
CNRI- Ci-dessous, la traduction d’une lettre de protestation du prisonnier politique Saleh Kohandel, partisan de l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI), envoyée de la tristement célèbre prison Gohardasht à Karaj, au nord-ouest de Téhéran, au sujet de la visite en Iran du Premier Ministre italien Matteo Renzi.
Honorable Premier Ministre,
Nous avons entendu parler de votre intention de venir en visite en Iran avec une délégation commerciale dans les prochains jours. Cela arrive alors qu’il est évident, même aux yeux de tout individu ordinaire ou apolitique, que toute la souffrance qui a lieu au Moyen-Orient – de la Syrie à l’Irak et au Yémen, etc.- est causée par les mollahs au pouvoir en Iran, et que donc cela ne peut pas avoir échappé à votre éminence, à la tête du si grand pays qu’est l’Italie.
Quoi qu’il en soit, il semble que l’odeur du pétrole et des dollars vous ait fait tourner la tête et que vous ignorez la plus évidente des situations politiques sans entendre les appels des millions de sans abri en Syrie, en Irak, au Yémen, etc. Les droits humains du peuple iranien et des peuples de la région vous importent peu.
A présent que vous préférez être ignorant de ces faits et rêvez de profits pétroliers considérables, en tant que prisonnier politique qui a passé plus d’une décennie dans les prisons du régime je voudrais vous informer que si vous venez dans notre pays qui est en état d’occupation, tout traité que vous signerez n’aura rien à voir avec le peuple iranien, et vous ne ferez que traiter avec les bouchers qui en Iran ont pris 70 millions de personnes en otage.
Monsieur le Premier Ministre, dans la culture persane, si quelqu’un achète des biens à un voleur, son crime est plus important que celui du voleur lui-même.
Monsieur le Premier Ministre, en quelle langue doit vous parler le peuple iranien pour vous dire que les mollahs qui règnent en Iran ne nous représentent pas ? Il semble que le problème ne soit pas notre façon de le dire, mais la façon dont le monde colonialiste soutient les dictateurs jusqu’à la dernière minute ; et vous n’êtes pas différent.
J’aurais aimé que vous entendiez la voix des opprimés plutôt que celle des dictateurs pour que dans l’Iran libre de demain vous soyez bien considéré. N’ayez aucun doute quant au fait que l’Iran libre de demain n’est pas si éloigné. L’histoire du peuple iranien ouvrira une période sombre pour vous et vous serez condamné par la nation iranienne.
Monsieur le Premier Ministre, la souffrance que nous endurons à cause de votre politique d’apaisement est si atroce que nous ne ferons bientôt plus appel à vous, qui choisissez la conciliation, mais nous vous maudirons et dirons à votre peuple ce que vous nous avez fait.
Saleh Kohandel, prisonnier politique dans la prison de Gohardasht
CC :
Ministère des Affaires étrangères italien
Bureau du Premier Ministre italien à Rome
Ambassade d’Italie en Iran

