samedi, février 4, 2023
AccueilActualitésActualités: AchrafLe camp d'Achraf : un crime contre l'humanité de l'Iran et de...

Le camp d’Achraf : un crime contre l’humanité de l’Iran et de l’Irak

Par Naghmeh Rajabi

Huffington Post, 30 septembre – Depuis le début de l’année, l’Iran a pendu 490 prisonniers, selon la Campagne Internationale pour les Droits de l’Homme dans ce pays.

Avec le gouvernement actuel, l’Iran fait partie des rares nations qui procèdent à des pendaisons en public et exécutent des mineurs ainsi que ceux dont les croyances politiques ou religieuses, ou encore l’orientation sexuelle, ne sont pas conformes à ce que l’État estime être correct. Le régime lapide toujours les femmes jusqu’à ce que mort s’ensuive et emploie les pires méthodes de torture à l’encontre des prisonniers.

Un des plus grands crimes que ce régime a commis est le massacre de 120.000 membres et sympathisants du groupe d’opposition iranien, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), qui consacre tous ses efforts au remplacement du régime actuel par une alternative démocratique.

Parmi ceux qui ont été tués figurent deux de mes tantes. Afsaneh Rajabi, âgée alors de 22 ans, a été exécutée par un peloton d’exécution à Téhéran le 7 avril 1983. Elle avait réussi à s’évader une première fois de la prison où elle avait subi d’atroces tortures, et vivait clandestinement depuis. Quelque temps après, une personne de son proche entourage a été arrêtée et torturée jusqu’à ce qu’elle divulgue le lieu où se trouvait Afsaneh. Elle a alors été à nouveau arrêtée et détenue dans les prisons de Qasr et d’Evine avant d’être exécutée.

Mon autre tante, Zahra Rajabi, âgée de 39 ans lors de son assassinat, a été tuée le 20 février 1996 à Istanbul par un commando de la mort envoyé de Téhéran et commandé par le secrétaire du consul des mollahs dans cette ville. Haut membre de l’OMPI, Zahra était arrivée quelques jours auparavant pour s’occuper des problèmes des réfugiés iraniens en Turquie.

Un crime contre l’humanité commis plus récemment par le régime iranien est le résultat de l’ordre donné par les mollahs de détruire un camp de réfugiés qui abrite 3400 opposants iraniens depuis plus de vingt ans. Ces résidents se sont réfugiés en Irak afin d’échapper au danger d’être tués par le régime iranien.
 
Les habitants du camp d’Achraf sont membres de l’OMPI. Ils ont subi ces deux dernières années des attaques sanglantes du régime irakien qui agit sur les ordres du gouvernement iranien. Lors de deux attaques différentes, la dernière ayant eu lieu en avril de cette année, 47 hommes et femmes innocents ont été assassinés par les forces irakiennes tirant sur les résidents sans armes. Les tirs visaient directement la tête et les organes vitaux pour garantir un grand nombre de victimes.

Ces crimes contre les habitants du camp d’Achraf ont été commis alors que les 3400 membres avaient reçu un statut de « personne protégée » en vertu de la Quatrième Convention de Genève lorsque les forces américaines avaient envahi l’Irak. Les États-Unis avaient promis de protéger chacun d’entre eux du régime iranien.

Les résidents subissent aujourd’hui, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, une torture psychologique par le biais de 300 haut-parleurs placés tout autour du camp par le régime iranien et qui hurlent des propos injurieux, humiliants et dégradants principalement à l’encontre des 1000 femmes du camp. On ne peut qu’imaginer l’impact d’une telle méthode intense et ignoble de torture mentale sur les habitants.

En outre, à plusieurs reprises, les autorités irakiennes ont indiqué leur plan de fermer le camp « par tous les moyens » d’ici la fin de 2011 et de déplacer les résidents ailleurs en Irak. Or, ce plan est un prélude à un autre massacre.

Ce bain de sang dans le camp d’Achraf constitue un crime contre l’humanité et ne peut être ignoré des Nations Unies ni de la communauté internationale. Le bureau du HCR des Nations Unies a fait un pas important en reconnaissant les résidents comme demandeurs d’asile, pendant que l’Union européenne a augmenté son soutien pour trouver une solution à cette crise humanitaire en nommant un représentant spécial pour le camp d’Achraf. La communauté internationale doit à présent soutenir et faciliter la présence permanente de l’ONU dans le camp jusqu’à ce que le HCR traite les demandes d’asile de tous les résidents. Admettre le statut des résidents comme demandeurs d’asile n servira à rien s’ils sont laissés entre les mains d’un régime irakien résolu à les tuer.

Manquer d’agir entrainera un autre massacre. Cette fois-ci, le nombre des victimes atteindra indubitablement les centaines. La communauté internationale doit agir, maintenant.

Naghmeh Rajabi est une militante des droits de l’homme.

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe