samedi, décembre 3, 2022
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La seule manière c’est de laisser le peuple iranien lui-même enlever ce régime – Sid Ahmed Ghozali

CNRI – « Ce que cherchent les mollahs iraniens, ce n’est pas une simple action innocente de prosélytisme, de propager le chi’isme. Non c’est d’utiliser l’islam comme un vecteur pour assurer leur hégémonie à l’ensemble du monde musulman. Avec un régime pareil, il est tout à fait illusoire de croître qu’on peut obtenir quelque chose », a déclaré  Sid Ahmed Ghozali lors d’une rencontre au sénat sur la situation des droits de l’homme en Iran le 12 décembre. Organisée par le CFID, le comité français pour un Iran démocratique, la réunion regroupait de nombreux défenseurs des droits de l’homme, comme Danielle Mitterrand, Maryam Radjavi ou Robert Badinter.

CNRI – « Ce que cherchent les mollahs iraniens, ce n’est pas une simple action innocente de prosélytisme, de propager le chi’isme. Non c’est d’utiliser l’islam comme un vecteur pour assurer leur hégémonie à l’ensemble du monde musulman. Avec un régime pareil, il est tout à fait illusoire de croître qu’on peut obtenir quelque chose », a déclaré  Sid Ahmed Ghozali lors d’une rencontre au sénat sur la situation des droits de l’homme en Iran le 12 décembre. Organisée par le CFID, le comité français pour un Iran démocratique, la réunion regroupait de nombreux défenseurs des droits de l’homme, comme Danielle Mitterrand, Maryam Radjavi ou Robert Badinter.

Voici le texte de l’intervention de l’ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, Sid Ahmed Ghozali :

C’est pour moi toujours un honneur de participer à ces manifestations de soutien à la Résistance iranienne. La journée des droits de l’homme coïncide aussi avec la journée de l’Etudiant en Iran en commémoration de l’assassinat de trois étudiants qui avaient manifesté du temps du chah, à la suite du départ de Mossadegh.

Je viens d’Algérie où vous l’avez appris vous aussi, des attentats meurtriers se sont encore produits. On sait quels sont les auteurs de ces attentats. Ce sont les tenants d’une idéologie internationale islamiste fasciste et c’est là qu’est le lien avec ce qui se passe en Iran. C’est un pouvoir de la même nature qui sévit contre le peuple iranien 

Je m’interpelle moi-même comme j’interpelle les démocraties occidentales à l’occasion de  cette journée des droits de l’homme où nous ne devons pas nous fatiguer, Mme Danielle Mitterrand l’a dit, de rappeler que les grands défis qui se posent au monde actuellement dérivent tous du fait que dans tous système que ce soit à l’est ou à l’ouest, au sud ou au nord, dans tout système politique où l’homme n’est pas au cœur même de la préoccupation des hommes politiques, il faut s’attendre à toutes les dérives et à tous les dégâts.

L’attitude des démocraties occidentales vis-à-vis de la Résistance iranienne suscite en moi un double sentiment, à la fois de révolte et de réconfort et d’espoir. Voilà des gouvernants dans des pays occidentaux qui souligne le mal et le danger que représente le régime iranien, et qui en même temps montrent un cynisme et une incohérence à faire face à ce mal qu’ils dénoncent en frappant précisément les premières victimes de ce mal.

La  question de la détention de l’arme nucléaire par l’Iran n’est que l’arbre qui cache la forêt. La question qui se pose est est-ce qu’il est possible de faire confiance à un régime dictatorial au point d’espérer tirer dans la discussion avec lui, voire dans la complaisance, quelque chose ? Les gouvernements occidentaux, à commencer par les gouvernements américains et anglais, ont dit qu’ils ont inscrit la Résistance iranienne pour apaiser le gouvernement iranien. Ce sont ces mêmes gouvernements en France comme en Angleterre qui oublient  que ce qui a été fait du temps de Munich, ce n’est pas autre chose que de l’apeasement vis-à-vis de Hitler.

Le régime iranien présente un danger pour l’humanité, je dis bien de la planète entière et je sais de quoi je parle, j’ai été ministre des Affaires étrangères de mon pays. Un pays, l’Algérie qui a été le seul pays arabe à avoir une attitude fraternelle et de soutien avec la république islamique et qui a pendant dix ans travaillé à sortir l’Iran de l’isolement. C’est l’Algérie qui a fait la médiation entre l’Iran et les USA pour résoudre le contentieux. C’est l’Algérie qui  a payé de 14 cadres supérieurs, dont un ministre important, qui était dans un avion en médiation, et qui a été abattu à la frontière iranienne. Et quelle est la réponse faite par ce régime à ce pays qui était amical et  fraternel ? Sa réponse a été qu’il a soutenu financièrement et politiquement l’irruption du terrorisme en Algérie en 1990 et c’est pour ça que j’ai rompu les relations diplomatiques en tant que chef du gouvernement.

Ce que je vous dis, ce n’est pas le résultat d’une analyse. J’ai vécu avec ce régime. J’ai reçu Velayati quand il était ministre des affaires étrangères. Et Velayati lui-même a osé me demander sans sourciller que l’Algérie ouvre ses mosquées aux mollahs pour les mettre à égalité avec les salafistes saoudiens et que l’Algérie se transforme en un champ de bataille idéologique entre les salafistes de l’Arabie saoudite et les chi’ites. Ce que cherchent les mollahs iraniens, ce n’est pas une simple action innocente de prosélytisme, de propager le chi’isme. Non c’est d’utiliser l’islam comme un vecteur pour assurer leur hégémonie à l’ensemble du monde musulman.

Avec un régime pareil, il est tout à fait illusoire de croître qu’on peut obtenir quelque chose. Moi je suis entièrement d’accord et j’encourage la solution de sagesse comme disait Maryam Radjavi, c’est-à-dire que la guerre ne résoudra pas le problème. Au contraire la guerre renforcera encore davantage ce régime. Mais la complaisance n’obtiendra jamais quoi que ce soit de fiable et de crédible. Par conséquent, la chose qui s’impose à l’esprit c’est que puisque vous jugez que ce régime est très dangereux pour a planète entière, et vous avez raison, la seule manière c’est de laisser le peuple iranien lui-même enlever ce régime. Et donc la première réaction ce n’est pas d’affaiblir ; car c’est ce qui se fait actuellement et jusqu’à maintenant. Quand on inscrit une organisation dans la liste des organisations terroristes qui est elle même la première victime du terrorisme, Mme Radjavi a parlé de 20.000 personnes qui sont martyres et qu’elle nous a montrées, mais en réalité l’organisation des Moudjahidine du peuple qui existe depuis 42 ans, a perdu 130.000 personnes des siens par pendaison, par torture, etc,. Et ce que nous avons vu en images, sont des images officielles.

Mais il y a peut-être plus frappant que ces images, c’est ce que décrit la constitution. Par exemple pour la lapidation des femmes, il y a même des dimensions. On indique trois catégories de pierres pour lapider les femmes adultères. Il y a la petite, la moyenne et la grande. Alors la constitution dit : il ne faut pas utiliser la grande parce que elle tue tout de suite. Elle fait mal mais elle tue tout de suite. Il ne faut pas utiliser la petite, parce qu’elle ne tue pas. Il faut utiliser celle du milieu qui a tant de millimètres, parce qu’elle tue en même temps qu’elle fait souffrir.

Donc puisqu’on est dans les droits de l’homme et quand on se déclare porteur d’un projet, par exemple le projet européen, qui est un projet fondé sur l’état de droit, on ne négocie pas avec un régime pareil. Mais on laisse les Iraniens eux-mêmes reprendre leur destin en main. Et c’est là que j’en viens à la source d’espoir. Mon voisin de droite, le maire d’Auvers-sur-Oise, l’accueil de la population malgré la persécution organisée par l’administration française, réservé à la résistance. La cour européenne de justice prend une décision, mais les gouvernements n’appliquent pas cette décision de justice. En Angleterre, parce que c’est une démocratie, il y a une initiative de 35 personnes qui ont obtenu le jugement d’un tribunal ou d’une cour de justice anglaise récemment qui condamne l’inscription de l’OMPI et de la résistance iranienne dans la liste des organisations terroristes.

Donc c’est pour nous une source de grand espoir, parce que les démocraties ont leurs faiblesses, mais elles ont aussi  leurs forces, parce qu’elles permettent à des Lords et à des députés, à des Danielle Mitterrand, de dire quelque chose, de dénoncer ce que font les gouvernements.

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