jeudi, décembre 1, 2022
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Les étudiants et la décision de justice britannique stimulent le mouvement pro démocrate en Iran

Par Alireza Jafarzadeh

FoxNews – L’euphorie de courte durée du président Mahmoud Ahmadinejad à Téhéran et des cercles partisans de la complaisance à Washington, sur le rapport des services de sécurité américains le 3 décembre concernant le programme nucléaire de l’Iran, est vite retombée.

Ahmadinejad, qui a tout d’abord qualifié le rapport de "la plus grande victoire de l’Iran”, a opéré par la suite une retraite quand de nombreux responsables du régime, qui ont eu une lecture plus sobre du rapport, ont tirée la sonnette d’alarme.

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati,  proche conseiller du guide suprême Ali Khamenei, a averti que “avant toute réjouissance carnavalesque, nous ferions mieux de nous rendre compte que le rapport affirme que nous avons eu un programme d’armes nucléaires.” Cependant, la plus forte douche froide pour l’euphorie d’Ahmadinejad et le plus grand soutien au mouvement pour la démocratie sont arrivés la semaine dernière.

Au début de la semaine, malgré des mesures extraordinaires des Forces de sécurité de l’Etat et du ministère des Renseignements (Vevak),  plus de 3000 étudiants ont manifesté à Téhéran. Ils marquaient la Journée des Étudiants mais visaient le régime dans sa totalité.

Les forces de sécurité ont interdit l’accès à la Cité universitaire, située au centre de la capitale, et bloqué les rues adjacentes avec des bus à impérial. Cette manoeuvre a été mise en place après le soulèvement étudiant de 1999. La veille du rassemblement, le Vevak avait arrêté plus d’une demi-douzaine d’étudiants, disant qu’ils planifiaient des rassemblements sur l’ordre d’organisations "anti-régime".

Aucune de ces mesures ne se sont avérées efficaces, cependant. A la mi-journée, des centaines d’étudiants protestaient à l’intérieur du campus en criant “mort au dictateur” et “non au fascisme”. Au même moment, des centaines d’étudiants étaient bloqués par les agents de sécurité aux portes de l’université. Cela n’a pas duré longtemps. Ils ont abattu l’énorme porte et se sont engouffrés à l’intérieur. Peu de temps après, retentissaient "A bas le régime fasciste", “Mort à ce gouvernement trompeur,” et “Vivre libre ou mourir" dans tout le  campus et au-delà.

La protestation bruyante a aussi tracé une ligne claire entre ces étudiants et quelques organisations patronnées par le régime qui, sous de la bannière de la paix, cherchaient à faire dérailler le mouvement pour le changement démocratique. Les manifestants ont lancé “oui à la paix, non au fascisme,” et “des étudiants préfèrent la mort à une vie sous la répression”. Les étudiants ont souligné qu’une paix véritable ne peut être instaurée qu’en rejetant la dictature religieuse.

Même si les manifestations de la Journée des Étudiants ne sont en rien comparables à celles de 1999, vu la répression systématique sauvage du mouvement démocratique sous la présidence d’Ahmadinejad et la mainmise des Gardiens de la révolution sur tous les centres du pouvoir, ces rassemblements en disent long sur la force et la persévérance du mouvement étudiant hostile au régime.

En décembre dernier, quand les étudiants de Polytechnique de Téhéran – un bastion du mouvement – ont brûlé des photos d’Ahmadinejad sous ses yeux, une bouffée d’oxygène a été injectée dans le mouvement étudiant. Depuis lors, les cités universitaires ont été le théâtre de protestations appelant au changement démocratique et visant le régime théocratique dans son ensemble. En Iran, où les universités ont toujours été un baromètre des sentiments de la population, ces rassemblements démontrent clairement l’isolement total du régime.

Reflétant combien les  mollahs redoutent l’ennemi de l’intérieur, Newsweek annonçait en mai dernier que “au nom de la sécurité nationale et ce qu’ils appellent ‘ l’ordre public’, les radicaux iraniens se déchaînent frénétiquement contre tous ceux qu’ils imaginent poser un défi à leur régime de plus en plus impopulaire”. Le magazine ajoutait que les mollahs  “craignent particulièrement les féministes, les syndicalistes et d’autres de ce genre”

Cependant, le mouvement pour la démocratie composé d’étudiants, de femmes et de groupes ouvriers hostiles au régime, souffre d’un handicap stratégique. En été de 2003, en plein soulèvement étudiant,  un diplomate européen disait à Reuters que "la colère refoulée est toujours là, sous la surface. Mais pour que cela prenne sérieusement, il faut un catalyseur … vous avez besoin d’une organisation et d’un leadership." Et c’est là où le mouvement pro-démocratique a reçu un soutien majeur la semaine dernière quand la Commission d’Appel des Organisations Proscrites du Royaume-Uni (POAC) a réaffirmé son verdict du 30 novembre comme quoi les Moudjahidine du peuple (OMPI), le plus grand groupe iranien d’opposition et le mieux organisé, devait être retiré de la liste noire britannique.

La POAC a rejeté le recours déposé par le gouvernement britannique contre cette décision. Il semble que malgré l’humiliation de l’an dernier quand le régime de Téhéran a pris en otage des marins britannique, le gouvernement du Premier ministre Brown cherche toujours les bonnes grâces des ayatollahs.

Les déclarations venant de Téhéran sur le rôle du réseau de l’OMPI à l’intérieur de l’Iran pour organiser des manifestations étudiantes, des femmes et des ouvriers et les demandes constantes des ayatollahs à leurs interlocuteurs étrangers d’expulser, d’interdire ou de démanteler l’OMPI témoignent du rôle clé de cette organisation dans le mouvement en faveur de la démocratie en Iran.

Le correspondant du magazine Afrique Asie, déclarait depuis Téhéran l’été dernier que les dirigeants iraniens sont très préoccupés et alarmés. Pas à cause d’une attaque militaire étrangère impraticable mais à cause du soutien de la population aux Moudjahidine du peuple. Aujourd’hui, l’OMPI est fortement capable d’attirer les jeunes nés après la révolution.

Un grand nombre de membres de la Chambre des communes britannique et de la Chambre des lords, ainsi qu’un grand nombre de membres bipartites du Congrès des Etats-Unis critiquent ouvertement Londres et Washington pour cette politique de complaisance qui consiste à maintenir sur la liste noire l’OMPI au bénéfice de la tyrannie des ayatollahs et au détriment du mouvement pour la démocratie de l’Iran.

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