vendredi, février 3, 2023
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Le chef de l’AIEA n’est pas le bienvenu en Iran (diplomates)

Agence France Presse – Quelques jours avant la publication attendue du rapport de l’agence onusienne de l’énergie atomique sur le programme nucléaire iranien, les dirigeants de Téhéran ont rejeté une proposition du chef de cet organisme Mohamed ElBaradei de se rendre en Iran, a-t-on appris de sources diplomatiques à Vienne.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) souhaitait s’entretenir avec les dirigeants iraniens avant la publication de ce rapport crucial pour la suite des relations entre la communauté internationale et l’Iran, selon des diplomates qui ont requis l’anonymat.

Ce rapport, qui pourrait être publié dès mercredi après-midi ou jeudi à Vienne selon les mêmes sources, déterminera si l’Iran s’est montré coopératif avec l’AIEA dans l’enquête sur ses activités nucléaires soupçonnées de cacher des visées militaires alors que Téhéran affirme que son programme est uniquement civil et pacifique.

En cas de manque de coopération, ce rapport pourrait ouvrir la voie à un renforcement des sanctions décrétées par le Conseil de Sécurité des Nations unies contre Téhéran.

Alors que l’adjoint du directeur général de l’AIEA, Olli Heinonen, et une délégation d’experts techniques se sont rendus à plusieurs reprises récemment en Iran, M. ElBaradei lui-même a également proposé de faire le déplacement dans la capitale iranienne et selon certains y rencontrer même le guide iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, selon un diplomate.

Toutefois les Iraniens ont indiqué qu’il n’était pas le bienvenu et que le moment n’était pas propice pour une telle visite, ont indiqué plusieurs diplomates.

Une porte-parole de l’AIEA interrogée sur les projets de voyage de M. ElBaradei a refusé de commenter l’information.

La rebuffade de Téhéran intervient à un tournant extrêmement important dans la gestion du dossier nucléaire iranien.

Téhéran et l’AIEA s’étaient entendus en août dernier sur un calendrier pour la remise des informations manquantes sur le programme atomique iranien à l’agence onusienne afin qu’elle puisse établir la véritable nature de ce programme.

En particulier l’AIEA s’inquiète du travail des centrifugeuses iraniennes qui enrichissent de l’uranium qui peut servir de carburant à un réacteur de centrale nucléaire aussi bien que de matériau, à un stade hautement enrichi, entrant dans la fabrication d’armes nucléaires.

Si ces questions n’ont pas trouvé de réponse dans le cadre de ce calendrier, les Etats-Unis et certains de leurs alliés européens veulent imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran.

Selon Washington, Téhéran cherche à se doter de l’arme nucléaire, ce que les dirigeants iraniens ont toujours réfuté en expliquant que leur seul objectif est de produire davantage d’électricité pour répondre aux besoins de la population en forte croissance.

Les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Grande-Bretagne, Chine, Etat-Unis, France et Russie) ainsi que l’Allemagne négocient depuis plusieurs années avec l’Iran pour convaincre ses dirigeants de cesser les opérations d’enrichissement de l’uranium.

Néanmoins le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a estimé la semaine dernière que l’Iran a atteint le stade clé de la construction de 3.000 centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium. Selon les experts, ce nombre suffit à produire, dans des conditions idéales, suffisamment d’uranium enrichi en une année pour fabriquer un exemplaire de bombe atomique.

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