lundi, novembre 28, 2022
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La souveraineté nationale ne doit pas être utilisée pour couvrir des crimes contre l’humanité contre Achraf – Maryam Radjavi

CNRI – « Le gouvernement irakien essaie de faire passer la question du déplacement forcé pour une question de souveraineté. Mais la souveraineté nationale ne doit pas être utilisée pour couvrir des crimes contre l’humanité et la violation du principe de Responsabilité de Protéger. Sinon les camps de la mort d’Hitler et les crimes de l’ancien dictateur libyen et du dictateur syrien, seraient aussi interprétés comme leur droit à la souveraineté nationale », a lancé Maryam Radjavi à Bruxelles le 30 novembre.

La présidente élue de la Résistance iranienne s’exprimait dans une conférence transatlantique en défense d’Achraf et contre l’ultimatum du 31 décembre fixé par Bagdad pour fermer ce camp, en déplacer ses 3400 habitants avant de les vouer à un massacre en Iran où il veut les déporter, où dans des coins perdus d’Irak. Auprès de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, se trouvaient Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, Howard Dean, président du parti démocrate américain (2005-2009), le général Hugh Shelton, chef de l’état-major des armées américaines (1997-2001), John Bruton, premier ministre irlandais (1994-19997)  et ambassadeur de l’UE aux Etats-Unis (2004-2009), Rita Sussmuth, ancienne présidente du Bundestag, Gunter Verheugen, commissaire européen (1999-2010), Patrick Kennedy, Congressman américain (1995-2011), Dirk Claes, sénateur belge et président du Comité belge parlementaire pour un Iran démocratique et l’eurodéputé français José Bové.

Voici l’intervention de Mme Radjavi :

Nous tenons cette conférence alors que les mollahs en Iran et le gouvernement irakien ont déclenché le compte à rebours d’un massacre sanglant au camp d’Achraf. Leur principale exigence est d’en déplacer de force les habitants pour fermer le camp le 31 décembre. Cela correspond à un accord en 7 points passé entre le régime iranien et le gouvernement irakien. En résumé ce plan consiste à déplacer de force les habitants dans diverses régions d’Irak pour les massacrer, comme cela s’est passé sous les nazis et en Bosnie.

Je suis venue aujourd’hui dans la capitale de l’Europe pour demander à la Commission européenne, au Conseil de l’Union européenne et à sa Haute représentante d’user de leur pouvoir et de leurs bons offices pour empêcher un crime contre l’humanité. 

Je voudrais par conséquent demander à la session du Conseil des ministres des Affaires étrangères qui se tiendra demain
• de s’opposer fermement au déplacement des résidents d’Achraf,
• d’exiger le report de la date butoir de fermeture d’Achraf,
• et d’accepter des Achrafiens malades et blessés, quel qu’en soit le nombre, dans leur pays.

Le gouvernement irakien cherche à faire passer le déplacement forcé pour un plan pacifique et à obtenir l’aval ou du moins la non opposition de la communauté internationale, notamment de l’UE. C’est pourquoi l’Irak promet de permettre au HCR de déterminer le statut de réfugiés après le déplacement. Il promet aussi d’autoriser l’ONU à surveiller les nouveaux emplacements. Mais l’expérience a montré qu’on ne peut pas faire confiance au gouvernement irakien. Six heures à peine avant le massacre du 8 avril, l’ambassade américaine avait officiellement assuré que le premier ministre irakien avait promis aux résidents qu’il n’avait pas l’intention de recourir à la violence.

C’est pour ces raisons, qu’il y a sept mois, les résidents ont déclaré ne pas être prêts à envisager un déplacement en Irak si le nouvel emplacement n’est pas officiellement protégé par les USA ou les casques bleus de l’ONU. Ils ont dit préférer une mort honorable dans un lieu où ils vivent depuis 25 ans, à une mort dans un lieu inconnu. 

Néanmoins, ni les USA ni l’ONU n’ont donné d’assurance en matière de sécurité des Achrafiens après leur déplacement. Ils s’appuient à la place sur les promesses vides du gouvernement irakien sans assumer la moindre responsabilité.

Le gouvernement irakien essaie de faire passer la question du déplacement forcé pour une question de souveraineté. Mais la souveraineté nationale ne doit pas être utilisée pour couvrir des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et la violation du principe de Responsabilité de Protéger. Sinon les camps de la mort d’Hitler et les crimes de l’ancien dictateur libyen et du dictateur syrien, seraient aussi interprétés comme leur droit à la souveraineté nationale. Se cacher derrière la « souveraineté nationale » pour justifier l’indifférence face aux crimes commis par le gouvernement irakien contre le camp d’Achraf est totalement inacceptable. 

Les mollahs en Iran et leurs alliés cherchent à dissimuler la vérité par des vagues de guerre psychologique. Ils suggèrent que l’OMPI et sa direction bloquent le travail du HCR et qu’ils seraient donc responsables si un massacre advenait. En fait, ils cherchent à inverser la place du bourreau et de la victime. 

Malgré leur droit indéniable à rester en Irak et à Achraf, les Achrafiens ont accepté le plan du Parlement européen pour un transfert dans des pays tiers. De plus, ils ont présenté 7 plans alternatifs, y compris un transfert provisoire dans des pays voisins de l’Irak. Bien qu’ils aient vécu dans la légalité pendant 25 ans en Irak, et dans le but d’écarter tout obstacle à leur réinstallation, ils ont déposé des demandes de statut de réfugiés. 

Mais cela fait trois mois que le gouvernement irakien empêche le HCR de démarrer son travail pour confirmer le statut de réfugiés des Achrafiens. Les résidents sont prêts à discuter de toute option autre que le meurtre ou la capitulation au régime des mollahs. Mais le régime iranien et le gouvernement irakien ne pensent qu’à ces deux options : leur élimination totale ou leur capitulation et non pas leur départ d’Irak. C’est le cœur même de la crise.  Par conséquent, la présence de représentants des résidents dans les négociations s’avère essentielle. Comme l’a souligné le Secrétaire général de l’ONU dans le paragraphe 66 de son rapport du 7 juillet au Conseil de sécurité de l’ONU : tout arrangement doit être acceptable aux yeux du gouvernement irakien et des habitants du camp.

Chers amis,

Demain l’UE va imposer de nouvelles sanctions pour contrer le programme d’armes nucléaire du régime iranien. Des sanctions sont nécessaires, mais elles ne peuvent à elles seules être une solution pour empêcher le régime iranien de se doter de l’arme atomique. La seule manière d’empêcher les mollahs de s’équiper de la bombe atomique et la seule manière d’assurer la paix et la sécurité internationales est un changement de régime et l’instauration d’un Iran démocratique et non nucléaire.  Le régime iranien veut bloquer la voie à un changement de régime par un massacre à Achraf et la destruction de son opposition légitime. 

Permettez-moi de résumer ici la solution offerte par la Résistance iranienne et ses demandes pour le camp d’Achraf, qui fait en réalité partie de la solution pour l’Iran aussi :

1- Tout déplacement forcé en Irak doit être écarté. Il faut annuler la date butoir illégale et répressive du 31 décembre 2011 afin que le HCR puisse effectuer son travail et que tous les Achrafiens puissent être transférer dans des pays tiers.

2 – Considérant l’opposition du gouvernement irakien à la confirmation du statut de réfugiés par le HCR des habitants d’Achraf, la seule façon d’ôter tout prétexte à un massacre des habitants sans défense c’est que le HCR détermine un statut de réfugié collectif. Cela lui donnera assez de temps pour examiner les demandes individuelles. 

3 – La sécurité des Achrafiens par les casques bleus de l’ONU et l’installation d’une équipe d’observateurs de l’ONU dans le camp doivent être garanties par le Conseil de sécurité jusqu’au transfert du dernier habitant dans un pays tiers.

4 – Que la communauté internationale et spécialement les Etats membres de l’Union européenne acceptent des Achrafiens, quel qu’en soit le nombre, spécialement les malades et les blessés, de manière urgente.

5 – Il faut imposer des sanctions générales, spécialement pétrolières, gazières et commerciales au régime iranien. 
 

Mesdames et messieurs,

Afin de conserver leur fragile pouvoir, les mollahs veulent d’une part obtenir la bombe atomique et d’autre part veulent détruire leur principale opposition, spécialement à Achraf. Aujourd’hui, l’UE, les Etats-Unis et l’ONU sont parfaitement au courant des plans funestes pour déplacer de force et massacrer les résidents d’Achraf. Nous leur avons fourni tous les documents et les informations nécessaires. Les membres du Parlement européen et des parlements nationaux, des membres du Congrès américain ainsi que d’éminentes personnalités américaines et européennes ont déjà tout dit.

Je voudrais à présent m’adresser aux dirigeants de l’Union européenne : Vous avez le pouvoir et les moyens d’empêcher une catastrophe assurée. La baronne Ashton a les moyens de mener une solution pacifique pour Achraf. Je préviens que si une action immédiate n’est pas prise, les Etats-Unis et leurs dirigeants seront tenus pour responsables d’un nouveau bain de sang à Achraf.

Je vous remercie.

 

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