lundi, novembre 28, 2022

La voie mentale vers l’apaisement

De Tony Blankey

La voie mentale vers l’apaisementThe Washington Times – La réponse de l’Occident au danger que l’Iran se procure des armes nucléaires suit dangereusement la trajectoire de l’apaisement et de l’échec. Est-ce déjà inévitable ? Le président Bush a insisté dans deux discours sur l’état de l’Union et actuellement qu’il ne permettrait pas que cela se produise. Mais la plupart des dirigeants politiques en Europe et ici, et bien sûr les médias dominants, sont déjà complètement enfoncés dans la résignation, la rationalisation et la dénégation. En effet, ces deux dernières années, l’exclusion absolue d’une solution militaire est devenue l’unique position «respectable» parmi les hauts responsables européens et américains et les médias les plus influents.

Cette mentalité de rationalisation est parfaitement illustrée par une déclaration du général Barry McCaffrey dans « Meet the Press » de dimanche dernier. Le général est un éminent homme d’Etat habituellement pondéré et extrêmement expérimenté. Il a critiqué la politique du président Bush pour laquelle il n’est pas d’accord bien qu’il ne soit pas anti-Bush. Ses commentaires valent la peine d’être lus attentivement.

M. Russert : « Il est donc inévitable qu’ils obtiennent la bombe nucléaire, à votre avis ? » Gén. McCaffrey : « Oui, c’est ce que je pense. Je pense qu’ils vont devenir nucléaires d’ici cinq ou dix ans. Ils vont nous confronter. Et ce n’est pas un bon résultat. Cela indique que peut-être que de l’argent saoudien et de la technologie égyptienne vont servir à construire une bombe arabe sunnite pour faire face à la bombe persane chiite. Personne ne veut voir la prolifération dans le Golfe. Le temps est venu pour une intervention diplomatique sérieuse ». La dernière phrase appelant à la diplomatie est une invocation si faible et si litanique d’une solution désespérée, en particulier lorsqu’elle est précédée de déclarations confiantes selon lesquelles il pense qu’ils veulent la bombe et qu’ils l’obtiendront. Pratiquement personne ne pense que l’Iran cherche la génération nucléaire pacifique. Aucun être sérieux ne croit que des sanctions économiques et diplomatiques vont détourner les Iraniens de leur objectif.

Ainsi, l’offre d’actualité (de leur donner de la technologie nucléaire pacifique ou les menacer avec des sanctions non militaires) souffre de fournir  « une carotte qui n’est pas appétissante et un bâton qui n’est pas menaçant » (la citation est extraite Making Friends with Hitler de  Ian Kershaw). Cette voie mentale évoluant vers l’apaisement reflète de manière troublante la voie similaire suivie par le gouvernement britannique avec Hitler dans les années 1930.

Contrairement à l’histoire populaire, le gouvernement britannique ne se faisait que peu d’illusions quant à la nature et les objectifs d’Hitler au début des années 1930.

Ces illusions ne sont apparues comme des rationalisations mentales qu’à la fin des années 1930.

En avril 1933, juste trois mois après qu’Hitler soit devenu chancelier d’Allemagne, le gouvernement britannique avait entrevu la nature de l’homme et de ses projets. L’ambassadeur britannique en Allemagne de l’époque, Sir Horace Rumbold, qui examinait attentivement Hitler depuis des années, a rapporté ses observations à Londres dans une dépêche spéciale au Premier ministre le 26 avril 1933. Il a averti son gouvernement de prendre Mein Kampf très au sérieux.

Il estimait qu’Hitler aurait recours à des déclarations pacifiques intermittentes « afin de créer un sentiment de sécurité à l’étranger ». Mais il conservait ses projets d’extension en Russie et le fait qu’il « n’abandonnerait pas les points cardinaux de son programme », mais chercherait à « faire basculer les adversaires dans un tel état de coma qu’ils se laisseraient engager un par un ». L’ambassadeur était certain qu’ « il poursuivait actuellement une politique mûrement réfléchie, dont le but était de préparer l’Allemagne militairement avant que ses adversaires ne puissent intervenir ». Il a également averti qu’Hitler croyait personnellement dans son antisémitisme violent et que c’était le pilier de la politique de son gouvernement. De retour à Londres, le général A.C. Temperley a informé le Premier ministre à propos de la dépêche de Rumbold selon laquelle si la Grande-Bretagne ne stoppait pas immédiatement Hitler, l’alternative était de « laisser les choses couler pendant cinq années supplémentaires pendant lesquelles… la guerre semble inévitable ». Dans les faits, la guerre en Europe est arrivée en six ans, non en cinq.

Mais parce que les Britanniques, alors encore sous l’emprise de leur souvenir de la première Guerre Mondiale, étaient contre une action militaire et parce que le hommes politiques voulaient dépenser les précieuses recettes fiscales dans des programmes nationaux, ils se sont éloignés de leur propre bon jugement.

Le caractère désagréable de traiter avec Hitler et l’aversion du public pour une autre guerre a conduit le nouvel ambassadeur britannique en Allemagne, Sir Eric Phipps, en réponse à la dépêche de Rumbold, à avancer en ce jour fatidique d’avril 1933 : « Nous ne pouvons le considérer uniquement comme l’auteur de Mein Kampf car dans ce cas, nous serions obligés d’adopter une politique de guerre préventive ». Donc, a-t-il dit, « Le meilleur espoir est de le contraindre par un accord [de désarmement] portant sa signature apposée librement et fièrement… Par je ne sais quelle opération de son mental, il se sentirait peut-être obligé de l’honorer ». Nous avons ici la version des années 1930 de la déclaration du général McCaffrey. L’ambassadeur Phipps a été le premier à dire l’évidence : à savoir, si Hitler est comme le gouvernement pense qu’il est, la logique exige une guerre préventive. Mais ils ne veulent pas faire ça, donc ils espèrent qu’Hitler n’est pas comme ils le pensent, et cherchent un accord diplomatique qui, même Phipps l’admet, a peu de chances d’être honoré.

Ainsi, le général McCaffrey, représentant la position de la majorité écrasante des dirigeants politiques et des médias en Occident, a été le premier à dire l’évidence : l’Iran va obtenir la bombe. Puis il termine sur ‘faisons de la diplomatie’.

En réalité, les leaders occidentaux sont résignés à ce que l’Iran obtienne la bombe. Il savent que la diplomatie n’a pas plus de sens que de faire honorer un traité de désarmement par Hitler. Mais les « leaders » doivent être vus en train de faire quelque chose : même s’ils savent que c’est inutile.

Cette attitude défaitiste existe largement en raison du triste précédent de la guerre en Irak, comme la première Guerre Mondiale a été le triste précédent d’une autre guerre en 1933. Comme réponse sentimentale au côté désagréable de la situation, l’action militaire a été exclue par une élite occidentale lasse. Voici où nous en sommes aujourd’hui : environ aux quatre cinquièmes de la voie mentale vers l’apaisement. Aussi désagréable qu’il soit de traiter avec l’Iran aujourd’hui, ce sera incomparablement plus déplaisant encore dans quelques années lorsqu’il auront une bombe opérationnelle.

Où sont les réalistes n’ayant pas froid aux yeux lorsqu’on en a besoin ?

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