vendredi, décembre 9, 2022

La résistance en Iran

Par Lord David Alton

The Gardian – L’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) n’est « pas concernée par le terrorisme », selon un tribunal du Royaume-Uni. Ainsi, nous devrions la retirer de la liste noire. De bonnes nouvelles sont arrivées au début du mois, quand le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une troisième résolution de sanctions contre le régime iranien sur ses activités d’armes nucléaires illégales. La résolution 1803, qui comprend une claire interdiction de voyage pour des responsables impliqués dans le programme nucléaire et de missile de Téhéran, donne aux dirigeants autocratiques trois mois pour respecter les requêtes du gendarme nucléaire de l’ONU pour suspendre l’enrichissement d’uranium et le retraitement ou faire face à de nouvelles sanctions.

La résolution appelle aussi à des inspections des cargaisons en provenance et à destination de l’Iran si des marchandises interdites sont soupçonnées et exhorte les Etats à « exercer une vigilance » sur de nouveaux engagements dans des soutiens financiers avec de l’argent public dans le commerce avec l’Iran, y compris l’octroi de crédits à l’exportation.

Mais alors même que la résolution était adoptée par 14 voix et une seule abstention – l’Indonésie – les autorités du régime ont juré, quelle que soit le nombre de résolutions adoptées à l’ONU, que la République islamique n’interromprait jamais ses activités d’enrichissement d’uranium.

L’attitude belligérante de Téhéran vient de la politique hésitante de l’occident à s’opposer à ses activités illégales. Malgré sa position tapageuse contre le régime à l’ONU, l’occident aide en fait ce régime sur un autre front. Particulièrement la Grande-Bretagne qui est le fer de lance d’un mouvement pour sévir contre le seul mouvement d’opposition efficace dans un effort de gagner des concessions de Téhéran.

En observant l’énigme de l’Iran en perspective, l’Iran est le quatrième plus grand producteur pétrolier du monde et possède les deuxièmes plus grandes réserves de gaz du monde. Donc des sanctions économiques à elles seules auront difficilement un effet sur un régime qui est devenu un paria international.

Le point faible du régime théocratique est son manque de soutien populaire. Selon le Conseil national de la Résistance iranienne, les étudiants et des femmes ont été responsables de la majeur partie des plus de 5.000 protestations hostiles au pouvoir menées en Iran seulement l’an dernier.

Si la communauté internationale soutenait le peuple iranien et son mouvement de résistance, cela forcerait sans aucun doute le régime à penser à deux fois avant d’accélérer de manière unilatérale ses projets nucléaires clandestins et son ingérence dans les affaires des Etats régionaux. Cela encouragerait aussi la population à sortir en plus grand nombre contre le régime qui devient de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Actuellement, les dirigeants de l’Iran mènent ces dernières années une répression des plus féroces contre les jeunes – particulièrement les femmes. Pour le seul mois de janvier, le régime a exécuté au moins 23 prisonniers, assassiné un étudiant opposant dans la ville de Sanandaj dans le nord-ouest, a exécuté un autre prisonnier blessé couché sur une civière dans la ville de Khoy dans le nord, a amputé cinq prisonniers dans la ville de Zahedan dans le sud-est et a condamné deux adolescents à être jetés du haut d’une falaise dans un sac à Chiraz dans le sud, une ville célèbre pour ses poètes, son jasmin et ses roseraies.

Il est intéressant de noter qu’au moment où nous devrions isoler un régime qui parraine le terrorisme chez lui et à l’étranger, le gouvernement britannique gêne les efforts de l’opposition iranienne pour amener un changement en Iran.

Depuis 2001, il a interdit le principal groupe d’opposition démocratique iranien, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI) sur l’ordre des dirigeants de Téhéran. En 2002, il a aussi encouragé l’UE à proscrire le groupe.

Quand en décembre 2006, le Tribunal de Première Instance de la Cour européenne a ordonné à l’UE de lever l’interdiction de l’OMPI, c’est le gouvernement du Royaume-Uni qui a fait pression sur le conseil des ministres de l’UE pour qu’il ignore la décision de justice et maintienne l’interdiction.

Pis encore, quand le 30 novembre 2007, la haute cour de la Commission d’Appel des Organisations Proscrites (POAC) du Royaume Uni a jugé de manière très claire que l’OMPI n’est « pas concernée par le terrorisme » et a ordonné au ministre de l’Intérieur de lever l’interdiction « incorrecte » et « perverse », le gouvernement a simplement ignoré le jugement pour satisfaire davantage un régime qui a exécuté plus de 120.000 membres de l’OMPI et qui continue d’employer plus de 174 formes de torture dans ses sinistres prisons.

Il est clair que tant que la Grande-Bretagne et l’UE continueront de réprimer la force qui travaille inlassablement à mettre fin au régime despotique des mollahs, ce régime se sentira suffisamment en sécurité pour ignorer avec arrogance les ultimatums, quel qu’en soit le nombre, du Conseil de sécurité.

La cour d’appel du Royaume-Uni se prononcera dans les semaines à venir pour savoir si le gouvernement sera autorisé à faire appel du jugement de la POAC. Sans la moindre preuve pour montrer que l’OMPI est une organisation terroriste, la chance de gagner du gouvernement semble extrêmement faible.

Whitehall devrait maintenant faire ce qu’il faut en levant l’interdiction touchant l’OMPI et en permettant au peuple iranien et à sa résistance de provoquer un changement démocratique en Iran. Une telle action, couplée avec des sanctions complètes contre le régime à l’ONU, serait une réponse appropriée et ouvrirait la voie à un changement fondamental en Iran.

 

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