vendredi, décembre 9, 2022
AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeLe cessez-le-feu depuis la tombe de la Syrie : Assad, la Russie...

Le cessez-le-feu depuis la tombe de la Syrie : Assad, la Russie et l’Iran écrasent un Occident craintif

The Wall Street Journal, 13 juin 2012 – La Syrie continue de s’enfoncer plus profondément dans une guerre civile à propos de laquelle on nous avait dit qu’elle éclaterait si les États-Unis et leurs alliés intervenaient pour évincer Bachar el-Assad.

L’Occident est alors resté à l’écart, mais les tueries se sont multipliées pour arriver au moins à quatre massacres en deux semaines, et maintenant la Russie intensifie son aide militaire au régime d’Assad en y intégrant des hélicoptères d’attaque. Même « diriger depuis les coulisses » fonctionnait mieux que cela.
La Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a continué son intervention en paroles mardi, laissant voir que « Nous sommes préoccupés par les dernières informations que nous avons qui sont qu’il y a des hélicoptères d’attaque en route depuis la Russie vers la Syrie ».

Le ministre des Affaires Étrangères de la Russie a réagi mercredi en disant que les États-Unis arment d’autres pays dans la région – ce qui ne fait pas grand chose pour l’opposition syrienne qui porte une arme contre un char et un combat d’artillerie.

Il s’agit de la même Russie qui protège M. Assad contre des sanctions même les plus légères de l’ONU. Les lecteurs peuvent également se rappeler que la Russie et la Syrie étaient les pièces à convictions A et B de la politique de M. Obama pour s’engager avec des pays qui auraient seulement eu des désaccords avec l’Amérique parce que Dick Cheney était vice-président. Quatre ans plus tard, la Syrie reste la meilleure alliée de l’Iran et massacre sa propre population, tandis que la Russie du fameux « redémarrage » dans les relations recourt à ses vetos de la Guerre Froide contre une action occidentale collective.

Pendant ce temps, mercredi, le ministre français des Affaires Étrangères Laurent Fabius a appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à faire appliquer le cessez-le-feu de l’émissaire de l’ONU en Syrie Kofi Annan, par la force militaire si nécessaire. Il s’agirait du même cessez-le feu que M. Assad a accepté d’honorer en avril mais qu’il a violé tous les jours depuis. Les Russes et les Chinois peuvent faire veto contre une telle mesure de l’ONU, et ils trembleront sans nul doute devant les dénonciations morales qui se poursuivent dans les pages éditoriales occidentales qui s’opposent toujours à l’intervention américaine.

La réalité est que M. Assad de même que ses protecteurs ne vont pas accepter un quelconque cessez-le-feu ni plan de paix jusqu’à ce que ce soit la paix depuis la tombe de ses opposants. Il s’agit d’une lutte existentielle pour la survie de la part d’un régime dur soutenu par des régimes encore plus durs qui ne veulent pas perdre un client. M. Assad ne va pas accepter une « transition » – le terme choisi de la politique de Mme Clinton pour la Syrie – jusqu’à ce qu’il soit délogé de force.

M. Assad l’ophtalmologiste peut voir même sans lunettes que M. Obama n’a pas le désir d’intervenir militairement pour arrêter le massacre. Cette perception à elle seule donne à Damas une carte plus blanche encore pour mener les massacres mêmes que Mme Clinton et ses collègues condamnent. Un scénario similaire s’est déroulé en Bosnie dans les années 1990, jusqu’à ce que l’OTAN intervienne avec des frappes aériennes qui ont mis fin à la guerre avec peu de coût en vies occidentales. Cette intervention ne s’est produite qu’après le meurtre de milliers de personnes à Srebrenica, un nombre de victimes que la Syrie a déjà dépassé.

Le fait exposé par l’administration contre l’intervention militaire est que cela rendrait la situation humanitaire pire, bien que nous doutions que cela soit la manière dont ils voient cela dans les villes massacrées de Houla et Qubeir. Il y a également la crainte que nous ne connaissons pas assez l’opposition syrienne et ce qu’elle pourrait faire si elle venait au pouvoir. Mais comme avec Slobodan Milosevic en Serbie, il est difficile d’imaginer comment la Syrie avec de nouveaux dirigeants pourrait être pire pour les intérêts américains qu’avec le clan Assad.

Si les réalistes ont raison en disant que l’Iran est la plus grande menace pour l’Amérique dans la région, évincer par conséquent le meilleur ami de l’Iran serait une victoire stratégique. D’un autre côté, si M. Assad assassine assez de personnes pour survivre, il sera même davantage redevable à l’Iran et à la Russie, et plus enclin à créer des troubles pour le Liban, la Turquie, l’Israël et les États arabes du Golfe. S’il l’emporte, le reste de la région – et le monde entier – saura également qu’il a réussi malgré les appels insistants mais hors propos de la part des États-Unis qu’il devait s’en aller. La crédibilité et l’influence américaine seront plus faibles à cause de cela.

Intervenir en Syrie ne signifie pas reprendre la guerre comme en Irak. Une campagne aérienne sur le modèle bosniaque ciblant les unités d’élite militaires syriennes pourrait inciter l’état-major à reconsidérer son mépris pour l’opinion internationale, et peut-être son allégeance à la famille d’Assad. En résumé, creuser un genre d’abri sûr à l’intérieur de la Syrie sauverait au moins des vies.

Le meilleur argument contre l’intervention à cette date est M. Obama lui-même. Seul un président américain peut mener une coalition de la volonté à l’extérieur de l’ONU, tout comme persuader le peuple américain, et M. Obama ne veut manifestement pas faire cela.
Un leadership réservé a fait que la campagne libyenne a pris plus de temps et est apparue plus difficile qu’elle n’aurait dû, et la Syrie serait plus difficile.
M. Obama veut son cauchemar syrien s’en aller avant les élections, et avec les hélicoptères russes et la boucherie efficace de M. Assad, cela se pourrait.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe