vendredi, décembre 2, 2022
AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeLe bilan des cent jours du mandat d'Hassan Rohani

Le bilan des cent jours du mandat d’Hassan Rohani

CNRI – 100 jour se sont écoulé depuis le mandat de Hassan Rohani, le nouveau président des mollahs. Dans son offensive de charme, la dictature religieuse a cherché à se donner un verni de modération dont le but a été de desserrer l’étau des sanctions internationales qui étranglent le régime qui cherche à gagner du temps pour compléter son programme d’armement nucléaire.

Mis à part un changement de ton et quelques geste de façade, est-ce que Hassan Rohani a réellement initié un début de changement en Iran? Est-ce que ses paroles ont été joints a des actes concrets laissant entrevoir une nouvelle direction dans la politique intérieur et internationales?

Car, comme l’a rappelé la Présidente du CNRI, Maryam Radjavi, au lendemain de l’élection présidentielle, « Rien ne changera en Iran sans la liberté d’expression et tant qu’il y aura des prisonniers politiques, qu’il n’y aura pas de liberté d’action pour les partis, que la politique d’agression du régime se poursuivra en Syrie et en Irak, et que le régime insistera pour obtenir la bombe».

Or tout indique que Rohani poursuit la politique du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur la scène politique iranienne.

Examinons le bilan du gouvernement Rohani depuis son élection:

Le programme atomique :

– Dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 24 septembre 2013, Rohani a déclaré:  « Accepter le droit naturel, légal et inaliénable de l’Iran, comme l’ordonne avec sagesse le Guide suprême, est le moyen le plus simple de résoudre le dossier nucléaire atomique. La technologie nucléaire, notamment l’enrichissement de l’uranium, est parvenue au stade de production à grande échelle. Imaginer qu’en faisant obstruction au programme atomique de l’Iran par le biais de pressions illégales, on peut garantir que le programme est pacifique, relève de la fiction totale. »

Hassan Rohani, dans une rencontre avec la presse à Téhéran, 2 octobre 2013:  » Soyez assurés que notre droit au nucléaire n’est pas négociable. Le principe de la technologie (nucléaire) et le principe de l’enrichissement de l’uranium en Iran n’est pas discutable, mais nous devons cependant discuter des particularités ».

– Dans son rapport trimestriel, l’AIEA a annoncé le 28 aout 2013: En installant des centaines d’autres centrifugeuses d’un modèle plus avancé (IR-2), à Natanz, dans la province d’Ispahan, l’Iran a augmenté sa capacité à enrichir l’uranium. L’Iran a aussi commencé la production de combustible pour le réacteur d’eau lourde.

Le négociateur en chef iranien sur le nucléaire, Abbas Araghtchi, le 20 octobre 2013: « L’équipe des négociateurs de la République islamique a signifié à la partie occidentale qu’en aucune manière l’Iran n’acceptera l’interdiction de l’enrichissement de l’Uranium. La fermeture des installations nucléaires (controversé) à Fordo et à Arak ne fait pas partie de l’ordre du jour des négociations. Par ailleurs, nous refusons toute acceptation des inspections inopinées (dans le cadre du protocole additionnel du TNP) ».

Le porteparole de la commission de la Sécurité du Majlis, Hossein Naghavi,  le 16 octobre 2013: « Les négociations avec le groupe des 5 + 1 se déroulent dans le cadre du TNP et non pas dans le cadre du protocole additionnel. Si les sanctions sont levées, si nos activités nucléaires continuent de façon normale et si les Occidentaux font preuve de bonne volonté, à ce moment, nous réfléchirons sur le protocole additionnel (des inspections inopinés)».

Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, Akbar Salehi, a annoncé le 1 octobre 2013:  « Nous sommes en négociations avec la Russie pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, prévues sur les rives du sud du pays. Il y a eu des progrès notables dans les discussions pour commencer les opérations ».

Les Droits de l’Homme:

Ahmed Shaheed, le Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains en Iran, a déclaré dans son rapport, le 23 octobre 2013:  la situation des droits de l’homme en Iran « reste préoccupante et ne montre aucun signe d’amélioration« . Le pouvoir en Iran a accusé 600 journalistes de faire partie d’un réseau opposé au régime et exerce sur eux et leurs familles des pressions.  40 journalistes et de 29 blogueurs sont actuellement derrière les barreaux. La répression et les discriminations contre les minorités religieuses sont aussi au nombre des cas signalés dans son rapport.  Il évoque l’arrestation d’au moins 109 adeptes de la foi Bahaï depuis le mois de mai 2013. De même au moins 20 chrétiens ont été emprisonnés en juillet 2013 et des centres religieux des derviches Nemat-Ellahi (une minorité chiite) ont été la cible d’agressions et de destruction.

Le gouvernement Rohani a violemment réagi au rapport du Rapporteur spécial de l’ONU, déclarant que l’Etat iranien « ne reconnaît pas le rapporteur de l’ONU». Le 24 octobre, le porte-parole du MAE a déclaré: « Désigner un rapporteur spécial des droits de l’Homme pour l’Iran est une insulte à la grande nation iranienne. »

Amnesty International: Drewery Dyke, responsable de la section du Moyen-Orient à A.I., a déclaré le 10 octobre que le nombre des pendaisons publiques avait quadruplé durant les deux dernières années du mandat d’Ahmadinejad, une tendance qui s’est maintenue depuis l’arrivée du nouveau président iranien, Hassan Rohani. Durant cette période, le nombre des arrestations dans les minorités religieuses et ethniques a également progressé, a-t-il précisé. Proportionnellement à sa population, l’Iran est au premier rang des pays qui pratiquent la peine de mort dans le monde.

Les yeux crevés et une oreille tranchée: Selon les médias iraniens, le 7 octobre 2013,  un jeune ouvrier a été condamné à Téhéran à avoir les yeux crevés et une oreille tranchée.

Une femme et un homme condamnés à la lapidation: Un tribunal à Tabriz, dans le nord-ouest de l’Iran, a condamné à mort un couple par lapidation. Cette chambre, présidée par les juges Morteza Fazel et Azizollah Razaghi, a rejeté l’appel et confirmé le jugement.  D’autres châtiments cruels comme les amputations, l’arrachage des yeux, la décapitation, le fouet (…) sévissent toujours dans les provinces iraniennes.

Censure:

Le quotidien officiel Chargh a rapporté le 28 septembre que 800 pièces de paraboles satellites confisquées ont été détruites avec des chars blindés BMP. Les mollahs cherchent à empêcher la population de regarder les chaînes de l’opposition.

L’Association des journalistes iraniens a reproché au gouvernement Rohani son indifférence devant les appels à la levée de l’interdiction qui pèse contre elle. Le 5 septembre dernier, le bureau du procureur de Téhéran a ordonné de sceller le bureau de l’association sans donner d’explication. L’Association des journalistes iraniens a été fondée en 1997 comme une ONG, mais reste interdite

Le numéro 2 de l’état-major des forces armées, le général Massoud Jazyeri a annoncé la formation d’une base de la cyberguerre, selon le quotidien officiel Arman, daté du 23 octobre. Cette base est le dernier organe en date conçu par les mollahs pour contrôler internet, ses sites et ses médias. Pas moins d’une douzaine d’organes répressifs pour filtrer les sites et contrôler les emails opérant en Iran.

Javad Kamand, n°2 des forces de sécurité : « Jusqu’au mois de mars 2014 (fin de l’année iranienne) des centres de cyberpolice seront mis en place dans 56 autres villes. » (22 aout 2013, agence officielle Mehr)

Le 5 septembre 2013, le parquet de Téhéran a fait fermer le bureau de l’Association des journalistes à Téhéran et poser des scellés sans la moindre explication.

Répression des femmes:

Le chef de la police de Téhéran, Hossein Sadjedinia: «Les patrouilles spéciales de contrôle des tenues vestimentaires des femmes continueront comme l’an dernier. Ces trois derniers jours nous avons contrôlé 1300 ateliers et boutiques d’habillement dans la capitale et nous en avons fermé un certain nombre. (Quotidien officiel Charq, 12 septembre 2013)

Les forces de sécurité du régime ont arrêté 30 femmes qui s’apprêtaient à participer à un concert de musique, accusées d’être « mal voilées ». Une initiative qui s’inscrit dans la campagne pour faire respecter le « code vestimentaire islamique », renforcée ces dernières semaines. (Agence de presse ISNA, 31 aout 2013)

Le colonel Massoud Zahedian, chef de la police de la Sécurité des mœurs : « 27 unités diverses ont été chargées de contrôler l’aspect vestimentaire». (12 aout 2013, Agence Mehr).

Le chef des forces de sécurité : les agences de sécurité doivent « traiter avec plus de sévérité les femmes qui ne portent pas de tenues appropriées». (8 septembre 2013)

« succès » de la ségrégation sexuelle à l’université: Le directeur de l’université Alameh a annoncé le 25 aout, que la séparation des filles et des garçons dans les classes avait été réalisée avec succès à 98%. Dans un entretien avec la presse, le mollah Sadredine Chariati, a ajouté : « Dès la rentrée, les nouvelles classes pour les filles et garçons seront complètement séparées».

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe