mercredi, février 8, 2023
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La lutte démocratique est un droit fondamental qui vaut aussi pour l’Iran

CNRI – « Le gouvernement espagnol, avec le soutien du parlement mais surtout avec détermination, doit appliquer des sanctions contre l’Iran et doit clairement exprimer au gouvernement iranien que l’Espagne veut uniquement un futur démocratique pour le peuple iranien et un avenir dans la paix », a souligné le député espagnol Jordi Xucla le 18 décembre à Madrid.

Le porte-parole pour les Affaires étrangères du Parti de la convergence et de l’union(CiU) à la Chambre des députés s’exprimait lors d’une conférence à la Casa de America sur la crise en Iran et ses solutions. Il était entouré de parlementaires espagnols, de personnalités internationales et de Mme Radjavi, la présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici les temps forts de son intervention :

Durant ces années en tant que député, il a toujours été clair à mes yeux que la cause la plus noble, la première cause à partir de laquelle toute autre motivation politique peut se développer est la défense et la conservation de l’exercice de la démocratie et le respect des droits de l’homme.

C’est pourquoi il s’est clairement agit pour moi d’une priorité de prendre part à l’organisation et de modestement collaborer à cette première visite ; c’est un honneur pour l’Espagne de recevoir la visite de la dirigeante de l’opposition iranienne en exil, Maryam Radjavi.

Je suis depuis de nombreuses années l’évolution et le combat de l’opposition iranienne en exil et je suis également le combat de Madame Radjavi depuis longtemps. Et je ne peux rien faire d’autre que d’exprimer mon admiration, mon estime pour le combat de l’opposition et spécialement le leadership de Madame Radjavi.

Hier, nous avons eu l’opportunité d’avoir une petite discussion à la Chambre des Députés et au Sénat au sujet de sa vie : la vie d’une personne qui ne peut pas être dans son pays, l’Iran, depuis 30 ans, une personne qui a vécu les horreurs de la répression, de la mort et du totalitarisme dans sa famille. C’est pourquoi je veux commencer en reconnaissant le leadership et l’humanité de la Présidente Radjavi.

Deuxièmement, j’aimerais vous dire qu’hier, à la Chambre des Députés durant la matinée et au Sénat dans l’après-midi, nous avons pu écouter, comme Madame Radjavi le dit, « dans la maison de la démocratie », les démarches de l’opposition iranienne en exil et nous avons pris note de l’importance de ce programme politique. C’est un programme fondé sur la démocratie, des élections libres, le respect absolu des droits de l’homme, l’égalité entre les hommes et les femmes, la suppression de la peine de mort, les principes fondamentaux des Nations Unies, qui pendant trop longtemps ont été considérés par certains régimes comme uniquement des valeurs occidentales, et ce n’est pas vrai. La lutte démocratique, la lutte pour vivre dans un cadre juridique est un droit fondamental qui vaut pour l’Occident, pour l’Iran, et qui évidemment vaut également pour la Corée du Nord comme la Corée du Sud. Ce qui montre que ces valeurs sont clairement universelles.

Je vois dans vous tous, dont certains avec qui je travaille depuis des années, je vois dans vos yeux, dans les yeux de Madame Radjavi le désir de démocratie.

Au début des années 1990, après la chute du communisme, lors de la Foire aux livres de Francfort, la grande référence de la lutte démocratique, Vaclav Havel, en compagnie d’André Glucksmann, ont lancé un petit livre, qui pourrait être l’évangile laïc de notre lutte commune pour la démocratie. Le titre de ce livre, que je vous recommande, est « Quitter le communisme pour entrer dans l’Histoire », et concernant l’Iran, la cause commune est de quitter le totalitarisme pour entrer dans l’Histoire, afin que vous puissiez vivre en paix et dans un cadre où vous pouvez développer un droit fondamental : le droit de vivre dans des conditions humaines pour pouvoir se développer comme individu et comme société.

Troisièmement, j’aimerais rappeler que c’est la première fois que nous nous rencontrons après une cause très importante que vous avez remportée : la sortie de la liste noire comme groupe terroriste de votre mouvement, un traitement injuste. Et Madame Radjavi a très généreusement dit qu’elle avait été accompagnée durant cette lutte juridique par la communauté internationale et par des amis à travers le monde, mais vous avez également vécu la stigmatisation et la solitude, et vous avez résisté.

Quatrièmement, j’aimerais également indiquer que votre programme politique est clairement opposé au programme nucléaire en Iran qui est un délire. Le délire d’un régime totalitaire agonisant, un délire qui ne peut apporter que l’instabilité, la confrontation et les menaces à la paix et à la sécurité mondiale. Je veux également manifester notre soutien, qui, je pense, pourrait être un consensus avec le groupe des droits de l’homme de la Chambre des Députés espagnole et aussi du Sénat, un consensus en faveur de vos revendications légitimes concernant la nécessité de renvoyer le dossier des camps d’Achraf et Liberty devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Camps où depuis de nombreuses années les droits de l’homme sont violés.

Et je veux faire appel à la politique étrangère espagnole, qui doit être une politique étrangère courageuse, qui ne peut pas avoir de doutes sur une situation de répression injuste. Le gouvernement espagnol, avec le soutien du parlement mais surtout avec détermination, doit appliquer des sanctions contre l’Iran et doit clairement exprimer au gouvernement iranien que l’Espagne veut uniquement un futur démocratique pour le peuple iranien et un avenir dans la paix.
J’espère que tout cela sera possible dans un futur proche.

Certains diront que ce sont là des espoirs d’exil, des espoirs depuis Paris, depuis Madrid. J’ai également assisté aux grandes manifestations à Paris en faveur de ce mouvement, et j’ai vu que derrière Madame Radjavi, une immense foule, mais pas seulement en exil, je suis sûr qu’il y en a également en Iran. Une énorme quantité de personnes qui, malgré la répression, veulent vivre en démocratie et conformément aux droits de l’homme.

Nous ne sommes pas aussi naïfs, ce jour viendra comme le jour est venu le 9 novembre 1989 lorsqu’à 23h46, le premier checkpoint a été ouvert à Berlin, ce qui signifiait le commencement de la chute du Mur de Berlin et l’arrivée de la démocratie dans ces pays qui avaient quitté le communisme pour retourner vers la démocratie. Havel dit également que les personnes qui vivent en liberté voient beaucoup d’étoiles lorsqu’elles se promènent à la campagne, mais les personnes qui ont vécu la répression avec le totalitarisme, la répression « à l’intérieur d’un puits », ne pouvaient voir que quelques étoiles par l’entrée du puits. Et lorsque nous avons vu ces quelques étoiles, nous avons appris à aimer et à souhaiter la démocratie. Je suis persuadé que vous tous avez appris, à travers cette répression, à aimer la cause de la démocratie et de la liberté.

Je suis persuadé que très bientôt nous pourrons dire non seulement ce que je pense et que j’exprimerai et indiquerai dans le compte-rendu : non seulement vous êtes le gouvernement en exil, mais je suis également persuadé que très bientôt, nous pourrons nous rendre à Téhéran et nous serons accueillis dans un parlement démocratique lors d’une matinée claire et ensoleillée, et nous pourrons dire « Bonjour Monsieur le Président ou Madame la Présidente » dans un pays démocratique.