mercredi, février 1, 2023

L’Ennemi de mon ennemi

Par Struan Stevenson

The Washington Times, 28 août – Cet été a vu une augmentation sans précédent du nombre des exécutions en Iran. Depuis juillet, les médias officiels iraniens ont annoncé au moins 86 exécutions. Vingt-et-une personnes ont été pendues en public et 58 dans les prisons à travers le pays, y compris 12 détenus pendus ensemble dans la sinistre prison d’Evine à Téhéran.

Par Struan Stevenson *

The Washington Times, 28 août – Cet été a vu une augmentation sans précédent du nombre des exécutions en Iran. Depuis juillet, les médias officiels iraniens ont annoncé au moins 86 exécutions. Vingt-et-une personnes ont été pendues en public et 58 dans les prisons à travers le pays, y compris 12 détenus pendus ensemble dans la sinistre prison d’Evine à Téhéran. Environ 600 victimes attendent dans le couloir de la mort de la prison de Gohardachte à l’ouest de Téhéran. Le régime a même reconnu quelques cas de lapidation, après avoir prétendu des années durant que cette punition barbare n’était plus en vigueur. L’oppression par le régime fasciste des mollahs continue à une allure alarmante. Ce qui rend la situation encore plus terrifiante c’est que les mollahs diffusent leur brutalité à la télévision d’Etat pour terroriser une population de plus en plus en colère et mécontente.

En outre, le régime forme et déploie des commandos suicides et des insurgés dans l’Irak voisin pour tenter de fomenter la guerre civile et de livrer l’Irak dans les griffes de l’Iran. Les mollahs et leur corps de gardiens de la révolution (le CGR) fort de 125.000 hommes fournissent les bombes de bord de route sophistiquées (EFP) qui tuent et mutilent les alliés. Ils ont été les maîtres du Hezbollah pendant la guerre récente avec Israël au Liban et leur soutien au groupe militant palestinien du Hamas a conduit à la rupture avec le Fatah et la division de la Palestine. Les membres de la force d’élite du CGR – Qods – vont même jusqu’à viser les opposants à l’étranger avec des enlèvements et des assassinats. Fidèle à lui-même, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été commandant d’un de ces commandos dans les années 1990. M. Ahmadinejad a répété sa menace d’effacer Israël de la carte. Il continue à dérouler son programme nucléaire d’enrichissement jusqu’au point où il aura les moyens de le faire.

La réponse de l’Europe en Iran a été, c’est le moins qu’on puisse dire, muette. Mis à part quelques grincements de protestations et des résolutions fortes du Parlement européen, l’UE-3, rassemblant le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, a essayé en vain de persuader Téhéran d’interrompre sa quete d’armes nucléaires. Mené par le Royaume-Uni, ces trois membres de l’UE se sont engagés dans une campagne de complaisance à faire rougir Neville Chamberlain. Décidé à maintenir le flot de contrats riches en pétrodollars, l’UE-3 a honteusement fermé les yeux sur l’oppression effrénée des mollahs, les exécutions et le soutien au terrorisme.

Pire encore, sur l’insistance des mollahs, le Royaume-Uni a exigé que le principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI), soit proscrit au Royaume-Uni et ajouté sur la liste du terrorisme de l’UE. Faisant courir un risque immense à ses propres partisans en Iran, dont plus de 120.000 ont été exécutés ces 20 dernières années, les Moudjahidine du peuple ont fourni à plusieurs reprises des renseignements majeurs à l’occident, y compris la première révélation du programme nucléaire de l’Iran. (Comme si ce n’était pas suffisant, les mollahs sont allés jusqu’à exiger que le Royaume-Uni et les Etats-Unis bombardent des bases de l’OMPI durant l’Opération liberté pour l’irak). Comme l’a révélé la procédure judicaire de la Commission d’Appels des Organisations Proscrites à Londres le mois dernier, le Royaume-Uni avait assuré à Téhéran qu’il le ferait.

En décembre, le Tribunal de Première Instance des Communautés européennes au Luxembourg a jugé que cette inscription de l’OMPI par l’UE était illégale. Le Conseil des ministres a simplement ignoré le tribunal et, à nouveau sur l’insistance du Royaume-Uni, a élaboré une nouvelle liste de terrorisme incuant l’OMPI. Les mollahs ont exprimé leur grande appréciation de cet acte lâche de complaisance, mais ont continué à ignorer les appels à suspendre leur programme nucléaire. 

À Washington, le Président Bush ne se fait pas duper facilement  Il a décidé de placer le CGR dans la liste du terrorisme américain. Cela a, bien sûr, exaspéré Téhéran et ses apologistes à Washington, mais cela permettra aux Etats-Unis de geler les énormes avoirs financiers étrangers des gardiens de la révolution et des sociétés étrangères cibles faisant des affaires avec le CGR.

C’était le général Douglas MacArthur dans son célèbre discours d’adieu au Congrès en 1953 qui a dit de ceux qui poursuivaient la complaisance : "ils restent aveugles à la leçon que l’histoire donne clairement, car l’histoire enseigne avec une insistance manifeste que la complaisance n’engendre que de nouvelle guerre plus sanglante. Elle n’indique aucun exemple où cette fin a justifié ce moyen, où la complaisance a mené ailleurs qu’à une paix en trompe-l’oeil. Comme le chantage, elle jette les bases pour des demandes nouvelles et de plus en plus grandes jusqu’à ce que, comme le chantage, la violence devienne la seule alternative."

Ceux qui cherchent à apaiser les mollahs fascistes en Iran devraient tenir compte de cette leçon. Au lieu de coucher sur la liste noire notre alliée naturelle, l’OMPI, l’Europe devrait suivre l’exemple de l’Amérique et ajouter le bras terroriste de l’Iran dans la liste du terrorisme de l’UE.

* Struan Stevenson est eurodéputé conservateur pour l’Ecosse. Il est vice-président du Groupe PPE-DE du Parlement européen et co-président de l’intergroupe des Amis d’un Iran Libre.

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