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Les parlementaires appellent à une reconnaissance de la Résistance iranienne (Afrique Asie)

Iran : Les Moudjahidine du peuple remportent une grande victoire en justice, mais la bataille autour du camp d’Achraf continue

Par Jean Levert

Afrique Asie, juin 2011 – Les Moudjahidine du peuple d’Iran ont le vent en poupe. Huit ans après la rafle à Auvers-sur-Oise contre le siège du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) qui avait entraîné 164 arrestations et vingt-quatre mises en examens sous l’accusation de terrorisme et de financement de terrorisme, la justice française a prononcé un non-lieu et blanchi la Résistance iranienne. Le 17 juin 2003, à 6 h 00 précises, quelque 1 300 policiers lourdement armés et masqués avaient attaqué les bureaux du CNRI et 12 autres domiciles de réfugiés iraniens en banlieue parisienne.

L’ordonnance des juges d’instruction met fin à l’un des dossiers judiciaires les plus politiquement orientés de ces dernières années en France.

Jean-Claude Maurice, rédacteur en chef du Journal du Dimanche dans un livre intitulé Si vous le répétez, je le démentirai, avait déjà révélé qu’en avril 2003, deux mois seulement avant l’opération du 17 juin, il avait accompagné Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, à Téhéran. Par hasard il avait assisté à une réunion privée entre la délégation française et le ministre iranien des Affaires étrangères, étant témoin de la demande du ministre iranien à de Villepin d’interdire les activités de l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) en France. Il avait  entendu le ministre français promettre qu’il prendrait bientôt des mesures à son encontre en France.

L’accord politico-économique couplé avec une campagne bien orchestrée de diabolisation des Moudjahidine du peuple et du CNRI a conduit au raid du 17 juin.

MIRADORS, BARBELÉS, ARMES LOURDES POINTÉES SUR LES RÉFUGIÉS : LA CITÉ D’ACHRAF A ÉTÉ TRANSFORMÉE EN CAMP DE CONCENTRATION.

Dans leur ordonnance de non-lieu les juges rejettent les accusations mais vont plus loin, reconnaissent le droit de résister et considèrent que les activités de l’OMPI se sont toujours inscrites dans le cadre d’une résistance légitime : « Le dossier ne contient pas la preuve d’une action armée visant délibérément la population civile. Une telle démonstration validerait en effet la qualification de terroriste en rendant inopérante toute référence à la résistance à l’oppression puisque la résistance à l’oppression implique a minima de viser l’oppresseur, à savoir le régime en place, et non pas l’oppressé, c’est-à-dire la population. » Les juges précisent à propos des opérations passées de l’OMPI : « L’analyse des communiqués permet cependant de faire le constat suivant : les cibles sont systématiquement institutionnelles, parfois même militaires, et les actions militaires sont présentées comme des réponses à des crimes commis par le régime iranien. »

Réhabilitation

La réhabilitation de la Résistance iranienne après huit ans d’incrimination et de diabolisation poussée par les lobbies du régime de Téhéran en France, donne un élan et un encouragement aux hommes politiques qui ont toujours soutenu la légitimité du combat de la résistance iranienne. À la fin du mois de mai, à l’initiative du Comité parlementaire pour un Iran laïque et démocratique animé par Émile Blessig (UMP) Jean-Pierre Brard (GDR), Alain Néri (SRC) et Nicolas Perruchot (NC), une majorité de députés a appelé le gouvernement français à « reconnaître la Résistance contre la dictature religieuse en Iran et à envisager d’établir un dialogue avec le Conseil national de la résistance iranienne. »

Lors d’une conférence à Paris, les députés représentant toute la diversité politique de l’Assemblée nationale ont apporté leur soutien à Maryam Radjavi, la présidente élue du CNRI. Évoquant les événements de 2003, cette dernière a conclu que « notre regard n’est pas tourné vers le passé, mais vers le futur ». Elle pense surtout au sort et à l’avenir des Moudjahidine du peuple dans le camp d’Achraf.

En avril dernier, le camp a été l’objet d’un terrible massacre. À l’incitation de Téhéran, les forces militaires du premier ministre Maliki ont attaqué ces réfugiés désarmés avec des blindés, tirant avec des armes automatiques. Le bilan a été très lourd, trente-cinq tués dont huit femmes, 345 blessés, dont quarante-deux dans un état grave qui n’ont toujours pas reçu de soins appropriés. Achraf est aujourd’hui encerclé, miradors, remblais de terre élevés, barbelés, armes lourdes pointées sur les réfugiés : la cité a été transformée en camp de concentration.

Maryam Radjavi a appelé la France à prendre en main l’initiative d’une démarche humanitaire pour la protection des Achrafiens devant le Conseil de sécurité de l’Onu. L’affaire devient un enjeu international. Lors de la session plénière du Parlement européen, Catherine Ashton la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité a déclaré : « Ce qui s’est passé le 8 avril au camp d’Achraf est déplorable et je le condamne de la manière la plus vigoureuse. Je suis catégorique sur le fait que nous avons besoin d’une réaction forte et unie de l’UE. J’ai écrit au ministre irakien des Affaires étrangères et je lui ai parlé encore hier. Bien que je ne remette pas en cause la souveraineté de l’Irak sur l’ensemble de son territoire, il a le devoir de protéger les droits fondamentaux des résidents d’Achraf. J’ai condamné les violences et appelé à une enquête – une enquête qui doit être complète et indépendante et qui doit nous dire exactement ce qui s’est passé. Mais il n’y a pas de solution simple ici – plusieurs options de solutions à long terme sont à l’étude, avec l’Onu en tête. Ce sont toutes des défis à relever. Je suis reconnaissante pour les contributions du Parlement européen, je porterai cela devant le Conseil des ministres des Affaires étrangères et j’en discuterai en détail avec le HCR des Nations unies. Nous avons besoin de poursuivre et de faire en sorte de trouver une ligne correcte de conduite et d’enquête, et notre condamnation est absolue. »

LES AMÉRICAINS ONT REMIS LA PROTECTION D’ACHRAF AUX MAINS D’UN GOUVERNEMENT FANTOCHE CONTRÔLÉ PAR LES MOLLAHS DE TÉHÉRAN.

Catherine Ashton faisait allusion à une délégation européenne qui s’est rendue en Irak sous la présidence de l’eurodéputé écossais Struan ce sont eux qui s’étaient engagés à les protéger, et ce sont eux qui malgré les mises en garde des organisations humanitaires ont remis la protection d’Achraf aux mains des forces irakiennes et d’un gouvernement fantoche contrôlé par les mollahs de Téhéran qui cherchent à tout prix à les anéantir. Ce sont aussi les Américains qui sont les derniers à maintenir l’OMPI sur une liste d’organisations terroristes alors que le monde entier, à l’exception de la dictature religieuse de Téhéran, les considère comme des résistants à part entière qui sont les seuls à pouvoir apporter une solution iranienne fiable avec un changement démocratique en Iran.