Par Christopher Booker
The Telegraph, 24 février – Mais est-ce que Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, sait de quoi est capable Martin Kobler, son représentant personnel en Irak ?
J’avais raconté par le passé cette l’incroyable histoire sur comment avait été trahis 3.200 opposants iraniens qui, pendant 30 ans après la révolution iranienne de 1979, ont vécu dans le camp d’Achraf, une petite ville du désert près de la frontière iranienne. En 2003, en échange de leur désarmement, ils avaient reçu des garanties pour leur sécurité d’un général américain. Mais à peine les forces américaines parties, que la ville était attaquée, en 2009 et en 2011, par les forces irakiennes et iraniennes, dirigées par le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, faisant 47 morts parmi les habitants et des centaines de blessés.
L’an dernier, Martin Kobler, le chef de la Mission d’Assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI), a négocié un accord avec M. Maliki et le gouvernement iranien, par lequel les résidents de la ville ont été amenés à se déplacer vers le Camp Liberty, une ancienne base américaine près de Bagdad, promettant qu’il ne s’agissait que d’un relais avant leur réinstallation à l’étranger. Un rapport adressé au Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a constaté que Liberty ne répondait à aucune des exigences fondamentales d’un camp de réfugiés. Mais, sous la direction de Kobler, il a été réécrit pour dire le contraire, de sorte que lorsque les habitants sont arrivés, ils ont constaté qu’ils étaient victimes d’une horrible tromperie.
Leur nouveau domicile n’était rien de plus qu’une prison étroite et sordide, où ils ont été dépouillés de leurs biens, intimidés nuit et jour par des gardes brutaux irakiens et iraniens, et privés d’approvisionnement en eau, en vivres et en médicaments. Il y a deux semaines, le camp a été violement bombardé au mortier, résultant dans sept morts et une centaine de personnes blessées. L’ambassadeur d’Allemagne à Bagdad, Britta Wagner, a publié un communiqué exprimant le « plein soutien » de son gouvernement au travail de la MANUI. Le chef de la MANUI, Martin Kobler, est le mari de Mme Wagner.
A Washington, soutenu par une série d’anciens hauts responsables du gouvernement américain, l’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a fait un discours passionné, demandant à Ban Ki-moon de révoquer M. Kobler, déclarant que le camp Liberty était « non seulement un camp de concentration, mais aussi un champ de mort », et que c’était Kobler qui avait « permis que cela devienne un champ de mort ».
Le rôle joué par l’homme de l’ONU en Irak est si bizarre que j’ai demandé au ministère des Affaires Etrangères d’expliquer la position de notre propre gouvernement sur ces événements. Sa réponse a été que, tout en condamnant l’attaque du camp Liberty qui a « tué ou blessé un certain nombre de résidents » (et « c’est rapporté, des gardes irakiens du camp »), « nous soutenons pleinement le travail de M. Kobler en tant que Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU ». Bien, bien …

