Par Laurent Hamida
Reuters, Paris, 26 juin – Un groupe d’exilés iraniens, soutenu par des politiciens internationaux, a déclaré samedi que des sanctions plus sévères devraient être imposées à Téhéran, si les puissances mondiales espéraient freiner le programme nucléaire iranien.
Des milliers de partisans du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) basé en France ont rempli un stade de fortune, juste au nord de Paris pour dénoncer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et réclamer davantage de pression sur Téhéran.
John Bolton, ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, et l’ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar ont rejoint plus d’une centaine de parlementaires de toute l'Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique du Nord pour exprimer leur opposition à Ahmadinejad.
« La communauté internationale a perdu une occasion très importante il y a un an en n’accordant pas de soutien fort aux combattants de la liberté dans les rues iraniennes », a déclaré M. Aznar, se référant aux manifestations qui ont suivi l’élection d’Ahmadinejad en 2009.
« Et maintenant, nous continuons à approuver des sanctions que je considère insuffisante », a-t-il dit à Reuters.
Le Conseil de sécurité a voté plus tôt ce mois-ci une quatrième série de sanctions visant à freiner le programme nucléaire de l'Iran, qui selon l'Occident pourrait conduire à une arme atomique – ce que Téhéran dément.
M. Bolton a indiqué la mesure de l'ONU n'était assez agressive. « Je ne pense pas que les sanctions vont empêcher ce régime d'obtenir des armes nucléaires », a-t-il affirmé à Reuters.
Un porte-parole du CNRI a déclaré qu’un millier d’autobus avait convoyé des partisans à la manifestation, ajoutant que « plusieurs dizaines de milliers » y participaient. Il n'y avait aucune estimation indépendante sur le nombre de la foule.
Le CNRI compte des partisans dans toute l'Europe et aux États-Unis et a été le premier groupe à révéler le programme nucléaire secret de l'Iran en 2002. Il affirme avoir un énorme soutien au sein de l'Iran bien que pour les analystes, il est très difficile de mesurer son soutien.
La dirigeante du CNRI Maryam Radjavi a déclaré au meeting que pour changer les idées à Téhéran, le monde devait se débarrasser des dirigeants actuels.
« De notre point de vue, la nouvelle résolution du Conseil de sécurité et les sanctions complémentaires des États-Unis et de l'Europe sont nécessaires, mais insuffisantes … Nous exigeons l’arrêt des achats de pétrole et de gaz à ce régime immédiatement », a-t-elle dit.
« Les demandes du peuple iranien, certes, vont bien delà de cela. Il exige que ce régime s’en aille », a-t-elle ajouté.
Le CNRI est la branche politique des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), basée en Irak, un mouvement de guérilla armé considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis.
L’Europe a supprimé le groupe de sa liste noire du terrorisme l'an dernier, mais Maryam Radjavi a dit qu’une grande partie de ses comptes bancaires sont toujours gelés.
« Nous exigeons que toutes les restrictions qui ont été imposées à la Résistance iranienne en Europe et aux Etats-Unis soient levées », a-t-elle dit.

