Les résidents d’Achraf privés de toits et contraints au déplacement forcé par les pressions et intimidations pour déplacer les restants des habitants vers le camp Liberty, sans les assurances humanitaires minimales et tout en accablant les handicapés et les blessés
Appel de Maryam Radjavi adressé à Barack Obama et à Ban Ki-moon pour prévenir une autre tragédie humanitaire pour les résidents d’Achraf, particulièrement les 1000 femmes, et empêcher l’Irak à procéder au déplacement forcé de « personnes protégées » par la Convention de Genève et dont les États-Unis ont pris l’engagement formel de les protéger et le HCR les a reconnu comme des demandeurs d’asile et des « personnes faisant l’objet d’inquiétudes »
Alors que seulement 48 heures se sont écoulées depuis le transfert du quatrième groupe de résidents d’Achraf, un transfert intervenu sous le coup d’énormes pressions et restrictions, et alors que leurs équipements de première nécessité devaient être transférés à Liberty que le mercredi 18 avril, le gouvernement irakien a dores et déjà commencé ses pressions et menaces pour forcer au transfert le cinquième groupe de résidents vers Liberty.
Cette attitude va à l’encontre du protocole d’entente signé entre le gouvernement irakien et les Nations-Unies le 25 décembre 2011, des déclarations formelles du Secrétaire général des Nations-Unies, notamment dans son rapport au Conseil de Sécurité le 29 mars 2011, ainsi que contre les déclarations consécutives du Représentant spécial du Secrétaire général, notamment à la cession du Conseil de Sécurité le 10 avril 2012, selon lesquelles un déplacement forcé ne saurait être considéré comme volontaire.
Placer les résidents devant le choix d’être tués ou de quitter la demeure et la cité qu’ils ont construits depuis un quart de siècle avec leurs énergies et leur ressources, pour un transfert vers une prison nommée Liberty sans fournir les minimums de garanties humanitaires, revient à les priver de leur toits et les déplacés par la force, en violation flagrante du Droit humanitaire, du droit international des droits l’homme, de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, de la 4ième Convention de Genève, et de la Conventions internationale pour les droits civils et politiques. Une pratique qui relève de « crime contre l’humanité ».
Bien que les conditions de transfert des trois premiers groupes de résidents n’ont point été conformes aux minimums humanitaires requis, le transfert du quatrième groupe a cependant été à tout égard insupportable pour les résidents et accompagné de harcèlements et d’intimidations.
On peut notamment souligner l’inhumanité des autorités irakiennes lorsqu’ils ont refusé le transfert des véhicules utilitaires adaptés aux paraplégiques et aux handicapés, ainsi que de leurs bungalows et sanitaires spécialement aménagés à leurs conditions et avec lesquels ils se sont adaptés depuis des années. Les multiples interventions des résidents auprès des forces irakiennes et des responsables onusiennes et américaines ont été en vain. Ce qui a contraint dix handicapés et paraplégiques du quatrième groupe à rester à Achraf.
Ces derniers font partie de la liste des personnes qui avaient demandées à être transféré plus rapidement vers des pays tiers, et remise il y a deux ans à l’ONU et aux États-Unis. Ces personnes auraient déjà pu être transférées vers les pays tiers s’il n’y avait pas eu les entraves et les obstructions du gouvernement irakien. Ce dernier a conditionné le processus de réaffirmation de leur statut de réfugié, comme pour les autres résidents, à leur transfert vers le camp Liberty, tout en leur interdisant d’emporter leurs équipements de première nécessité. Ceci est un moyen d’accablement physique et psychologique des résidents, en violation à toutes les normes juridiques, internationales, religieuses et éthiques.
Les membres du quatrième contingent ont été privés d’emporter une grande partie de leurs biens. En effet, sans égard aux précédents accords (notamment celui précisé dans la lettre du Représentant spécial le 15 février dernier), les résidents n’ont même pas été autorisés à transférer les 10 véhicules passagers prévus dans l’accord. Suite à des négociations multiples, les autorités irakiennes avaient finalement consenti que le quatrième contingent puisse emporter six générateurs à Liberty. Or, seulement deux générateurs ont été autorisés.
Le gouvernement irakien ne respecte aucun de ses engagements, piétinant les uns après les autres les termes de l’accord signé avec les Nations-Unies, alors même que cet accord avait été entériné sans le consentement des résidents et sans répondre aux demandes minimales des résidents. L’interdiction de transférer les biens des résidents intervient au moment où le gouvernement irakien continue d’obstruer leurs ventes et refuse aux hommes d’affaires intéressées à l’achat de ces biens l’autorisation d’entrer à Achraf. Les efforts de la MANUI dans ce sens sont restés lettre morte.
Les pressions pour le transfert d’autres groupes de résidents d’Achraf vers Liberty intervient alors que ce camp est confronté à une sérieuse carence en termes d’eau, d’électricité, d’évacuation des égouts et d’autres besoins minimales suite à l’arrivée du quatrième contingent. Par ailleurs gouvernement irakien, loin d’aider à résoudre ces problèmes, continue à refuser aux résidents le droit de les résoudre par leur propre moyens et à leur propre charges. Les autorités sont même allées jusqu’à refuser aux résidents la permission de construire des allées en bitume ou en ciment pour faciliter le déplacement des malades et des personnes âgées dans un camp doté d’une surface très caillouteux ; Les autorités n’ont toujours pas autorisé la désinfection du camp pour combattre les invasions d’insectes et de vipères, cela fait 40 jours qu’ils tergiversent pour autoriser l’entrée d’insecticide dans le camp.
Par ailleurs, loin d’avoir appliqué les clauses de la lettre du Représentant spécial du Secrétaire général, en date du 16 mars, concernant la réduction de la présence militaire dans le camp, le gouvernement irakien vient d’ajouter de nouveaux postes de police dans le camp.
Protestant avec vigueur contre les pressions exercées à l’encontre des résidents d’Achraf et de Liberty, privés de leurs droits humanitaires minimaux, Mme Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance iranienne, appelle le président des Etats-Unis, M. Barack Obama et le Secrétaire général des Nations-Unies, M. Ban Ki-Moon, à prévenir une autre tragédie pour les résidents, notamment pour le millier de femmes ; et à obliger le gouvernement irakien à cesser sa politique répressive à l’encontre de « personnes protégées » par la Convention de Genève, dont le gouvernement américain s’est engagé formellement à les protéger en leur accordant des cartes de « personnes protégées », et le HCR les a reconnu, dans ses nombreuses communiqués, notamment ceux du 1er février, du 1er et 28 mars 2012, des demandeurs d’asile sous protection internationale et des « personnes faisant l’objet d’inquiétude ». Il faut empêcher leur déplacement forcé tant que les critères humanitaires minimaux n’ont pas été reconnus et appliqués par le gouvernement irakien. Le gouvernement américain sera incontestablement tenu responsable de tout préjudice porté aux résidents d’Achraf et de Liberty, et ne pourra dénier sa responsabilité devant aucune instance politique et légale.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 19 avril 2012

