samedi, décembre 3, 2022
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La démocratie irakienne à l’essai

Par Lord Corbett

The Independent, 17 août – Le meurtre de 50 opposants iraniens pro-démocratiques sans défense, récemment, par les troupes irakiennes doit venir s’ajouter à la douleur des épouses et époux, enfants, frères, sœurs et grands parents de ceux qui ont donné leur vie pour aider les Irakiens à trouver le chemin de la démocratie après Saddam Hussein.

Non seulement parce que sept militaires britanniques, américains ou de la Coalition sur dix sont tués par des bombes de bord de route de fabrication iranienne et fournies par l’Iran, mais aussi parce qu’elles sont posées par des hommes entraînés et payés par les mollahs de Téhéran qui s’ingèrent dans les affaires irakiennes.

Le gouvernement irakien, mis en place par l’Iran, a lancé deux attaques meurtrières à deux reprises contre le camp d’Achraf, au nord-est de Bagdad, où vivent 3400 opposants iraniens depuis 25 ans. Les personnes tuées l’ont été par balle et à bout portant, tandis que 1000 femmes et hommes musulmans ont été blessés – auxquels on a refusé par la suite l’accès aux soins médicaux dont ils avaient besoin, de même qu’on a retardé l’enterrement de leurs morts après l’attaque d’avril.

Pas étonnant que les engagements de l’Irak d’assurer la sécurité et la sûreté des résidents d’Achraf fassent l’objet de retentissantes railleries. L’Irak ne peut pas massacrer et blesser les résidents d’Achraf quand bon lui semble et encore prétendre être à la hauteur de ses obligations en vertu du droit humanitaire international.

Comment cela est-il arrivé ? Parce qu’il y a deux ans, les États-Unis ont cru aux promesses irakiennes de veiller sur les résidents – et sont alors partis. Les États-Unis ont regardé ailleurs, alors qu’ils avaient eux-mêmes la preuve que l’Irak, aux ordres de l’Iran, était décidé à déplacer le camp d’Achraf d’ici la fin de l’année « à n’importe quel prix » selon les termes du porte-parole du gouvernement.

Et cela, bien que les États-Unis ont toujours 47 000 militaires en Irak et que dans le droit international, le statut de « personne protégée » qu’ils ont donné aux résidents est toujours applicable, jusqu’à ce que le statut définitif des opposants soit réglé.

Les troupes néerlandaises sont parties en 1995 lorsque, en tant que troupes de maintien de la paix de l’ONU, elles ont regardé ailleurs pendant que les troupes serbes massacraient des civils musulmans à Srebrenica. Une cour néerlandaise, plus tôt cette année, a ordonné au gouvernement néerlandais de payer des compensations aux familles des victimes que ses troupes ont manqué de protéger.

Les résidents d’Achraf ne veulent pas de compensation pour leur massacre imminent. Ils veulent que les États-Unis, avec l’autorité de l’ONU, surveillent les événements au camp d’Achraf afin d’empêcher le massacre que l’Irak planifie en ce moment pour la fin de cette année.

Cela va arriver. Il ne s’agit pas de savoir si cela va être ou pas, mais juste quand.

Les États-Unis et le Royaume-Uni vont-ils regarder ailleurs plutôt que d’amener l’Irak devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, non seulement pour sauver les opposants menacés mais également pour aider à soutenir la démocratie fragile pour laquelle ils ont demandé à leurs militaires de risquer et de donner leur vie ?

Lord Corbett of Castle Vale est Président du Comité parlementaire britannique pour un Iran libre.

http://blogs.independent.co.uk/2011/08/17/iraqs-democracy-on-trial/

 

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