jeudi, décembre 1, 2022
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La résistance iranienne a la capacité d’apporter un changement démocratique en Iran – Maryam Radjavi

CNRI – S’adressant au Groupe libéral de l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe lundi à Strasbourg, Maryam Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne, a  insisté sur le danger de la dictature religieuse au pouvoir en Iran et a réaffirmé qu’un changement de régime est à la portée de la main.

S’engageant de la part de la résistance iranienne, elle a déclaré : « Nous ne demandons aux pays étrangers ni armes, ni argent. La Résistance iranienne a le potentiel et les éléments nécessaires pour apporter un changement démocratique en Iran ». Elle a ensuite assuré l’assemblée: «Notre but n’est pas de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. Notre but est de garantir la liberté et la démocratie à n’importe quel prix ».
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Voici le texte complet de son discours :

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de me trouver aujourd’hui parmi vous. Je souhaite remercier Lord Russel-Johnston pour son intervention chaleureuse et ses efforts en faveur de la résistance du peuple iranien. Je remercie aussi le groupe de l’Alliance des démocrates et des Libéraux pour l’Europe d’avoir organisé cette réunion.

Je suis venue aujourd’hui vous parler au nom d’un peuple dont tous les droits élémentaires ont été supprimés par une dictature religieuse. Un pays où les défenseurs de la liberté sont torturés et exécutés et où les femmes sont lapidées sous n’importe quel prétexte.

Je suis venue faire entendre, dans cette assemblée des représentants des peuples européens, le cri du peuple iranien pour la liberté.

Les menaces du régime de Téhéran et la solution

Il y a une dizaine de jours, le Conseil de Sécurité de l’ONU, a demandé au régime de Téhéran dans une déclaration adoptée par les quinze membres, de suspendre l’enrichissement de l’uranium. Mais les mollahs continuent à défier la communauté internationale et à répondre par la négative à ses demandes.

Aujourd’hui, le monde est placé devant un choix dangereux : d’un côté la perspective de voir une dictature intégriste se doter de l’arme atomique, et d’un autre la perspective d’une nouvelle guerre dans la région.

Aujourd’hui, je suis venue vous dire que la communauté internationale n’est pas obligée de choisir entre des mollahs avec la bombe atomique ou la guerre.

Il existe une troisième voie. Un changement démocratique par le peuple iranien et sa résistance organisée.

Faire des concessions aux mollahs ne permet pas d’éviter la guerre ; au contraire, cela augmente la possibilité d’un conflit. Il faut agir rapidement. Il ne reste plus beaucoup de temps.

Les mollahs veulent des armes atomiques pour maintenir la dictature religieuse et exporter l’intégrisme  et le  terrorisme. Les mollahs ont trompé la communauté internationale pendant 18 ans sur leur programme atomique jusqu’à ce que le Conseil national de la Résistance révèle leur projet.

Nous parlons d’un régime qui réprime depuis 27 ans sa population.  Il a exécuté 120.000 prisonniers politiques et a piétiné les droits les plus élémentaires du peuple iranien. Ce régime a aussi assassiné des dizaines d’opposants à l’étranger.

Récemment, dans le dossier de l’assassinat du Professeur Kazem Radjavi, Représentant du Conseil national de la Résistance iranienne en Suisse, assassiné en 1990 par des agents du régime des mollahs, un juge d’instruction suisse a lancé un mandat d’arrêt international contre le mollah Ali Fallahian, ancien ministre des renseignements et conseiller en sécurité de Khameneï, le guide suprême de la dictature religieuse, pour son rôle dans la prise de décision de ce crime. D’après ce mandat d’arrêt, Fallahian dès le début des années 1980, avait prononcé un décret de mort contre Massoud Radjavi, le président du Conseil national de la Résistance iranienne.

La répression en Iran ne se limite pas aux exécutions politiques, à la torture des prisonniers politiques ou même aux exécutions publiques et à la lapidation. En Iran, les violations des droits de l’homme ont été légalisées. Le fouet et l’amputation en public, ou arracher les yeux, font partie de la loi. Les lois misogynes du régime imposent un apartheid sexuel aux femmes. Pour ne pas respecter le code vestimentaire, elles sont humiliées et fouettées en public.

Un régime qui est le foyer de l’exportation de l’intégrisme et le plus grand soutien du terrorisme à travers le monde. Un régime hostile à la paix au Proche-Orient ; son président, Ahmadinejad, a lancé des appels pour rayer de la carte Israël et les Etats-Unis.

Un régime qui s’efforce de mettre en place un pouvoir intégriste satellite en Irak. C’est pourquoi il se livre à la plus grande ingérence et à des actes de terrorisme en Irak. Il a lancé notamment une guerre civile entre sunnites et chi’ites, qui a entraîné des massacres. Il a aussi mis en place des centres clandestins de détentions et de tortures. Et je dois souligner que le danger de l’ingérence et du terrorisme du régime en Irak, est cent fois plus dangereux que la bombe atomique.

Le monde, face à ce régime, n’a qu’un choix raisonnable : Il faut agir vite et avec fermeté. Le conseil de sécurité doit lui imposer un boycott et la communauté internationale doit reconnaître le droit du peuple iranien à résister pour la liberté. Je vous appelle tous, à vous mobiliser dans cette voie pour empêcher ensemble une tragédie.

La liste du terrorisme : le plus grand obstacle au changement démocratique

Malgré la répression sauvage, le changement en Iran est à portée de la main. L’Occident, dans l’espoir de voir une modération, a fait toutes les concessions possibles au régime de Téhéran. Cela a permis à la faction la plus fasciste de prendre le pouvoir.  Au cœur de ces concessions, se trouve l’inscription de la principale opposition iranienne sur la liste du terrorisme. Le ministre des affaires étrangères britannique a reconnu récemment qu’il avait mis les Moudjahidine du peuple d’Iran sur la liste noire à la demande des mollahs. 500 juristes éminents et plus de 1000 parlementaires de pays européens ont déclaré leur opposition à cette étiquette collée à l’OMPI parce qu’elle donne aux mollahs un permis de réprimer une résistance légitime.

En février, le régime a annoncé l’exécution d’un membre des Moudjahidine du peuple après quatre ans et demi de prison sous la torture. Il y a deux semaines, il a rendu un nouveau verdict de condamnation à mort d’un autre prisonnier de l’OMPI, et davantage de prisonniers politiques sont menacés d’exécution,

Limiter la force principale de l’opposition, c’est créer le plus grand obstacle au changement démocratique en Iran. Car il ne s’agit pas seulement de limiter une organisation, mais de livrer à des attaques la résistance d’un peuple pour la liberté. Par ailleurs, comme l’on dit 2,8 millions d’Irakiens dans une déclaration : « les Moudjahidine du peuple sont un barrage politique et culturel important face à la percée de l’intégrisme. »

Le retrait de cette étiquette terroriste est une demande légitime du peuple iranien et le critère de la fin de la politique de complaisance avec les mollahs.

La capacité de la résistance pour créer un changement

Nous ne demandons aux pays étrangers ni armes, ni argent. La Résistance iranienne a le potentiel et les éléments nécessaires pour apporter un changement démocratique en Iran :

Premièrement,  elle possède une vaste base populaire un réseau social étendu et bénéficie de soutiens importants en Iran comme à l’étranger et c’est pour cela que la répression absolue et les marchandages avec les mollahs n’ont pas réussi à la supprimer. Plus de quatre mille mouvements de protestation ont eu lieu en Iran l’an dernier, malgré la répression cruelle. Cela montre que la société est prête pour un changement.

Deuxièmement, elle dispose d’une alternative politique, le Conseil national de la Résistance iranienne, un parlement en exil de plus de 530 membres dont 52%  sont des femmes et où siègent les représentants des différentes couches de la société iranienne, de diverses tendances politiques et des minorités religieuses et ethniques.

Troisièmement, elle dispose d’une force concentrée et organisée en Irak, à la cité d’Achraf près de la frontière iranienne, qui lui permet d’exercer la plus grande influence sur les événements en Iran.

Quatrièmement, l’axe central de cette résistance, ce sont les Moudjahidine du peuple d’Iran avec quarante années de lutte pour la liberté. Ils prônent un islam tolérant et démocratique, opposé à l’intégrisme et luttent pour l’instauration d’un gouvernement laïc.

Les positions et le programme de la Résistance

Notre résistance est avant tout un mouvement humaniste qui lutte pour raviver les valeurs humaines détruites par les intégristes. Nous sommes persuadés que la liberté est la plus grande richesse humaine. Une foi profonde dans la liberté, nous donne la force de tenir bon face aux difficultés de la lutte contre une dictature religieuse.

Notre but n’est pas de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. Notre but est de garantir la liberté et la démocratie à n’importe quel prix.

Dans cette optique, le Conseil national de la Résistance s’engage dans un délai maximum de six mois après le renversement de ce régime, à organiser des élections libres pour une assemblée constituante et législative et à remettre la gestion du pays aux élus du peuple. Permettez-moi de résumer les grandes lignes de notre projet pour l’Iran de demain:

1- De notre point de vue, le vote populaire est le seul critère de légitimité et c’est pour cela que nous voulons une république fondée sur le vote populaire.

2- Nous voulons un système pluraliste, la liberté de partis et d’assemblée. Dans l’Iran de demain, il existera une liberté totale d’opinion, d’expression et de la presse et toute censure ou inquisition, sera interdite.

3- Dans l’Iran libéré de l’oppression des mollahs, nous nous engageons à défendre et maintenir l’abolition de la peine de mort.

4- La Résistance iranienne établira la séparation de la religion et de l’Etat. Toute forme de discrimination contre les fidèles des diverses religions et cultes, sera interdite.

5- Nous croyons dans l’égalité totale des femmes et des hommes pour tous les droits politiques et sociaux et la participation égale des femmes à la direction politique. Toute forme de discrimination contre les femmes sera abolie, et elles auront notamment le droit de choisir leurs vêtements.

6- Nous voulons instaurer un système judiciaire moderne basé sur le respect de la présomption d’innocence, le principe du droit à la défense et l’indépendance totale de la justice. Les châtiments cruels et dégradants seront abolis.
 
7- Nous nous engageons à respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme, les pactes et les conventions internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et la Convention pour l’élimination de toutes les discriminations contre les femmes.

8- Nous reconnaissons la propriété privée, l’investissement privé et le libre échange.

9-Nous voulons que notre politique étrangère soit fondée sur la coexistence pacifique, la paix et la coopération internationale et régionale, et le respect de la Charte des Nations Unies.

10-Nous voulons que l’Iran libre de demain soit un pays non atomique et sans arme de destruction massive.

Mesdames et Messieurs,

J’aimerais citer ici Winston Churchill qui est à l’origine de la formation du Conseil de l’Europe, et qui avait déclaré en 1938 au retour de Chamberlain après les accords de Munich : « vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. » 

Aujourd’hui, à nouveau, l’Europe est face à un choix :
– Choisir entre la fermeté ou le compromis qui permet aux mollahs d’avoir l’arme atomique.
– Choisir entre la guerre ou le soutien au peuple iranien pour un changement démocratique.

Avec un bon choix, nous pouvons empêcher une tragédie et la guerre. Une fois de plus, je vous appelle tous à choisir le soutien au peuple iranien et à sa résistance. Le temps est venu pour la communauté internationale, de reconnaître la résistance du peuple iranien et de lui accorder  un siège d’observateur aux Nations Unies.

Je vous remercie.
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