vendredi, décembre 2, 2022
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Les Etats-Unis accentuent leurs pressions sur l’Iran

Par Corine Lesnes

Le Monde – La "nouvelle stratégie" vise à exercer "une pression croissante et multiforme" sur les Iraniens pour "renverser la perception qu’ils ont d’être invincibles", explique un diplomate. Selon le Washington Post, le sentiment dans l’administration Bush est que "les Iraniens ne répondent à la communauté internationale que lorsqu’ils sont sous pression, pas quand ils se sentent forts".

Cette stratégie avait été exposée, le 15 janvier, par le secrétaire à la défense, Robert Gates. "Nous voulons simplement faire comprendre à tous les pays de la région que nous allons être présents dans le Golfe pour une longue période", avait-il dit en commentant le déploiement de deux porte-avions dans le Golfe et l’envoi d’un bataillon de défense aérienne équipé de missiles antimissiles Patriot.

Des propos repris, vendredi 26 janvier, par Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat, dans un entretien au Washington Post. Selon elle, la démonstration de force vise à montrer aux régimes amis qu’ils peuvent compter sur Washington. "Les Etats-Unis doivent faire la démonstration qu’ils sont présents dans le Golfe et qu’ils entendent le rester." Mme Rice a utilisé le terme de "réalignement" – à la mode dans les cercles diplomatiques. Selon elle, la guerre du Liban a créé une fracture dans la région entre les "durs" et les modérés, inquiets de voir grandir l’ombre de l’Iran.

Si l’on en croit l’un de ceux qui ont employé le mot les premiers, le professeur Gary Sick, ex-membre du conseil de sécurité nationale, le "réalignement" vise à créer une alliance entre Israël et les sunnites modérés. "Les Etats-Unis, Israël et les principaux Etats sunnites sont d’accord sur une chose : l’Iran devient trop fort, trop menaçant, et il faut faire quelque chose", a-t-il expliqué sur la radio publique NPR.

De nouvelles révélations, vendredi dans le Washington Post, ont donné la mesure de la confrontation latente. "Des douzaines" d’agents iraniens auraient été arrêtées secrètement en Irak en 2006, fichés et photographiés, avant d’être relâchés, et des échantillons d’ADN collectés à leur insu. Depuis l’automne, l’autorisation a même été donnée aux soldats américains de "capturer ou tuer" ces agents. Ils seraient environ 150 officiers de renseignement, plus des membres du commandement des Gardiens de la révolution et de l’unité Al-Qods.

En recevant, vendredi, le général David Petraeus, nouveau commandant des forces américaines en Irak, après le vote de confirmation au Sénat, M. Bush a indiqué qu’il fallait "stopper" ceux qui s’en prennent aux soldats ou aux "objectifs" américains et qu’il n’était pas question pour les troupes américaines de franchir la frontière avec l’Iran. M. Gates a précisé : "Nos forces sont autorisées à poursuivre ceux qui essaient de les tuer. Nous essayons d’extirper ces réseaux qui posent des engins explosifs artisanaux qui causent 70 % de nos pertes."

L’Irak n’est pas le seul lieu de la lutte d’influence. Au Liban, toujours selon le Washington Post, des opérations auraient été approuvées contre le Hezbollah. La conférence des donateurs, à Paris, a aussi montré que les Etats-Unis et l’Arabie saoudite entendent rester les principaux bailleurs de fonds, alors que le Hezbollah bénéficie de l’argent du pétrole iranien.

Les Américains estiment que le rapport de forces est moins favorable au président Mahmoud Ahmadinejad. Avec un baril un tiers moins cher qu’il y a un an, ils espèrent que la baisse des cours va contenir les aides iraniennes au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien. Le rôle de l’Arabie saoudite est prépondérant dans le maintien des cours au niveau actuel.

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