mardi, décembre 6, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran ProtestationsLa crise en Iran demande une réponse ferme

La crise en Iran demande une réponse ferme

Ali SafaviPar Ali Safavi

The Huffington Post, 12 mai – Dans les années 1930, Adolf Hitler a vomi son «amour pour la paix » dans une série de discours alors que les nazis cachaient magistralement leurs véritables ambitions de faire la guerre. En public, Hitler est devenu tout sauf un activiste pour la paix, et en privé, le dictateur allemand a dépensé plus pour le programme de réarmement de l'Allemagne que pour les indemnités de chômage. Si nous avions été à Londres ou à Paris dans les années 1930, en sachant quelles forces du mal Hitler allait lâcher sur le monde, qu’aurions nous fait de différent ?

Revenons 80 ans plus tard. Le 3 mai, le président du seul gouvernement bafouant ses obligations nucléaires, s’adressait à une conférence internationale consacrée au renforcement du respect de ces mêmes obligations.

Dans son discours de 35 minutes, le président sulfureux du régime iranien a défié la logique et repoussé toutes les limites de la tromperie. Mahmoud Ahmadinejad a appelé les Etats-Unis à adhérer à un mouvement « humain » pour abolir toutes les armes nucléaires, qu'il a qualifiées de «dégoûtantes et honteuses ». Il a également cherché à mettre à l'aise sur la nature de son programme nucléaire en prétendant qu'il n'y avait pas « une seule preuve crédible » que Téhéran possède un programme d'armes illicites.

La conférence quinquennale d'examen du Traité de non-prolifération à l'ONU discutera des moyens d’arrêter la propagation des armes nucléaires. Les 189 pays membres du traité discutent de nouvelles stratégies, comme par exemple de la façon dont l’AIEA devrait être renforcée. Mais le régime iranien a constamment et ouvertement cherché à défier, donc à affaiblir, l'AIEA et à saper le TNP dans son ensemble. Ainsi, donner une tribune à Ahmadinejad n'est pas seulement ironique, mais désastreux pour les objectifs de la conférence.

Cependant, le régime iranien n'est pas étranger au paradoxe. La théocratie misogyne vient juste d’être acceptée comme membre de la commission onusienne sur la condition de la femme. On se demande comment l'ONU, qui se consacre à « l'égalité des sexes et à la promotion de la femme » dans le monde, pourra tirer profit d'un régime qui, entre autres, lapide les femmes et viole systématiquement les militantes politiques dans les prisons.

Cette évolution paradoxale, toutefois, ne résulte pas de la ruse du régime ou de sa maîtrise en matière de manipulation diplomatique. C’est plutôt le pur sous-produit de la politique inefficace de l'Occident envers une théocratie malveillante, où au lieu de punir fermement le régime pour ses violations flagrantes des lois et traités internationaux, on lui offre de nouvelles concessions et récompenses dans une tentative imprudente de le convaincre de changer de comportement.

Avant la visite d'Ahmadinejad à New York, la secrétaire d'État Hillary Clinton avait exprimé l'espoir que de nouvelles sanctions viseraient à «changer le calcul» du régime sur la sagesse de ses actes actuels. Le problème, toutefois, c’est que le régime perçoit l’arme nucléaire comme la seule garantie de sa survie face aux troubles internes.

Plus tard à l'ONU, Mme Clinton a expliqué que « maintes et maintes fois, je pense que nous avons démontré notre engagement envers le processus à double voies, la voie du dialogue et de la progression ensemble, et puis la voie de la pression ».

Le défi c’est que la voie de la pression est insuffisante et que le dialogue est problématique. La voie du dialogue a simplement laissé assez d'espace au régime pour manœuvrer et gagner du temps dans sa quête d'une arme nucléaire. La seule façon de faire face aux menaces de Téhéran est de lui opposer de la fermeté.

Le Secrétaire général de l’ONU et le patron de l'AIEA ont mis en évidence le non-respect des obligations du TNP par l’Iran. Un consensus international et l'impatience croissante sur la question ont même poussé la Chine et la Russie à réchauffer une nouvelle série de sanctions.

Dans ce contexte, le temps est essentiel. Bien que Téhéran puisse bloquer le consensus à la conférence pour une déclaration officielle, les États-Unis devraient mener des tentatives pour faire adopter une déclaration à une majorité officieuse isolant Téhéran et ouvrant la voie à des sanctions sévères au Conseil de sécurité le mois prochain.

En outre, en vertu d'un chorus international croissant contre le programme nucléaire de Téhéran, les efforts visant à diluer la nouvelle série de sanctions devraient être véritablement repoussés. Des sanctions globales contre le régime devraient comprendre des mesures contre le Corps des gardiens de la révolution (organe de répression et d’exportation du terrorisme), et un embargo en gaz et en pétrole. Comme un membre de la Chambre des Représentants l’a remarqué récemment : « Il n'y a aucune excuse pour faire des affaires avec un régime tyrannique. »

Mais, en définitive, les sanctions ne devraient pas être une fin en soi. A moins que Washington ne cherche des options pour renforcer l'opposition démocratique iranienne, le régime ne sera qu’encouragé. Le président Obama devrait jeter son dévolu sur une politique iranienne stratégique en supprimant les obstacles sur la voie de groupes d'opposition démocratiques de l’Iran.

C’est d’autant plus urgent que l'Iran fait face à un soulèvement social des plus graves en trois décennies, tandis que les difficultés économiques de larges secteurs de la population s’accroissent. Ainsi, des facteurs domestiques, et non pas internationaux, pourraient finalement forcer le régime à changer ses calculs.

La dirigeante de l'opposition iranienne la plus en vue, Mme Maryam Radjavi, a appelé l'Occident à soutenir un changement démocratique en Iran par le peuple iranien et sa résistance organisée. C'est la seule garantie stratégique pour protéger le monde de davantage de bellicisme et de terrorisme de la part du régime iranien. Après une course aux armes nucléaires, les générations futures ne méritent pas de se poser la question : «Si nous avions été à Washington en 2010, qu'aurions-nous fait de différent vis-à-vis du régime iranien ? »

Ali Safavi est membre du Parlement iranien en exil et président de Near East Policy Research

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe