
CNRI – Le vendredi 21 octobre 2016, M. Dirk Claes, maire de la ville de Rotselaar aux Belgique, a présidé une rencontre du Comité belge des parlementaires et des maires pour un Iran démocratique. Ce qui suit est le texte de son discours.
Mesdames et messieurs
Merci de venir aujourd’hui à cette rencontre que j’ai organisée en ma qualité de maire de Rotselaar. J’ai été maire depuis 1995. Pour ceux qui sont ici pour la première fois, Rotselaar est situé dans la province belge de Flemish-Brabant et est célèbre pour accueillir un des plus grands festivals en Europe. Près de 300.000 personnes viennent ici chaque année de tous les coins du globe pour nos festivals de musique.
En tant que maire, je suis responsable de la sécurité (police, sapeurs-pompiers et mobilité), du personnel, de l’administration et de l’organisation, des festivités, des affaires juridiques et honoraires, et du tourisme.
J’ai suivi la situation de l’Iran pendant plusieurs années. Quand j’étais au parlement (Chambre) belge, puis au Sénat belge, nous organisions plusieurs rencontres sur les droits de l’homme en Iran. Nous avions formé un groupe appelé : Comité belge des parlementaires et des Maires pour un Iran démocratique.
Après mon départ du Sénat belge, j’ai continué à diriger ce comité et je suis ravi de trouver autant d’amis iraniens qui sont en exile et qui œuvrent pour la démocratie et les droits de l’homme dans leur pays.
Comme vous le savez tous, l’Iran est une dictature religieuse. Après la chute du Shah en 1979, l’Iran est allé de mal en pis. L’Ayatollah Khomeini est venu au pouvoir et a formé la République Islamique de l’Iran qui est le premier et seul Etat islamique dans le monde aujourd’hui.
Après une brève période de liberté, Khomeini a commencé la répression et les exécutions. Jusqu’à 120 mille personnes ont été exécutées. J’ai vu le volume 1 d’un livre où figurent les noms de 20 milles personnes qui ont été pendues. La plupart d’entre eux appartiennent à l’OMPI (MEK) de l’opposition, qui est une force musulmane, mais est anti-fondamentaliste et qui croît à un Islam tolérant, à la séparation de la religion et de l’Etat et à l’égalité des genres.

J’ai travaillé avec l’OMPI (MEK) et ses militants pendant ces 14 dernières années. Ils ont vraiment beaucoup souffert sous les mollahs. Ils avaient également plus de 3000 de leurs membres dans les camps Ashraf et Liberty de l’Irak voisin qui étaient fréquemment attaqués par les agents de l’Iran. Nous, en Belgique, avons milité pour leurs droits. Par exemple, j’ai initié une pétition pour les résidents d’Ashraf que plus de 300 maires en Belgique, aussi bien Flamands que Francophones, ont signée.
Je suis content que récemment, ces réfugiés iraniens en Irak aient été transférés en sécurité ; la plupart d’entre sont actuellement en Albanie et quelques autres pays Européens.
La principale raison pour laquelle j’ai convoqué cette rencontre aujourd’hui était de commémorer un massacre contre l’humanité à l’été de 1988, lorsque plus de 30.000 prisonniers politiques, principalement de l’OMPI (MEK), ont été exécutés sur les ordres de l’Ayatollah Khomeini. Beaucoup parmi eux purgeaient leurs peines de prison et étaient supposés être libérés bientôt. Ils ont été enterrés dans des fosses communes et de cette façon, leurs familles ne savaient pas où faire le deuil de leurs bien-aimés. Nous avons un témoin ici aujourd’hui, une mère dont le fils, Mehran, a été exécuté en 1988. Elle nous parlera plus tard.
L’adjoint de Khomeini qui était supposé être son successeur, était l’Ayatollah Montazeri qui a contesté publiquement ces exécutions en masse.
Après 28 ans, après ce massacre, un nouveau fichier audio a été publié par le fils de Montazeri en août cette année. Dans cet enregistrement audio, nous pouvons entendre l’Ayatollah Montazeri, en séance avec les membres du Comité de la mort à Téhéran qui ont ordonné les exécutions dans la capitale. Montazeri leur disant « vous serez considérés comme les plus grands criminels de l’histoire » et les exhortant à arrêter les exécutions. Il mentionne que les jeunes filles et même les femmes enceintes ont été exécutées.
Cette conversation de 40 minutes avec le soi-disant Comité de la mort a été enregistrée quelques jours après le début du massacre.
Il est intéressant de noter qu’un des membres de ce Comité de la mort est l’actuel ministre de la Justice au sein du gouvernement du président Rohani qui prétend être modéré ! Cette personne a déclaré qu’il est fier d’avoir effectué les exécutions.
L’opposition de l’Ayatollah Montazeri au massacre a entraîné son licenciement par Khomeini. M. Montazeri a donc payé un prix lourd pour cela. Il a été humilié et réprimé par Khomeini et plus tard par l’actuel Guide Suprême, l’Ayatollah Khamenei, et a été assigné à résidence jusqu’à sa mort en 1989.

La fatwa de Khomeini qui ordonne le massacre des membres et militants de l’OMPI (MEK), ne laisse aucun doute sur le fait qu’il a commandité un crime contre l’humanité ; par conséquent, toutes les personnes qui ont eu un rôle dans la mise en application de ce décret ont été impliquées dans un crime contre l’humanité.
Ce massacre et ce génocide n’ont pas cessé en 1988, et continuent en fait jusqu’à ce jour. Selon les Nations Unies, envions 1000 personnes ont été exécutées en Iran sous Rohani en 2015. L’Iran détient actuellement le record mondial des exécutions par tête d’habitant.
Nous demandons que le massacre de 1988 soit intégré au programme du Conseil des droits de l’homme. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme doit lancer un appel pour une enquête à ce sujet. Nous exhortons les gouvernements Européens, y compris le gouvernement de la Belgique à conditionner leurs relations avec l’Iran à une suspension et à une cessation des exécutions. Nous ne pouvons pas faire des affaires comme si de rien n’était avec ce régime. La question des droits de l’homme ne peut être compromise pour le commerce et pour les gros contrats économiques. Nous devons défendre les valeurs de démocratie Européenne, les droits des femmes, les droits des minorités ethniques et religieuse et la liberté.
Finalement, je dois dire ce fut un honneur pour moi d’être ami de l’opposition démocratique iranienne en ces années. Ils ne veulent rien pour eux-mêmes sauf pour la liberté de leur peuple. J’ai rencontré le leader de la résistance, Mme Maryam Rajavi, qui s’est rendue en Belgique plusieurs fois et qui est considérée par les mollahs comme l’ennemi numéro un.
La rencontre d’aujourd’hui est un effort pour rendre hommage aux victimes innocentes qui ont été assassinées si brutalement par ce régime à l’été de 1988. J’espère qu’elle vous sera utile.
Merci beaucoup.

