lundi, novembre 28, 2022
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Le « Butler » de Téhéran en Irak

Par DAVID AMESS 
 
UPI, le 16 août – C’est pour le moins inimaginable, les récents propos faits par l’ambassadeur Lawrence E. Butler, un haut responsable du Département d’Etat américain, concernant le statut de 3 400 membres d’un groupe d’opposition iranien ayant trouvé refuge en Irak, lui ont valu d’être étiqueté, de façon moqueuse, comme le « Butler de Téhéran » [le valet de Téhéran]. 

L’outrage s’est rapidement répandu dans les cercles politiques, au sein desquels beaucoup ont été, à juste titre, horrifiés et déconcertés, en réalité, que Butler, chargé de garantir que 3 400 membres des Moudjahidine du peuple soient protégés d’un gouvernement irakien loyal envers Téhéran, ait profité de l’occasion, alors qu’il s’adressait au New York Times, pour faire des commentaires désobligeants au sujet du groupe.
 
Non seulement les commentaires de Butler font directement le jeu du régime iranien et, dégoisent, en fait, la désinformation que les dirigeants de Téhéran tentent d’atteindre en dépensant des millions, mais cela réitère malheureusement aussi, la conviction de beaucoup selon laquelle le Président américain Barack Obama n’a toujours aucune idée de la façon de garantir que l’Irak avance vers une démocratie totale.
 
Le résultat de ce qu’on appelle la saga de l’OMPI en Irak nous en dira beaucoup quant à savoir si un Irak futur est englouti par les sables mouvants de Téhéran, tombant entre les mains d’un régime iranien résolu à mettre en place un Etat satellite ou quant à un Irak progressant à la fois en termes de démocratie et de développement économique qui s’est mis à dos ses dirigeants corrompus actuels.
 
Basé au camp d’Achraf, au nord de Bagdad, l’OMPI est le principal groupe d’opposition organisé d’Iran. Sous l’injonction de l’Iran, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a ordonné en avril une attaque armée à l’encontre du camp faisant 36 morts parmi les résidents et des centaines de blessés.
 
Pour rassurer davantage les mollahs iraniens, M. Maliki a ordonné que le camp soit fermé et que les résidents soient transférés, ailleurs en Irak, dans un camp de prisonniers sous son contrôle total.
 
Pour les résidents, aller là-bas serait du suicide. Butler a soutenu le plan.
 
Pour justifier cette catastrophe humanitaire qui se prépare, Butler a évoqué des attaques contre du personnel américain qui auraient été effectuées par l’OMPI dans les années 1970, exactement la désinformation et les mensonges embrassés par le régime iranien afin de salir l’image de l’OMPI.
 
Son attaque ouverte à l’encontre des courageux démocrates iraniens est intervenue, alors même que des commandants militaires américains en Irak avaient révélé des éléments de preuve de l’implication directe de Téhéran dans la mort récente d’un grand nombre de soldats américains. Les milices soutenues par l’Iran ont été à l’origine de la mort de 12 soldats américains alors que des explosifs et des mortiers autopropulsés fournis par Téhéran ont causé la mort de 14 Américains.
 
Butler a toutefois semblé plus intéressé par le fait de régurgiter une désinformation concernant l’OMPI que par comprendre la prise de pouvoir iranienne dans son pays voisin, l’Irak, ce qui conduit, chaque mois, à de nombreuses victimes américaines.
 
Malheureusement, cela semble être la réalité ignorante de la politique étrangère du président Obama, fermant les yeux sur la réalité en Irak, saluant la mission comme étant un succès et utilisant le plan de retrait des bataillons de combat américains comme un outil de propagande. Si le président Obama et la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton ne comprennent pas les réalités de l’Irak, ce qu’ils laisseront derrière eux en Irak pourrait être bien pire que ce qui a été trouvé, à l’arrivée des Etats-Unis en 2003.
 
Désormais, dans une étrange tournure des événements, le statut des 3 400 membres de l’OMPI va nous permettre de tester la moralité sur laquelle le Président Obama a basé sa campagne présidentielle.
 
Les membres de l’OMPI résident au camp d’Achraf, en Irak, depuis plus de 20 ans. Après avoir fourni aux résidents des garanties personnelles de protection contre les menaces posées par le régime iranien, les autorités américaines ont transmis le contrôle du camp d’Achraf à un gouvernement irakien dont la loyauté envers le régime iranien ne faisait aucun doute. Au cours des deux années qui ont suivi, près de 50 résidents ont été tués et plus de 1 000 blessés, après avoir été attaqués par les forces irakiennes, lors de deux assauts militaires distincts contre leur lieu de résidence.
 
A présent, l’homme chargé d’empêcher que davantage de résidents ne soient massacrés par un gouvernement irakien qui a juré de fermer le camp d’ici la fin 2011, par tous les moyens, s’est exprimé en faveur d’une proposition visant à déplacer les résidents vers un nouveau lieu de résidence à l’intérieur de l’Irak, sous le contrôle total de Maliki.
 
Une fois encore, de hauts parlementaires américains et européens se sont dit choqués que Butler favorise un plan soutenu par le régime iranien. Cette proposition n’a guère aidé à défaire l’image du Butler de Téhéran ou la nature ignorante de la direction d’Obama en Irak.
 
Il est grand temps que le Président Obama et la Secrétaire d’État Hillary Clinton prennent note des responsabilités des États-Unis concernant le camp d’Achraf tout en ouvrant les yeux afin de comprendre les réalités de l’Irak.
 
Les Etats-Unis ont une responsabilité juridique, morale et humanitaire évidente de protection envers les résidents du camp Achraf. Cela peut être aisément réalisé de part une intervention directe aidant à faciliter la prise de contrôle par les Nations Unies de la sûreté et de la sécurité du camp.
 
Une fois cela réalisé et une fois les résidents à l’abri d’une nouvelle attaque par un régime irakien loyal à Téhéran, un plan du Parlement européen consistant à transférer volontairement les résidents vers des Etats tiers où leur sécurité peut être garantie à long terme, pourra se réaliser.
 
L’ambassadeur Butler et le Président Obama doivent voir cela comme la seule solution à la saga de l’OMPI ainsi que pour se défaire de ce qui est une image embarrassante.
 
David Amess, député conservateur du Parlement britannique, est un membre éminent du comité parlementaire britannique pour la Liberté en Iran.

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