Le défi de l’Iran

Manifestation contre la bombe des mollahsThe Washington Post – – Editorial – Il y a deux mois, la Russie et la Chine ont fait barrage à une action des Nations Unies contre le programme nucléaire de l’Iran. Par égards pour les inquiétudes russes et chinoises, les Etats-Unis et l’Union Européenne ont accepté de donner une autre chance à la diplomatie, même si l’Iran avait refoulé une proposition antérieure de négociation.

Hier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a rejeté une fois de plus l’idée de négociation. « La nation iranienne ne reculera pas d’un iota sur son chemin vers la réalisation de tous ses droits, y compris la totalité de ses droits nucléaires », a-t-il déclaré, alors que son haut diplomate nucléaire se détourne du paquet européen de carottes politiques et économiques qui incluent l’accès à la technologie nucléaire civile.

Pour la Chine et encore plus pour la Russie, c’est le moment de vérité. Les deux pays sont en train d’apprécier la valeur de leur siège au haut organisme mondial : ils sont tous deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU et ce week-end, la Russie va accueillir le sommet du Groupe des Huit réunissant les chefs d’Etat des pays les plus riches du monde. Mais cette position de leadership mondial entraîne la responsabilité de se débattre sérieusement avec les problèmes mondiaux, dont l’un des plus urgents est la prolifération nucléaire. Si l’Iran n’est pas prêt à suspendre son programme nucléaire en échange de carottes économiques et politiques, alors il risque le bâton et donc des sanctions de l’ONU.

L’Iran a reçu la dernière offre européenne il y a cinq semaines et a été fortement incité à l’accepter avant le sommet du G8 de ce week-end. En refusant hier de suivre cette instruction, l’Iran a évoqué des ambiguïtés dans l’offre et s’est plaint de l’absence de garanties. Mais aucune de ces excuses n’est persuasive. S’il y avait des ambiguïtés dans le texte, l’Iran aurait cherché à obtenir des clarifications le mois passé ou pendant la session de négociations qui a duré quatre heures hier avec le chef de la politique étrangère de l’Union Européenne, Javier Solana. Quant aux garanties, il est prévu que le paquet européen soit approuvé par une résolution du Conseil de Sécurité et que son application soit supervisée par l’Agence internationale de l’Energie atomique.

Les excuses avancées par l’Iran n’ont pour unique objectif de gagner du temps dans son programme d’enrichissement d’uranium. La Chine et la Russie doivent désormais décider de tolérer ou non ces faux-fuyants plus longtemps. Puisque la Russie accueille le sommet du G8 à St Pétersbourg ce week-end, le président Vladimir Poutine va-t-il contribuer à la résolution de la crise nucléaire iranienne ? Ou va-t-il à la place prolonger celle-ci ?