mercredi, février 8, 2023
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Le conflit entre Rohani et les Gardiens de la révolution s’intensifie

Le conflit entre Rohani et les Gardiens de la révolution s’intensifie

CNRI – Le président du régime iranien, Hassan Rohani, a félicité les Gardiens de la révolution (pasdaran) le 26 juin et a déclaré : « Nous devons remercier les pasdaran pour la construction d’armes stratégiques et leur bonne utilisation ». Or, le commandant en chef des pasdaran, en réaction aux précédentes déclarations de Rohani, a lancé une pic à son encontre et affirmé : « Si le gouvernement est ‘sans arme’, il sera ‘humilié’ et se ‘rendra’ aux ennemis. »

Dans le prolongement des querelles entre factions au sujet du pouvoir, à travers une attaque implicite et tactique contre les pasdaran, Rohani avait déclaré le 22 juin: « Une partie de l’économie était entre les mains d’un gouvernement ‘sans arme’ et nous l’avons mis entre les mains d’un ‘gouvernement armé’ (les pasdaran). Cela ne s’appelle pas privatiser. Ils (les investisseurs) avaient déjà peur du gouvernement sans armes, a fortiori ils ont plus peur d’un ‘gouvernement armé’ auquel nous avons offert le contrôle de l’économie, un gouvernement qui possédait aussi les médias et tout le reste et que personne n’ose rivaliser avec lui. »

Par « gouvernement armé » Rohani évoque le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad qui a laissé les pasdaran contrôler une grande partie de l’économie iranienne.

En réaction aux déclarations de Rohani, Mohammad Ali Jafari, commandant en chef des pasdaran, a déclaré : « Nous n’avons pas peur de ces reproches », et a ajouté : « Ils peuvent nous présenter en tant que propriétaires d’armes à feu, oui, nous sommes propriétaires d’armes à feu, et plus encore nous possédons les missiles qui détruisent l’ennemi et nous les utilisons contre l’ennemi pour protéger l’Etat. … et protéger la sécurité de l’Iran islamique. Nous estimons qu’un gouvernement qui n’est pas armé sera ‘humilié’ et finira par ‘abdiquer’ face aux ennemis. »

Le commandant en chef des pasdaran a critiqué Rohani en le traitant de manque d’équité : « L’attaque contre les Gardiens de la révolution est inique et fait penser qu’il y a d’autres objectifs derrière l’attaque, mais nous gardons le silence pour maintenir l’unité. »

« Messieurs… prennent des photos de souvenir avec les projets de développement que crée les pasdaran alors qu’ils doivent des milliards de dollars (aux pasdaran) pour les projets, puis ils parlent avec manque d’équité », a-t-il ajouté.

Lors d’une interview accordée à l’agence de presse FARS affiliée aux pasdaran, le 27 juin, Ahmad Khorshidi Azad, directeur d’un groupe nommé ‘populations au service de la révolution’, a attaqué Rohani et a déclaré : « Certains ne savent pas que le gouvernement doit actuellement 32000 milliards de Tomans (~ 10 milliards de dollars) au siège de construction Khatam-ol-Anbiya des pasdaran, et chaque fois qu’il ne peut pas terminer ses projets de développement et devient désespéré, il s’en remet au siège. »

Le conflit et les querelles entre les commandants des pasdaran et Rohani ont eu lieu à plusieurs reprises au cours des quatre dernières années du premier mandat présidentiel de Rohani. Alors que les commandants des pasdaran ont attaqué à maintes reprises le Plan global d’action conjoint (JCPOA – l’accord nucléaire), Rohani considère le JCPOA comme un grand accomplissement qui a permis de lever les sanctions, de stimuler l’économie et d’accroître la sécurité.

Au cours de sa récente campagne électorale, Hassan Rohani a fait référence aux actions des pasdaran et a déclaré : « Certains sont venus et ont montré des photos de villes souterraines pour perturber le JCPOA. Ils ont écrit des slogans sur des missiles pour perturber le JCPOA… »

La récente attaque aux missiles du régime iranien sur Deir ez-Zor en Syrie est devenue un sujet de nouvelles querelles entre les pasdaran et Rohani. Alors que Rohani a déclaré que la frappe de représailles de l’Iran n’était « pas la décision d’un individu ou d’un organe militaire », mais que « ces décisions sont prises au Conseil suprême de la sécurité nationale du régime », les pasdaran ont déclaré dans un communiqué que l’attaque a été « coordonnée par le quartier général des forces armées sous le commandement du Guide Suprême ».

Admettant le fossé et la division qui règne au sein du régime, et se référant au régime intégriste en tant que la nation iranienne, le commandant des pasdaran a déclaré : « Dans une situation où la nation iranienne a plus que jamais besoin des sacrifices de ses soldats et de la puissance de ses armes à feu et de ses missiles, l’attaque iniques contre les Gardiens de la révolution fait penser qu’il y a d’autres objectifs derrière l’attaque, mais nous gardons le silence afin de maintenir l’unité. Nous estimons que de telles déclarations visent à créer une fausse bipolarité, une évasion et une fuite des obligations, alors que ces méthodes ne fonctionneront plus. »

Parallèlement, Ali Akbar Kalantari, membre de l’Assemblée des experts du régime, lors d’une interview accordée à l’agence de presse FARS, se référant au nouveau projet de loi du Sénat américain, a déclaré : « L’expérience a prouvé que chaque fois que nous reculons, l’ennemi s’enhardit et devient plus odieux dans son action. »

Kalantari a ensuite attaqué Rohani : « Par exemple, la récente attaque des pasdaran contre Daech rendra l’ennemi passif pendant longtemps. Les diplomates du pays devraient également considérer ce point selon lequel s’ils reculent face à l’arogance de l’ennemi et deviennent passifs, ils profiteront de cette passivité et nous attaqueront. »