mercredi, mars 11, 2026
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Le régime de Téhéran en position défensive face à des pasdaran démoralisés

Le régime de Téhéran en position défensive face à des pasdaran démoralisés

Par: Alireza Jafarzadeh

La désignation longtemps attendue des Gardiens de la révolution de Téhéran (pasdaran) en tant qu’organisation terroriste étrangère devient enfin effective et ils le méritent.

Les États-Unis ont décidé de désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran) comme une organisation terroriste étrangère en vertu de l’article 219 de la loi sur l’immigration et la nationalité. C’est une étape majeure dans la lutte efficace contre l’utilisation systématique du terrorisme par Téhéran en tant qu’instrument de gouvernance.

C’est également une bonne nouvelle pour le peuple iranien, dont les efforts déployés depuis 40 ans pour apporter des changements ont été violemment réprimés par les pasdaran.

Les pasdaran remplissent certainement les trois critères de l’article 8 du 1189 des États-Unis pour la désignation des organisations terroristes : il s’agit d’une organisation « étrangère » qui « se livre à du terrorisme ou à une activité terroriste ou conserve la capacité et l’intention de se livrer à du terrorisme ou à une activité terroriste » et « menace les ressortissants américains ou la sécurité nationale des États-Unis ».

Décrit à tort par certains comme une armée officielle, le mot « Iran » n’apparaît même pas dans le nom du Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran). Ils ne reconnaissent aucune frontière. En tant que « gardiens » de la « révolution islamique », ils ne relèvent que de l’autorité du Guide Suprême et opèrent indépendamment des forces armées régulières. C’est l’appareil central de la répression, le principal moteur de la guerre et de l’exportation du terrorisme, et il gère les projets d’armes nucléaires et de missiles de l’Iran. Les pasdaran contrôlent également une grosse part de l’économie de Téhéran.

Du point de vue du peuple iranien, cette désignation est justifiée, essentielle et attendue depuis longtemps. Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a qualifié la désignation des pasdaran en tant qu’organisation terroriste de « revendication légitime et attendu depuis très longtemps par la Résistance iranienne, d’impératif pour la sécurité, la paix et la stabilité au Moyen-Orient et une étape urgente et cruciale pour mettre fin à la guerre et au terrorisme dans toute la région et dans le monde ».

La réaction de Téhéran a été révélatrice. Malgré le battage médiatique et les fanfaronnades habituelles, la théocratie et ses pasdaran se rendent compte qu’à partir de ce moment, ils auront considérablement moins de place pour mener des opérations terroristes et agir en toute impunité.

La dure leçon de quatre décennies, c’est que les mollahs d’Iran, comme tous les tyrans, ne réagissent que lorsqu’ils sont traités avec fermeté. Ils ne reculent que devant la fermeté.

Le soulèvement de décembre 2017 en Iran, qui fait l’objet de nombreuses discussions, mais qui n’a pas encore été pleinement apprécié, a mis en lumière le manque de solutions stratégiques du régime face à toute une série de crises politiques, économiques et sociales. Cette tendance se chevauche avec des querelles de factions progressivement vicieuses, l’isolement international croissant, ainsi que les prouesses et l’envergure de plus en plus manifestes de la Résistance iranienne chez nous et à l’étranger. En bref, Téhéran est beaucoup plus faible qu’il y a environ un an.

La Fondation coopérative des pasdaran est l’établissement financier le plus puissant du pays. La Ansar Bank, la quatrième plus grande banque d’Iran, appartient aux pasdaran, qui sont également l’un des principaux actionnaires de la Saderat Bank. Ces deux banques ont 3 232 succursales en Iran. Une autre grande banque, Pasargad, est également liée aux pasdaran, qui sont également le principal décideur du deuxième constructeur automobile en Iran, Saipa. Les pasdaran contrôlent également le plus grand contractant gouvernemental du pays.

Leur désignation en tant qu’organisation terroriste étrangère offre aux autorités américaines un outil supplémentaire pour poursuivre ceux qui aident le régime de Téhéran. Cela met le régime des mollahs dans une position défensive et démoralise les pasdaran et leurs mandataires. Cela réduira les ressources utilisées pour former et financer les milices affiliées aux pasdaran. Le New York Times a rapporté que même avant la désignation en tant qu’organisation terroriste, les sanctions américaines existantes avaient empêché Téhéran de financer ses mandataires terroristes.

La désignation devrait également remonter le moral des Iraniens, qui détestent les pasdaran pour avoir réprimé la population et spolié les richesses du pays.

Enfin, cette désignation persuadera les entreprises européennes de réfléchir à deux fois avant de faire des échanges ou des investissements avec Téhéran, sachant que les pasdaran contrôlent plus de la moitié de l’économie du pays.

L’étape suivante consiste à identifier toutes les entités affiliées aux pasdaran et à leur imposer des sanctions. La désignation en tant qu’organisation terroriste étrangère porte un coup majeur à l’instrument terroriste du régime. Les terroristes de Téhéran, et ceux qui les protègent, peuvent enfin en payer le prix.