. En 2006, le Tribunal de première instance a jugé cette interdiction «illégale».

En 2007, la Grande-Bretagne a persuadé deux fois le Conseil des ministres de l'UE de défier le jugement de son propre tribunal. Cette année-là, après une longue bataille judiciaire menée par 35 députés et pairs – y compris plusieurs anciens ministres – le Lord Chief Justice, Lord Phillips, a confirmé une décision de la Haute Cour comme quoi le gouvernement britannique avait agi de manière «perverse» en prétendant que l’OMPI était une organisation terroriste, ce pour quoi il n’avait aucune preuve. Il a ordonné au gouvernement de lever son interdiction.

Notre gouvernement a obéi à contrecœur, mais en juillet dernier le Président Sarkozy, en tant que président de l'UE, a proposé que l'interdiction de l'UE soit néanmoins maintenue. En octobre et de nouveau ce mois-ci, le Tribunal de première instance a jugé que l'UE devait cesser d'agir illégalement. En outre, les juges ont déclaré que, suite à la décision de la justice britannique, le gouvernement britannique avait manqué à son obligation légale d’opposer son veto à la démarche de Nicolas Sarkozy. Ils ont notamment dirigé une critique incisive vers le représentant du ministère des Affaires étrangères Lord Malloch-Brown pour avoir prétendu à tort à la Chambre des Lords que la Grande-Bretagne n’aurait pu voté contre la proposition de Sarkozy parce que cela aurait signifié la levée de l'interdiction pour toutes les organisations terroristes.

Plus tôt ce mois-ci, la Cour a fait preuve d’une rapidité sans précédent en rendant public son dernier jugement, mais Sarkozy a demandé la permission d’en retarder l’application. Cette requête a rencontré une forte opposition dans une lettre signée par 1160  maires de toute la France adressée à Sarkozy. Mercredi dernier, le tribunal a brusquement rejeté l'argument, affirmant que l'UE devait se conformer à la loi sans plus tarder.

Le même jour, au Parlement européen, en présence de Maryam Radjavi, la dirigeante du Conseil national de la Résistance iranienne (dont l’OMPI constitue une partie importante), un député européen de premier plan, Alejo Vidal-Quadras, soutenu par 2000 parlementaires de toute l'Europe, a mis en garde le Conseil des ministres qu’en entravant l'application de la décision de la Cour, il se mettait « en contradiction avec le système judiciaire de l’UE et le Parlement européen » et pourrait « conduire à une crise constitutionnelle au sein de l'UE ». Il a envoyé une lettre au président Sarkozy pour l'avertir des « conséquences du refus de la  France de respecter l’état de droit en Europe. »

Ce qui rend ce mépris de la loi vraiment incompréhensible, c’est que les rasions avouées de l'Union européenne sont de satisfaire un véritable régime terroriste au Moyen-Orient. Ses agents, les gardiens de la révolution, ont fait plus que quiconque pour déstabiliser l'ensemble de la région, du Liban à l'Irak et en Afghanistan (y compris la fourniture d'armes pour tuer les troupes britanniques). A cette dictature théocratique meurtrière, le seul véritable espoir d'une alternative démocratique, laïque est le CNRI de Mme Radjavi et l’OMPI, l'organe même que l'Union européenne semble prête à réprimer à n’importe quel prix. Ce qui est des plus déconcertant, cependant, c'est la raison pour laquelle nous entendons si peu de choses à propos de ce remarquable drame dans nos médias.
 

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