mercredi, février 1, 2023
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Le 20 juin 1981 : début de la résistance légitime à la dictature religieuse

20 juin 1981: 500.000 téhéranais manifestent contre Khomeiny à l'appel de l'OMPICNRI – Le 20 juin est une date anniversaire qui marque de grands moments de l’histoire contemporaine de l’Iran. C’est tout d’abord en 1981 le déclenchement de la résistance légitime contre le régime de Khomeiny qui fait tirer sur une manifestation pacifique d’un demi million de Téhéranais. C’est le Jour des martyrs et des prisonniers politiques, puisque c’est à partir de cette date que Khomeiny commence les exécutions de masse politiques, 120.000 à ce jour. C’est aussi  en 1986, la formation de l’Armée de Libération nationale iranienne.

 

Pour saisir le contexte de l’époque et avoir un aperçu des événements, on peut se référer à l’excellent ouvrage de Mehdi Abrichamtchi, riche en références, « Les Moudjahidines du peuple, la Résistance aux Ayatollahs » édité chez Jean Picollec, dont voici un extrait :

« Immédiatement après l’arrivée de Khomeiny au pouvoir un débat fondamental s’ouvre entre les Moudjahidine et le régime des mollahs. Massoud Radjavi fait publiquement de la liberté la principale revendication des Iraniens pendant la révolution contre le chah. Ses propos déclenchent une vaste campagne des Moudjahidine pour défendre la démocratie. Dès le départ le régime organise des bandes de nervis recrutés dans les quartiers pauvres  » d’où va naître le futur Hezbollah  » qui harcèlent les Moudjahidine et troublent les activités  politiques pacifiques. Pas un jour ne se passe sans une attaque contre leur rassemblement ou contre les forces politiques composant actuellement le CNRI (…)

 « Notre ennemi ne se trouve ni aux Etats-Unis, ni en Union soviétique, ni au Kurdistan, mais ici même, sous notre nez, à Téhéran. »

C’est en ces termes, à la fin du mois de juin 1980 que Khomeiny trace la frontière. « Mort aux Moudjahidine ! » devient le mot d’ordre du régime et le Hezbollah intensifie ses attaques contre les centres de l’organisation, pourtant tous légaux. Deux semaines plus tôt, le 12 juin 1980, dans son célèbre discours « Que faire ? » au stade Amdjadieh de Téhéran, Massoud Radjavi exhortait une foule de 200.000 personnes rassemblées dans et autour du stade « à défendre les libertés (…) les libertés d’expression, d’association et de rassemblement » (…)

Stade Amdjadieh, Téhéran, 12 juin 1980, 200.000 personnes écoutent Massoud Radjavi

Malgré les attaques et les limitations toujours plus poussées des libertés, les Moudjahidines continuent d’oeuvrer pour la démocratie par des moyens pacifiques. Cette période prend fin le 20 juin 1981, quand les pasdaran armés jusqu’aux dents transforment un manifestation pacifique à Téhéran, à l’appel des Moudjahidine, en véritable bain de sang. Les événements de cette journée sont racontés par Ervand Abrahamian :

 Le 20 juin, une vaste foule fit son apparition dans de nombreuses villes, spécialement à Téhéran, Tabriz, Racht, Amol, Ghaemchahr, Babolsar, Zandjan, Karadj, Arak, Ispahan, Birjand, Ahwaz et Kerman. La manifestation de Téhéran attira 500.000 participants déterminés. La radiotélévision ne cessait de diffuser des avertissements contre les manifestations. Les partisans du gouvernement conseillaient à la population de rester chez elle : par exemple l’organisation des Moudjahidine de la révolution islamique de Nabavi exhortait la jeunesse iranienne à ne pas gâcher sa vie au nom du « libéralisme et du capitalisme ».

20 juin 1981:arrestations dans la rue de sympathisants des Moudjahidine du peuple d'Iran

D’importants religieux déclarèrent que les manifestants, quel que soit leur âge, seraient traités comme des « ennemis de Dieu » et en tant que tels, seraient exécutés sur le champ. Les Hezbollahis étaient armés et avaient été chargés sur des camions pour bloquer les rues principales. Les pasdarans avaient reçu l’ordre de tirer. Cinquante personnes furent tuées, 200 blessées et 1000 arrêtées dans les seuls environs de l’université de Téhéran. Cela surpassait la plupart des affrontements de rues pendant la révolution islamique. Le directeur de la prison d’Evine déclara à grand bruit que les pelotons d’exécutions avaient exécuté vingt-trois manifestants, dont plusieurs adolescentes. Le règne de la terreur avait commencé.»

Ainsi ce n’est qu’après avoir épuisé toutes les voies pacifiques et s’être vu privés de tous les droits d’un mouvement politique que les Moudjahidine agirent, sur la base de leur droits inaliénables comme le stipule le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, à savoir « être contraint en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ».

20 juin 1981: annonce du parquet dans le journal Ettela'at demandant aux parents de ce sjeunes filles exécutées de venir reconnaître les corps non identifiés. le massacre des Moudjahidine du peupled 'Iran par Khomeiny commence.

 

 

500.000 Téhéranais manifestent le 20 juin 1981 contre le régime de Khomeiny, à l'appel des Moudjahidines du peuple d'Iran

 

 

 

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