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L’ambassadeur de l’UE est parfaitement conscient des terribles événements à Achraf – John Bruton

CNRI – « Je peux vous assurer que l’ambassadeur De Ruyt est tout à fait conscient des terribles événements et de l’horrible souffrance infligés aux résidents du camp d’Achraf. Il fait preuve d’un profond sens des responsabilités. Il se rendra au camp d’Achraf », a annoncé John Bruton, premier ministre irlandais de 1997 à 2004.

Il s’exprimait dans une conférence internationale organisée à Genève le 22 septembre où d’éminents dignitaires et personnalités d’Europe et des Etats-Unis ont fait part de leur inquiétude pour les habitants d’Achraf. Ont pris la parole à cette conférence Maryam Radjavi, Présidente élue de la résistance iranienne, Rudi Giuliani, ancien maire de New York et candidat à la présidentielle de 2008, Edward Rendell, ancien gouverneur de Pennsylvanie (2002 – 2011) et ancien président du parti démocrate (2000), Michael Mukasey, ancien ministre de la justice des Etats-Unis  (2007 – 2009), le général américain James Conway, commandant du corps des Marines (2006 – 2010), Louis Freeh directeur du FBI (1993 – 2001), Gunter Verheugen, commissaire européen (1999- 2009) et ancien vice-ministre allemand des Affaires étrangères, Mitchell Reiss, chef de la stratégie du développement au Département d’Etat américain (2003 – 2005), et plusieurs parlementaires de pays d’Europe comme Jean-Charles Rielle, Eric Voruz, Eric Barthassat (Suisse), Giorgio Bornacin (Italie), Matthew Offord (Grande-Bretagne) et Rémy Pagani, membre du Conseil administratif de Genève. C’est Eric Sottas, ancien secrétaire général de l’OMCT qui en était le modérateur.

Voici les moments forts de l’intervention de John Bruton :

L’Iran est le berceau de la plus ancienne civilisation du monde probablement. C’est également le berceau, comme nous venons de le voir, d’une des plus talentueuses civilisations au monde, comme nous venons d’écouter la magnifique musique produite par les ressortissants iraniens qui vivent actuellement en exil en Irak. C’est aussi, comme nous l’avons constaté, une des plus courageuses civilisations au monde. Nous avons en effet vu l’énorme courage déployé par le peuple iranien manifestant contre les élections volées dans leur pays et cherchant un signe authentique de démocratie.

L’Iran représente une réelle grande civilisation globale comme nous pouvons le constater dans les rassemblements que réunit votre organisation à travers le monde – de très nombreuses personnes venues pour assister, pour exprimer leur intérêt dans la restauration des droits de leurs proches dans leur patrie, en Iran.

En ce moment, le régime de Téhéran est, comme l’a souligné la Présidente Radjavi, profondément répressif. Mais il n’est pas uniquement profondément répressif, il s’agit d’une trahison historique envers une grande civilisation. C’est une véritable honte pour les anciennes générations d’Iraniens, que leur pays soit actuellement gouverné de cette manière. Et il est vital que la démocratie soit restaurée à Téhéran. Il est important d’avoir non seulement du courage, mais également de l’espoir.

Et je m’interrogeais, tandis que j’assistais à un rassemblement qui réunissait peut-être quelques 150 000 personnes à Paris il y a quelques mois. Et j’ai vu la profonde expression d’anxiété dans les regards de tous ceux qui assistaient à ce rassemblement à propos de ce qui se passait dans le camp d’Achraf et de ce qui se passait dans leur patrie, en Iran. Et je me demandais quel espoir ces personnes avaient d’atteindre leur but dans un délai raisonnablement court. Mais je dois dire que je suis motivé par ce qui s’est produit depuis que ce rassemblement a eu lieu.

Nous avons vu ces derniers jours l’Union Européenne, et je suis fier d’être l’un des 500 millions citoyens de l’Union Européenne, prendre la décision, par le biais du cabinet de la Baronne Ashton, de nommer un ambassadeur spécial qui doit spécifiquement se préoccuper, au nom de l’Union Européenne, du problème du camp d’Achraf, M. Jean de Ruyt. J’ai eu le plaisir et l’opportunité de rencontrer le nouvel ambassadeur désigné, M. de Ruyt, ces trois derniers jours à Bruxelles. Je peux vous assurer qu’il est tout à fait conscient des terribles événements et de l’horrible souffrance infligés aux résidents du camp d’Achraf. Il fait preuve d’un profond sens des responsabilités. Il se rendra au camp d’Achraf, il sera fidèle envers les gens, il se rendra aux États-Unis, il réunira des soutiens à travers le monde pour s’assurer que la justice et la liberté soient obtenues pour ces personnes le plus tôt possible.

J’aimerai conclure à présent en abordant une question importante, et il s’agit de la question de la souveraineté de l’Irak. Oui, l’Irak est un pays souverain, et l’Irak a le droit de contrôler tout ce qui se passe sur son territoire comme tous les autres états souverains le font. C’est vrai. Mais il est important de rappeler que chaque droit s’accompagne d’une responsabilité correspondante. Il est en effet impossible d’avoir des droits sans les responsabilités qui vont avec. Et le droit que l’Irak a de la souveraineté sur son territoire apporte avec lui la responsabilité de s’assurer que toute personne sur son territoire, irakienne de naissance ou fuyant l’oppression et cherchant asile, soit protégée, que sa vie soit protégée, qu’elle soit protégée de manière sure et que sa liberté soit protégée. Et je pense que nous devons dire assez clairement au gouvernement démocratique souverain d’Irak qu’il a lamentablement échoué à exercer correctement les responsabilités correspondantes de protection qui vont avec les droits de souveraineté en ce qui concerne les résidents du camp d’Achraf.

L’Union Européenne a déjà donné un milliard d’euros pour la reconstruction de l’Irak, et comme vous le savez probablement trop bien, les euros se font de plus en plus rares en Europe. Nous devons garder autant d’euros que nous pouvons ici dans nos pays, il y a tellement de choses que nous devons faire pour nos propres pays. Mais si d’autres aides doivent être apportées en Irak, je pense que cela devraient être soumis à l’assurance que la nation souveraine d’Irak exerce les responsabilités souveraines de protéger les personnes au camp d’Achraf.