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Les Etats-Unis et l’Europe doivent reconnaître l’imposture des élections iraniennes

Les Etats-Unis et l'Europe doivent reconnaître l'imposture des élections iraniennes

Par Donya Jam  20 février 2016

Le 26 février, les ayatollahs ont prévu deux « élections » en Iran : un pour le Parlement et l’autre pour l’Assemblée des experts, un organisme qui est censé surveiller le chef suprême et lui choisir un remplacement le moment venu. Certaines personnes en Occident vantent cela comme le début possible d’une nouvelle ère de modération. Après tout, c’est la première élection depuis la conclusion des négociations de l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et six puissances mondiales.

Mais l’accord sur le nucléaire ne peut pas être le seul critère sur lequel l’Occident détermine les perspectives de modération en Iran. Aussi, et plus important encore, il faut considérer la situation du pays sous le gouvernement iranien actuel, et notamment son bilan concernant les droits de l’homme, la censure et criminalisation de la dissidence. En tant qu’enfant de chrétiens iraniens, je suis très consciente d’au moins un aspect de ce dossier, et je reconnais que les Irano- chrétiens ont peu d’espoir d’être mieux traités suite aux dernières élections.

L’existence de la communauté chrétienne en Iran remonte à plusieurs siècles et constitue une part importante de l’histoire du pays. Pendant des siècles, les musulmans, les chrétiens, les juifs et les zoroastriens s’entendaient bien en Iran. Nous étions tous Iraniens et notre religion n’était pas du tout un problème.

Quand les ayatollahs ont repris le contrôle en 1979, les choses ont changé, dans le mauvais sens. Les persécutions religieuses ont commencé et les restrictions sont devenues de plus en plus institutionnalisées. Beaucoup de chrétiens et de juifs ont fui. Mais certains sont restés dans leur pays d’origine, où ils bénéficient d’une représentation symbolique au parlement, de sorte que le régime iranien puisse maintenir l’illusion de sa légitimité.

Mais ces représentants sont choisis, et non élus. Dans le mode de gouvernance des ayatollahs, chaque candidat devrait être approuvé par quatre organismes : en premier lieu le ministère notoire du Renseignement (Vevak), puis les Pasdaran, un organisme « chien de garde » choisi par le guide suprême qui a le dernier mot dans le processus de sélection. A chaque étape du processus, le critère clé de sélection des candidats potentiels est la loyauté indéfectible à la révolution islamique et au chef suprême.

À la lumière de ce fait, il est difficile d’imaginer comment un candidat certifié puisse représenter le point de vue d’une population diversifiée et largement progressiste, et les points de vue des chrétiens et d’autres communautés religieuses minoritaires encore moins. Qualifier cette mascarade d’élection est illusoire, et quelques chrétiens pourraient succomber à cette illusion.

 

Source: Town Hall