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La dictature religieuse a perdu l’essentiel : sa caution religieuse

Archive, Téhéran 9 juillet 2009Opposition. “Nous assistons à l’agonie d’un système”

Valeurs actuelles, 11 février – Tenue par les Etats-Unis pour un groupe terroriste, l’Organisation des moudjahidine du peuple iranien (OMPI) est en pointe dans la contestation. Membre de ce parti et porte-parole du Conseil na­tional de la résistance iranienne (en exil), Af­chine Alavi explique la vraie nature de cette “révolution verte” et le rôle exact de son mouvement.

En quoi cette contestation est-elle différente des précédentes ? Cette révolte est doublée d’une fracture profonde au sommet du régime, ce qui amplifie sa portée, exemplaire dans la durée – déjà huit mois – malgré l’ampleur de la répression. La révolte initiale contre les fraudes électorales s’est transformée en un rejet total du système. Nous assistons à l’agonie d’un régime qui a épuisé ses ressources, et qui se retrouve dans une impasse fa­tale.

Les principales faiblesses de cette “révolution verte” ? Les candidats malheureux aux élections sont eux-mêmes issus de cette organisation et n’ont pas renié sa Constitution. Ils ne peuvent être les dirigeants d’une révolution contre un régime qui les a nourris.

Et ses points forts ? L’indépendance de ce mouvement à l’égard des factions du régime. Il englobe la classe moyenne citadine, moteur des bouleversements majeurs en Iran. Il est de plus en plus organisé et bénéficie de l’Organisation des moudjahidine du peuple iranien. La solidarité s’est installée comme pendant la révolution contre le chah. Les représailles n’impressionnent plus.
Les atouts de la République islamique ? Son appareil de répression et la passivité complice d’un Occident qui n’a pas saisi l’ampleur du changement en marche. Maintenir des relations et négocier sur le nuclé­aire alors que l’on tire sur la foule et que l’on pend des manifestants est impardonnable.

Comment réagit le régime ? La dictature religieuse a perdu l’essentiel : sa caution religieuse. Pas seulement dans la rue, qui souhaite sa chute, mais aussi auprès du clergé, où plus aucun membre éminent ne la sou­tient. Le guide est contesté jusque dans son sérail, incapable de se ré­concilier avec ses rivaux. La voie de la réforme est bouchée, celle de la révolution est inéluctable. Les défections au sein des forces de répression en sont des signes avant-coureurs.

Comment êtes-vous organisés ? Le Conseil national de la résistance offre une alternative, avec son parlement en exil et sa présidente élue pour la période de transition, Maryam Rajavi. Les revendications de la rue sont celles pour lesquelles nous luttons depuis si longtemps : le renversement de la dictature religieuse et l’instauration d’une république pluraliste, démocratique et laïque.

Propos recueillis par Frédéric Pons

 

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