dimanche, janvier 29, 2023
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« Une sorte de complicité avec le régime iranien contre le peuple iranien » – Mohammad Mohadessine

 CNRI – « A l’heure où le peuple iranien se soulève contre le régime, et à l’heure où le régime de Téhéran veut de toutes ses forces exterminer Achraf qui est la source d’inspiration de ce soulèvement populaire, fabriquer des dossiers judiciaires contre la résistance, et je souligner « fabriquer » une instruction, comme nos amis juristes l’ont expliqué, maintenir des mises en examen, cela signifie prendre en otage la résistance » a déclaré Mohammad Mohadessine dans une conférence le 17 juin au siège de la Ligue des droits de l’Homme.

« Le 17 juin 2003, une rafle de la police française est lancée contre le Conseil national de la Résistance iranienne et débouche sur la garde à vue puis la mise en examens de ses dirigeants et le blocage de ses avoirs. Il a été dénoncé plus tard que l’attaque contre ces opposants avait été décidée lors du voyage à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. Depuis sept ans, tout a été fait pour éviter le non lieu-général qui s’impose. Aucune complaisance ne peut être de mise aujourd’hui vis-à-vis du régime de Téhéran. Le temps est venu pour la justice française de démontrer son indépendance en clôturant ce dossier enlisé ». Tel est le thème de la conférence de presse qui s’est tenue le 17 juin 2010 à la Ligue des droits de l’homme. Sous la houlette de Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, étaient réunis Me Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, Me Mario Stasi, ancien bâtonnier de Paris, Me Joseph Cohen-Sabban, Jean-Michel Belorgey, ancien président de l’intergroupe parlementaire de la LDH, François Colcombet, ancien juge-conseil à la cour de cassation, et Mohammad Mohaddessine, président de la commission des Affaires étrangères du CNRI.

Voici des extraits de l’intervention de Mohammad Mohadessine :

Je dois d’abord remercier la Ligue des droits de l’homme. Le jour où j’ai été libéré de prison en juin 2003, c’est le premier endroit où je suis venu une fois sorti de ma détention après les événements du 17 juin 2003. C’est là que nous avons bien compris que la France n’était pas celle de l’approche et de l’attitude que nous avait réservé le juge Bruguière, mais qu’il y avait aussi la France de la Ligue des droits de l’homme. Je remercie au nom de la Résistance iranienne, Me Leclerc, les autres avocats et les autres intervenants qui pendant ces sept années ne nous ont pas laissés seuls et ont été à nos côtés face à cette injustice.

Comme l’a rappelé le président Dubois, les trois personnalités qui symbolisent sur ce tableau la LDH (le capitaine Dreyfus, Emile Zola et Victor Basch), nous donnent l’espoir que la France du progrès, la France libre, la France des libertés fondamentales, ne va pas laisser le peuple iranien face à ses souffrances. Parce que cette instruction du 17 juin 2003 n’est pas une question personnelle, ou une question spécifique à nous en tant que particuliers. Nous avons consacré notre vie à la résistance et à la libération de notre pays. Ce dossier ne constitue pas seulement pour nous une entrave, ne porte pas seulement préjudice à notre vie, mais, comme M. Bélorgey a intitulé son article, c’est une instruction qui a pris en otage tout un mouvement de résistance. C’est un d’opposition en otage à travers cette instruction.

Vous connaissez tous la situation qui prévaut en Iran actuellement. Il y a un peuple qui s’est soulevé, chaque jour il y a des arrestations, des personnes sont aussi condamnées à mort pour être sympathisants des Moudjahidine du peuple d’Iran, elles sont condamnées à mort accusés d’être en guerre contre Dieu, sous l’appellation de Mohareb, qui veut dire en guerre contre Dieu.

C’est donc en plein soulèvement populaire en Iran que nous, mouvement d’opposition, de résistance, sommes impliqués dans un dossier taxé de terrorisme, ce qui va gaspiller toute notre énergie, nos capacités, notre potentiel, dans une affaire judicaire en France, alors que cette énergie devrait être consacrée à notre peuple et à notre résistance à l’intérieur du pays. C’est cela que je voulais souligner.

A l’heure où le peuple iranien se soulève contre le régime, et à l’heure où le régime de Téhéran veut de toutes ses forces exterminer Achraf qui est la source d’inspiration de ce soulèvement populaire, fabriquer des dossiers judiciaires contre la résistance, et je souligner « fabriquer » une instruction, comme nos amis juristes l’ont expliqué, maintenir des mises en examen, cela signifie prendre en otage la résistance. Ces dernières années, une grande part de l’énergie, des fonds, de moyens d’action, de renseignement de cette résistance, ont été consacrés à ce dossier d’injustice. Maintenir ce dossier dans les circonstances actuelles, c’est une sorte de complicité avec le régime iranien contre le peuple iranien.

Nous attendons de manière légitime que les pays occidentaux, et particulièrement la France, qui est le berceau des droits de l’homme, observent une position de neutralité dans cette confrontation entre le peuple iranien et les mollahs au pouvoir. Si la France ne se place pas aux côtés du peuple iranien et de sa résistance, qu’elle observe au moins une position de neutralité entre l’opposition et le régime. Sinon maintenir ce dossier ouvert signifie une sorte de complicité, une sorte d’intervention active dans le conflit entre les Iraniens et le régime au pouvoir.

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