lundi, décembre 5, 2022
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Les services allemands : le renseignement iranien concentre sa lutte contre les groupes d’opposition

 CNRI – L'Office fédéral pour la protection de la Constitution allemande (BfV) a révélé que les activités de renseignement du régime iranien à Berlin se focalisent sur les principaux partis d'opposition, à savoir les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) et le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Dans son rapport annuel, rendu public lundi par le ministre de l'Intérieur et le chef du BfV, l’office affirme que l'essentiel des activités des services de renseignement iraniens consiste à surveiller et à s’opposer de façon décisive aux groupes d'opposition tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran. Ces services recueillent également des informations politiques, des économiques et scientifiques dans les pays occidentaux.

Par ailleurs, le BfV a retiré l'OMPI et le CNRI de la liste des «organisations extrémistes étrangères ». La décision est intervenue après une vaste campagne politique et juridique de la Résistance iranienne, conjuguée aux efforts de parlementaires allemands et un avis juridique du Pr Hassemer, un éminent juriste allemand.

Le Pr. Hassemer, ancien juge suppléant de la Cour suprême allemande, la plus haute instance judiciaire du pays, a écrit dans un avis juridique que l’inscription de l'OMPI et du CNRI sur la liste des organisations extrémistes, qui s’est faite il y a 17 ans en geste de bonne volonté envers le régime iranien, viole les droits constitutionnels fondamentaux de l'OMPI, du CNRI et de leurs partisans, en neuf cas distincts. Il a noté que les actions du BfV concernant l'OMPI et le CNRI n’étaient pas conformes aux normes constitutionnelles.

Lundi 21 juin, le ministre fédéral de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a tenu une conférence de presse conjointe avec le président de l'Office fédéral pour la protection de la Constitution, Heinz Fromm. Ils ont dévoilé le rapport annuel du BfV. Dans un chapitre intitulé «Les activités des services de renseignement des autres pays sur le territoire allemand», le rapport souligne que le ministère du régime iranien du Renseignement et de la Sécurité (Vevak) en Allemagne, viole la souveraineté du pays. On peut lire notamment que :

« Les services de Renseignement de la République islamique forment une base importante du régime dans ce pays. Les principaux organes concernés sont le VEVAK et l'organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution (CGR). Les principales tâches du dispositif de renseignement du régime iranien tournent autour de la surveillance et de la confrontation sévère avec les groupes d'opposition à l'intérieur et l'extérieur de l'Iran. En outre, ces services de renseignement recueillent des renseignements dans les domaines politique, économique et scientifique. »

«Les activités d'espionnage du régime iranien contre l'Allemagne sont principalement menées par le Vevak. L’espionnage dans le cadre de la collecte d'informations sur l'opposition en exil est focalisé sur l'OMPI et le CNRI. D’autres objectifs d'espionnage du régime concernent la politique étrangère et la sécurité de l’Allemagne. »

« Le siège du Vevak en Allemagne est situé à l'ambassade d'Iran à Berlin, dont la mission est de surveiller les dissidents (iraniens) résidant en Allemagne. Qui plus est, le siège du Renseignement en Allemagne apporte son soutien logistique au Vevak à Téhéran. »

L'OMPI a été inscrite sur la liste des organisations extrémistes étrangères dans les années 1990. Elle a été retirée lundi 21 juin après une vaste campagne politique et juridique de la Résistance iranienne, et grâce aux efforts d'un grand nombre de parlementaires allemands et de l'avis juridique du Pr. Hassemer. Ces dernières semaines, les bureaux du BfV de onze provinces allemandes avaient déjà supprimé l'OMPI et le CNRI de leurs listes.

L’inscription de l'OMPI, la surveillance et la limitation de ses activités, outre des clauses à l’encontre de l'organisation dans les rapports annuels du BfV, ont été exigées au gouvernement allemand par le régime des mollahs ces deux dernières décennies. Le régime iranien a utilisé tous ses moyens diplomatiques, commerciaux et politiques, et a échangé activement des renseignements, afin d'influencer les organes d'Etat allemand contre l'OMPI et le CNRI. En mai 2000, alors ministre du Renseignements du régime iranien, Ali Younessi avait déclaré dans une conférence de presse à Téhéran qu'il existait une coopération constante les services de sécurité allemands, qui avaient reçu « des informations complètes » sur l'OMPI.

Les rapports annuels du BfV contre l'OMPI et le CNRI, ces dernières années ont constitué la base des violations des droits fondamentaux de nombreux sympathisants de l'OMPI et du CNRI en Allemagne. Les rapports ont également posé de sérieuses barrières politiques aux activités de la Résistance iranienne contre le régime des mollahs.

L’avis de 122-pages du Pr Hassemer examine les rapports du BfV au fil des ans. L'avis de l’ancien juge suppléant de la Cour suprême a joué un rôle important dans la campagne politique et juridique de la Résistance. Le Pr Hassemer, qui pendant des années a été le n°2 du judiciaire en Allemagne, a condamné l'influence des considérations de politique étrangère et des relations entre l'Allemagne et le régime iranien sur les évaluations de sécurité concernant l'OMPI et le CNRI. Son avis juridique a conclu que dans neuf cas les droits constitutionnels fondamentaux de l'OMPI ont été violés ou ont été sujets à des violations à la suite des rapports du BfV.

Sur la base de l’avis du Pr Hassemer, les parties lésées par les rapports du BfV peuvent déposer plainte pour demander la rectification des rapports. L'avis a également conclu que la conduite du BfV vis-à-vis de l'OMPI et du CNRI n’est pas alignée sur les normes juridiques allemandes dictées par la Constitution.

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