mardi, novembre 29, 2022
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La pression économique est nécessaire sur Bagdad pour régler le cas d’Achraf, selon Gunther Verheugen

CNRI – « La pression économique est absolument nécessaire. Il est inacceptable qu’en tant que contribuables européens, nous continuions à payer pour ces gens à Bagdad tant qu’ils ne respectent pas les droits humains fondamentaux. Nous devons cesser les paiements à l’Irak immédiatement et leur dire que nous ne les reprendrons pas tant que cette affaire ne sera pas résolue de manière satisfaisante », a martelé Gunther Verheugen le 30 novembre à Bruxelles.

L’ancien vice-président allemand de la Commission européenne s’exprimait dans une conférence transatlantique en défense d’Achraf et contre l’ultimatum du 31 décembre fixé par Bagdad pour fermer ce camp, en déplacer ses 3400 habitants avant de les vouer à un massacre en Iran où il veut les déporter, où dans des coins perdus d’Irak. la conférence accueillait notamment Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, Howard Dean, président du parti démocrate américain (2005-2009), le général Hugh Shelton, chef de l’état-major des armées américaines (1997-2001), John Bruton, premier ministre irlandais (1994-1997)  et ambassadeur de l’UE aux Etats-Unis (2004-2009), Alejo Vidal-Quadras, Vice-président du Parlement européen, Rita Sussmuth, ancienne présidente du Bundestag, Patrick Kennedy, Congressman américain (1995-2011), Dirk Claes, sénateur belge et président du Comité belge parlementaire pour un Iran démocratique, et José Bové, eurodéputé français.

Voici les points forts de l’intervention de Gunther Verheugen :

Il y a deux mois, nous étions ici dans cette salle et nous avions abordé la même question. L’intérêt à Bruxelles avait été très limité. J’ai dit à l’establishment européen ce qui allait se produire au camp d’Achraf et que l’Europe devait prendre des mesures. J’ai eu très honte de l’indécision et du manque d’action.

Mais à présent, notre dossier est en train de prendre de la vitesse. Il est placé désormais en haut de l’ordre du jour, et j’apprécie grandement le fait que Catherine Ashton ait nommé un émissaire spécial, et que nous puissions rencontrer des ministres des Affaires étrangères avec lesquels nous discutons de cette question.

Il est tard mais il n’est pas trop tard. Il n’est jamais trop tard pour bien agir. L’action tardive de l’Union européenne exige une action qui doit être plus ferme qu’il y a quelques mois. Nous avons deux questions ici. La première est que nous devons employer tous les instruments d’intimidation que nous avons pour faire pression sur le gouvernement de Bagdad afin d’annuler le délai de fermeture d’Achraf. On ne peut accepter ce délai.

Ayant discuté longuement avec les gouvernements européens et autres institutions internationales, je dois délivrer ici une forte mise en garde. Les Européens sont unis pour dire à l’Irak qu’il faut annuler ce délai mais ils ne sont pas unis [dans l’action]. La question est de savoir ce qui va arriver après.

Ce que nous devons attendre et demander au Conseil des ministres demain est une déclaration très claire que l’Union Européenne n’acceptera en aucune circonstance la réinstallation des Achrafiens à l’intérieur de l’Irak. La rencontre de demain doit produire des résultats clairs, que le délai doit être levé, que la réinstallation en Irak n’est pas possible, et que l’Irak doit coopérer de manière constructive pour trouver une solution humanitaire durable pour les personnes là-bas.

Pour l’Union Européenne, il est temps de leur expliquer qu’il ne s’agit pas seulement de quelques paroles, diplomatiques, mais que cette fois-ci, c’est réellement sérieux et que l’Irak devra faire face à de très graves conséquences si son gouvernement ne s’y conforme pas.

La pression économique est absolument nécessaire. Il est inacceptable qu’en tant que contribuables européens, nous continuions à payer pour ces gens à Bagdad tant qu’ils ne respectent pas les droits humains fondamentaux. Nous devons cesser les paiements à l’Irak immédiatement et leur dire que nous ne les reprendrons pas tant que cette affaire ne sera pas résolue de manière satisfaisante.

Le second point est que nous avons besoin d’une solution à long terme. Nos amis mènent une rude bataille à Washington. Je leur suis reconnaissant et j’admire ce qu’ils font. Nous avons besoin de plus de courage là-bas qu’ici en Europe.

Mon dernier point est que le gouvernement de l’Irak a clairement montré qu’il ne peut être digne de confiance. C’est un message pour M. Gutterez que je vais rencontrer à Genève. C’est un message pour M. Kobler que je vais voir la semaine prochaine. Vous ne devriez pas vous faire d’illusions quant au fait que ce gouvernement est totalement sous l’influence du régime des mollahs et n’a pas de libre choix dans cette affaire, et ses promesses n’ont absolument aucune valeur. La seule chose qui puisse aider est une forte présence, y compris une présence militaire de l’ONU et un processus négocié pour résoudre les problèmes sous la surveillance et la protection internationales.

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