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Le Sénateur Mennedez : si les 7 otages, dont nous pensons que le gouvernement irakien sait où ils sont, viennent à mourir, cela compliquera les choses

Audition à la commission des Affaires étrangères du Sénat américain
3 octobre 2013

Échange sur le camp d’Achraf et le camp Hurriya

Lors d’une audition au Sénat américain, des sénateurs ont mis en garde le Département d’Etat sur la sort réservé à sept otages du camp d’Achraf.

Voici l’intégralité des échanges effectués sur ce sujet, le 3 octobre à la commission sénatoriale chargée des affaires étrangères, entre les sénateurs Robert Menendez, démocrate du New Jersey qui préside la Commission des Relations étrangères du sénat, le sénateur John McCain, républicain de l’Arizona, et Wendy Sherman, sous-secrétaire d’État aux affaires politiques.

 

Sénateur John McCain (républicain de l’Arizona) : (…) à propos de la situation concernant les gens du camp d’Achraf. Nous savons qu’il y a avait des opposants iraniens qui à un moment avaient été désignés comme une organisation terroriste. Mais, les Etats-Unis d’Amérique, est-ce vrai, leur ont donné l’assurance que s’ils changeaient de place, ils seraient protégés.

Nous savons que l’influence iranienne a considérablement augmenté en Irak. En fait, nous savons maintenant qu’Al-Qaïda est bel et bien vivant, qu’il s’en tire très bien, et qu’il va et vient entre les deux pays.

A présent, il y a eu une tuerie de je crois 51 personnes qui étaient membres de ce camp et dont beaucoup avaient en leur possession des garanties des États-Unis d’Amérique qu’on ne leur ferait pas de mal. Tout d’abord, est-ce que ces faits sont avérés et deuxièmement, si c’est vrai, quelle leçon cela envoie aux gens à qui nous disons que vous serez sous notre protection ?

Wendy Sherman (sous-secrétaire d’État aux affaires politiques): Sénateur, je partage votre profonde préoccupation sur ce qui s’est passé au camp d’Achraf.  Ce fut une attaque violente le 1er septembre et de nombreuses vies ont été perdues. Et les États-Unis continuent de presser le gouvernement irakien à chaque occasion, aux niveaux les plus élevés afin d’assurer la sûreté et la sécurité des habitants du camp Hurriya, où beaucoup de membres de l’OMPI ont été déplacés pour une meilleure sécurité.

 

Nous avons vigoureusement et rapidement condamné l’attaque. Bien sûr, nous adressons nos condoléances aux familles des victimes et nous travaillons avec le gouvernement irakien et la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Irak (MANUI) pour le transfert pacifique et volontaire des survivants vers la sécurité au camp Hurriya le 12 septembre.

Et nous travaillons pour la protection des personnes au camp Hurriya parce que nous ne voulons pas que cela se répète. Donc, à ce jour, le gouvernement irakien a fait entrer 700 grands murs en T, plus de 500 bunkers, plus de 600 petits murs en T et près de 50.000 sacs de sable. Des observateurs de l’ONU visitent le camp tous les jours, et conformément au protocole d’accord pour évaluer les droits humains et les conditions humanitaires.

Je dois dire sénateur, que la véritable réponse à ceci, à la sûreté et la sécurité de toutes les personnes dans le camp, qui veulent vivre dans un camp, est la réinstallation dans des pays tiers pour sortir de l’Irak et être hors de danger. Et je voudrais demander à tous les gens ici aujourd’hui, représentant les droits et les intérêts de l’Ompi, et aux dirigeants de l’OMPI dans les camps et à Paris de permettre que cette réinstallation avance parce que jusqu’à ce que la réinstallation se fasse, la sécurité sera en péril. Nous ferons tout en notre pouvoir pour garder les gens en sécurité dans ces camps. Mais comme vous le soulignez, la menace d’Al-Qaïda en Irak s’accroit et c’est difficile.

Sénateur John McCain : …Bien sûr, malheureusement, nous n’avons pas tenu notre parole. J’espère que cette question sera soulevée auprès du gouvernement irakien et il se peut qu’au Congrès nous ayons à regarder le type d’aide et comment nous l’envoyons à l’Irak si le gouvernement irakien va continuer ce genre de chose.

Sénateur Robert Menendez, (démocrate, président de la Commission des Relations étrangères du sénat) : Avant de passer au sénateur Markey, permettez-moi de répéter ce que le sénateur McCain a dit à ce propos. J’ai publié une déclaration à ce sujet et j’ai également parlé à notre ministère. Vous savez que l’Amérique est allée voir l’Ompi et nous lui avons dit de désarmer et que nous allons vous protéger. Et puis nous sommes finalement partis et la protection n’a pas été au rendez-vous.

Vous pouvez mettre des choses en place, je me fiche de savoir combien de tonnes de sacs de sable, mais lorsque des éléments des forces irakiennes peuvent très bien en fait être complices de ce qui s’est passé, les sacs de sable ne vont pas prendre en charge le problème.

Et je suis d’accord avec vous que la réinstallation est un élément essentiel. Peut-être que les Etats-Unis pourraient faire partie de ceux qui montrent la voie, en disant à un univers de ces personnes qu’en fait, vous pouvez être réinstallés aux États-Unis et cela permettrait que le reste du monde offre davantage de réinstallation.

Mais il est inacceptable de perdre une vie de plus lorsque des commandants américains ont donné à ces personnes une garantie écrite de leur sécurité et cela envoie un message aux autres dans le monde que lorsque nous disons que nous allons faire ceci et nous ne le faisons pas, qu’ils ne doivent pas nous faire confiance.

Et une chose que cette commission peut faire, parce qu’elle a la compétence sur toutes les ventes d’armes, c’est que je doute fort de voir une approbation de ventes d’armes à l’Irak tant que nous n’aurons pas cette situation où les gens auront la vie sauve.

Sénateur John McCain : Pourrais-je vous dire merci, Monsieur le Président.

Wendy Sherman : (…) Si je peux me permettre sénateur, je voudrais aussi profiter de l’occasion pour commenter ce que vous avez dit à propos de l’Irak. Et nous sommes d’accord sur ce que le sénateur McCain a dit. Nous sommes d’accord que nous devons faire tout notre possible pour réinstaller les gens, de les faire sortir du danger. De bien agir sur la promesse que nous avons faite à l’OMPI. Je sais qu’il y a des sentiments forts ici et je comprends pourquoi, à propos de ventes d’armes à l’Irak, mais je tiens à faire enregistrer que l’assistance américaine pour la sécurité et les ventes militaires à l’étranger en particulier, sont des outils que nous utilisons pour construire et façonner les capacités de défense de l’Irak et l’intégration des forces de sécurité irakiennes à nos forces de sécurité et nos partenaires régionaux.

Et je veux juste mettre en garde que retenir l’assistance en matière de sécurité pourrait bien servir à réduire notre influence à Bagdad, permettre l’ouverture de relations et la mise en place de leviers à des concurrents stratégiques qui combleraient le vide et pourraient éventuellement nuire à notre intérêt à long terme. Donc, je demande juste que nous fassions très attention à ce que nous disons en avançant.

Sénateur Robert Menendez : Permettez-moi de vous mettre en garde au sujet des vols que l’Irak autorise de l’Iran à la Syrie, largement, en toute impunité.

Et permettez-moi de mettre en garde aussi que les sept otages, dont nous pensons que le gouvernement irakien sait où ils sont, s’ils viennent à mourir, cela compliquera toutes les choses. J’espère donc que nous nous sommes tous les deux mis en garde.

Wendy Sherman : Je suis bien d’accord avec vous sur ces deux points.

 

US Senators Question State's Top Official on Camp Ashraf Massacre, Threaten to Cut Iraq Aid