De Daniel Dombey à Bruxelles, Najmeh Bozorgmehr à Téhéran et Andrew Bounds à
Strasbourg
Financial Times, 12 décembre Mardi, la position de lUnion européenne sur les groupes extrémistes étrangers a été ébranlée par la plus haute cour de lUE qui a annulé sa décision de geler les comptes dune organisation iranienne.
La Cour de première instance basée à Luxembourg a déclaré que la décision des gouvernements de lUE en 2002 de bloquer les comptes des Moudjahidine-e Khalq, ou Moudjahidine du Peuple dIran, nétait pas valide parce que lUE avait manqué de fournir des justificatifs suffisants et de permettre à la
cible de cette décision dy répondre.
En réponse, Jean-Claude Piris, un des hauts avocats de lUE, a déclaré que le bloc de nations allait ajuster sa procédure pour mettre en uvre la décision de la cour dans la mesure du possible. Cette initiative pourrait être suivie dautres actions similaires plus pénibles dans le futur.
A Téhéran, il ny a eu aucune réaction de la part du gouvernement face au verdict. Toutefois, un haut conseiller en justice, Mohammad-Javad Montazeri, aurait déclaré que les Moudjahidine-e Khalq étaient « les marionnettes des puissances arrogantes et de lAmérique », bien que le groupe figure que la
liste américaine des organisations terroristes proscrites.
La cour a pris en compte la déclaration du groupe selon laquelle il avait renoncé à toutes actions militaires depuis juin 2001. Cependant, il est à lorigine de lassassinat de plusieurs hauts responsables iraniens dans les premières années qui ont suivi la révolution de 1979. Il soutenait également le gouvernement irakien de Saddam Hussein pendant la guerre sanglante qui a opposé les deux pays voisins.
Maryam Radjavi, un des leaders du groupe, qui était à Strasbourg pour rencontrer les membres du Parlement européen, a qualifié la décision de la cour de « victoire capitale » pour la justice face au « fascisme religieux ».
Mme Radjavi, qui a reporté son voyage en juillet parce que Téhéran avait averti quils rompraient les pourparlers nucléaires avec lUE si elle venait, a accusé lEurope dadopter un comportement « ndulgent et suffisant » vis-à-vis du régime.

