mardi, janvier 31, 2023
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La Résistance iranienne prône l’abolition de la peine de mort dans l’Iran de demain – Maryam Radjavi

CNRI – Le 12 décembre, le comité français pour un Iran démocratique organisait au Sénat une réunion sur la situation des droits de l’homme en Iran. Il souhaitait ainsi marquer la journée internationale des droits de l’homme. L’Iran étant le champion du monde des exécutions, il était important de briser le silence pesant sur ces terribles violations.

CNRI – Le 12 décembre, le comité français pour un Iran démocratique organisait au Sénat une réunion sur la situation des droits de l’homme en Iran. Il souhaitait ainsi marquer la journée internationale des droits de l’homme. L’Iran étant le champion du monde des exécutions, il était important de briser le silence pesant sur ces terribles violations.

Le sénateur Jean-Pierre Michel présidait les travaux. On comptait parmi les participants et les intervenants Danielle Mitterrand, Maryam Radjavi, le sénateur Robert Badinter, Mgr Jacques Gaillot, le général Henri Paris, le président d’honneur de la FIDH Patrick Baudouin, la vice-présidente du MRAP Renée Le Mignot, le sénatrices Gisèle Printz et Anne-Marie Payet, l’ancien premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, le magistrat François Colcombet, le maire d’Auvers-sur-Oise Jean-Pierre Béquet, le représentant en France du CNRI le Dr. Saleh Radjavi, des présidents de commissions du CNRI et des assistants parlementaires.

Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a fait l’intervention suivante :

Je suis heureuse de me trouver parmi vous au Sénat français. Je souhaiterais tout d’abord saluer le Sénat mais aussi l’Assemblée nationale comme symbole de la démocratie française, gardiens de la liberté, des droits de l’homme et des valeurs authentiques de la république.

Je profite aussi de cette occasion pour saluer les milliers d’étudiants de Téhéran qui ont manifesté dimanche contre le fascisme religieux aux cris de « Mort au dictateur », et rendre hommage aux centaines d’étudiants arrêtés ces derniers jours et soumis aux pressions et à la torture.

Il y a deux jours, on a célébré le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Journée internationale des droits humains. A cette occasion je voudrais rendre hommage à celles et à ceux qui ont consacré et sacrifié leur vie à la défense de  la liberté, de la paix et des droits de l’homme dans le monde, et particulièrement aux 120.000 enfants courageux du peuple iranien, exécutés pour avoir résisté au fascisme religieux.

Ce livre que vous voyez, contient 20.000 de nos martyrs. C’est un document qui montre la résistance glorieuse du peuple iranien face à une dictature sauvage et cruelle. Il témoigne de la barbarie des mollahs.

Chers Amis,

Cette année, le nombre officiel des exécutions en Iran se monte à 300. C’est deux fois plus qu’en 2006. Chaque jour, 3000 personnes sont arrêtées.
– Dans mon pays, les pendaisons publiques à des grues sont quotidiennes.
– Dans mon pays, fouetter des femmes dans la rue sous prétexte qu’elles sont mal voilées est légal.
– Dans mon pays, emprisonner et torturer des gens sous prétexte de leur vêtement ou de leur vie privée est légal.
– Dans mon pays, la lapidation est inscrite dans la loi.
– Dans mon pays, il est devenu banal de diffuser des scènes d’exécutions sur les chaînes publiques, sous les yeux des enfants pour terrifier et réprimer la population.
Oui, c’est pourquoi, même les lois de ce régime violent les droits de l’homme et n’ont pas de précédent.
 
Permettez-moi de vous citer quelques phrases douloureuses d’une vieille dame venue d’Iran. Elle a dit, je cite : « chaque jour les mollahs pendent des jeunes à des grues dans la rue. Le père d’un membre de la résistance est mort en prison d’une crise cardiaque, à cause des terribles pressions. Mais en fait, c’est mieux ainsi parce que sous le régime des mollahs beaucoup disent que la mort vaut mieux que cette vie. » Elle a dit que même se promener dans la rue est une souffrance. « La pauvreté et la prostitution, les exécutions et le malheur sont partout. Les étudiants sont arrêtés par groupe et on les torture. Notre seul espoir c’est la résistance. Dites au monde que le clown qui se fait passer pour un président est la honte du peuple iranien. » Ce sont-là les paroles douloureuses d’une vieille dame. Le but des mollahs est de créer un climat de terreur permanent.

Dans sa résolution de novembre dernier, le troisième comité de l’Assemblée générale de l’ONU a souligné les points importants des violations par les mollahs notamment,  la persistance des violations systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales », « le recours à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, y compris la flagellation et l’amputation », « les exécutions publiques multiples », « la lapidation comme méthode d’exécution » et « l’exécution de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans lorsque l’infraction a été commise ».

C’est la 54e résolution d’un organe de l’ONU condamnant le régime iranien dans le domaine des droits de l’homme. Mais les mollahs continuent de violer les droits de l’homme en Iran parce que leur dictature repose sur le massacre, la torture, la misogynie et la discrimination. En réalité,  chacun des 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme ont été violés par ce régime.

En 1988  sur l’ordre direct de Khomeiny, le fondateur de ce régime, 30.000 prisonniers politiques ont été massacrés en quelques mois. Le mois dernier Amnesty international a déclaré que ce massacre était un crime contre l’humanité qui avait reçu l’aval des plus hauts dirigeants du pays. Or vingt ans après, pas une seule action n’a encore été entreprise par la communauté internationale contre les mollahs. Pour justifier ce terrible massacre, les dirigeants iraniens disent que les prisonniers exécutés sont ceux-là mêmes qui ont aujourd’hui leurs noms dans les listes du terrorisme de l’Union Européenne et des Etats-Unis

Mesdames et Messieurs,

Les mollahs ont intensifié la répression en Iran sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Personne n’entend l’appel de ces familles à la justice parce qu’elles sont considérées comme des familles de terroristes. Les protestations des étudiants et les enseignants sont réprimées sous prétexte de soutien au terrorisme.

La Résistance iranienne a vu sa liberté d’expression piétinée par les démocraties Européennes, comme ici en France. Les activités politiques de l’opposition sont soumises à des restrictions. Ses avoirs sont gelés et ses biens saisis.

Les juristes déclarent que ces actes répressifs, qui sont le résultat de l’inscription de l’OMPI sur la liste noire, sont contraires à la convention européenne des droits de l’homme et aux droits fondamentaux des membres de la résistance. Oui, cette inscription injuste, est une forme complexe de violation des droits de l’homme avec d’immenses dégâts.

Mais qu’en est-il vraiment ? En réalité, c’est le peuple iranien qui paie cette inscription avec l’exécution et la torture de ses enfants. Comme les juges britanniques l’on dit à juste titre dans leur verdict du 30 novembre, cette inscription est "perverse". Ils ont déclaré que l’OMPI n’est pas impliquée dans des actions terroristes. C’est donc la victoire de la résistance pour la liberté et la victoire des droits de l’homme.

Le 12 décembre dernier, la Cour européenne de justice avait aussi  ordonné de supprimer le nom de l’OMPI de la liste du terrorisme de l’Union européenne. Mais pour satisfaire le fascisme religieux, le Conseil des ministres européens a choisi d’ignorer ce jugement. L’inscription de l’OMPI dans cette liste noire s’était faite sur la décision du gouvernement britannique. C’est pourquoi le verdict de la justice britannique vide de tout fondement l’étiquette illégale de terroriste que l’Union européenne a collée aux Moudjahidine du peuple.

Mesdames et Messieurs,

Le dernier rapport des services de renseignements américains a démontré pour la première fois que le régime des mollahs était en train de fabriquer une bombe, mais que ce sont les révélations de la Résistance iranienne en 2002 et 2003 qui l’ont obligé à s’arrêter. Cependant nos sources à l’intérieur de l’Iran ont déclaré qu’il a repris par la suite ses activités clandestines

En août 2002, la Résistance iranienne a révélé les sites de Natanz et d’Arak. De cette manière, elle mettait fin à 18 années de dissimulation du régime. C’était un coup majeur porté au projet d’armes de destruction massive des mollahs.

Dans ce rapport américain, il est dit que :
– Dès janvier 2006, les mollahs ont repris la production du combustible et qu’en 2007, l’installation des centrifugeuses a fait des progrès considérables.
– Le rapport confirme que les mollahs ont la capacité scientifique et technologique nécessaire pour  fabriquer la bombe.
– Ce rapport estime, avec un niveau de certitude moyen, que les mollahs ont arrêté la fabrication de l’arme nucléaire en 2003.

J’aimerai expliquer ce qu’il en est : En mars 2003, la Résistance iranienne a révélé le site ultra sensible de Shiyan. Dans ce site, les gardiens de la révolution menaient des recherches avancées sur la fabrication de la bombe.

Après les révélations de la Résistance, les mollahs ont rapidement transféré ailleurs les équipements sensibles du site. Puis ils ont complètement détruit le site. C’est donc la production de la bombe sur ce site qui s’est arrêtée. Le rapport des renseignements américains porte sur l’arrêt du programme nucléaire dans ces installations. Le régime n’a jamais accepté de dire où il avait transféré les activités. Mais en novembre 2004, la Résistance iranienne a révélé qu’un grand nombre de ces installations avaient été transférées sur le site de Lavizan 2. Et le programme de fabrication de la bombe a continué.

Cela fait cinq ans que la Résistance iranienne est la seule source de renseignements en matière de programme atomique secret des mollahs. Elle a notamment révélé
– la société Kala Electric,
– le centre d’enrichissement d’uranium au laser de Lachkar Abad,
– le transfert de 400 experts nucléaires aux Industries de la Défense,
– le tunnel de Parchine,
– l’industrie balistique Hemmat d’ogives nucléaires et chimiques,
– le projet d’acquisition du plutonium 210 et du béryllium,
– les importations et la production d’acier maraging,
– le plan de trafic de tritium,
– le plan de fabrication d’hémisphère atomique et
– le projet de fabrication de centrifugeuses P2.

Les membres et les sympathisants de la Résistance en Iran qui ont obtenu ces informations avec beaucoup de sacrifices, disent que les gardiens de la révolution continuent de fabriquer l’arme nucléaire.
De plus, le régime iranien ne peut pas répondre à ces questions :
– pourquoi n’a-t-il jamais annoncé la suspension du programme d’armement atomique ?
– pourquoi n’a-t-il jamais accepté le protocole additionnel du TNP ?
– Pourquoi a-t-il confié l’ensemble du programme nucléaire aux gardiens de la révolution ?
– dans quel but fabrique-t-il des missiles de longue portée qui peuvent être équipés de têtes nucléaires ?

Cependant, ceux à qui profite le maintien de ce régime au pouvoir ont conclu avec ce rapport des renseignements américains que le danger des mollahs a diminué et que par conséquent il faudrait faire preuve de davantage de complaisance à leur égard !

Mais en réalité, les mollahs n’arrêteront ni de réprimer en Iran, ni de dévorer l’Irak, ni de fabriquer la bombe atomique. Car sinon leur régime disparaîtrait. C’est pour cela que la communauté internationale doit adopter une politique de fermeté. Heureusement que la France insiste pour maintenir la pression politique sur le régime iranien et qu’elle appelle les grandes puissances à adopter une nouvelle résolution contraignante au Conseil de sécurité de l’ONU.

Mesdames et Messieurs,
 
Contrairement à toute la propagande, la véritable menace face à ce régime, c’est le manque de fermeté. Ce qui encourage les mollahs et pousse le monde au bord d’une catastrophe, c’est la politique de compromis et de complaisance. Cette approche ne mène pas à la paix, au contraire elle donne davantage d’occasions aux mollahs d’exécuter des jeunes et d’exporter le fascisme religieux à l’extérieur de l’Iran.

Le changement de régime doit se faire par le peuple iranien et à sa Résistance. Aujourd’hui, ce régime n’est plus seulement une menace pour les Iraniens, il est aussi une menace pour le monde entier. C’est pourquoi tous les pays ont une part de responsabilité dans ce combat.

Quand Hitler a attaqué la Pologne, ce n’était pas seulement au peuple polonais de le combattre, mais à toute l’Europe libre, parce que le Nazisme mettait en danger le monde entier. Aujourd’hui, aussi, il est nécessaire de mettre la lutte contre le fascisme religieux au cœur de la stratégie européenne et donc de la stratégie internationale de la France.

La politique de complaisance avec les mollahs a échoué. La guerre non plus n’est pas une solution. Nous avons répété à plusieurs reprises notre opposition à la guerre. Seule la Troisième voie, c’est-à-dire un changement démocratique par le peuple iranien et sa Résistance organisée, est capable de débarrasser le monde du danger du fascisme religieux. Face à cette crise que certains poussent vers la politique de complaisance ou une intervention militaire étrangère, nous appelons l’Europe et particulièrement la France à soutenir la Troisième voie. Etre à l’avant-garde dans la reconnaissance de la Résistance iranienne, est une nécessité pour les intérêts supérieurs de l’Europe et de la France et une nécessité pour la paix internationale.

Il y a 21 ans, avant de quitter la France, le dirigeant de la résistance iranienne, Massoud Radjavi, avait déclaré dans un discours devant le groupe des droits de l’homme du sénat : « J’espère que la conscience éveillée du peuple français entendra bien l’appel à d’aide de ce peuple frappé par le fléau de Khomeiny à 6000 km de distance, qui se bat pour la paix et la liberté sous une terrible répression. »

Aujourd’hui, à mon tour, forte du soutien que des centaines de milliers de Français ont apporté à la Résistance ces dernières années, j’espère que la France reconnaîtra la Résistance du peuple iranien en assumant le rôle qui lui revient dans le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. C’est la seule solution pour empêcher une catastrophe internationale. C’est une nécessité pour l’Europe et le monde. C’est la seule façon de faire face à la dictature religieuse. Permettez-moi d’être claire : Je propose cette solution avant qu’il ne soit trop tard.

La Résistance iranienne appelle à une république pluraliste basée sur la séparation de la religion et de l’Etat. Nous voulons une société démocratique basée sur l’égalité des femmes et des hommes et le respect des droits de l’homme. La Résistance iranienne prône l’abolition de la peine de mort dans l’Iran de demain. Il est temps de mettre fin à cette politique qui prend en otage la liberté, les droits de l’homme en Iran et la paix internationale.

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