samedi, décembre 10, 2022
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« Souffrir pour partir »

Par James Morrisson

The Washinton Times, 19 juillet, rubrique « Embassy row » – Un ancien fonctionnaire de l’ONU qui accuse son ex-patron de couvrir les violations des droits humains contre des opposants iraniens en Irak cherche de l’aide à Washington pour ces exilés, tandis que Bagdad fait pressions sur eux pour qu’ils repartent en Iran où ils seraient confrontés à une exécution pour trahison.

La mission de l’ONU en Irak coopère avec Bagdad pour rendre la vie si misérable aux Iraniens dans un camp de réinstallation surpeuplé qu’ils partiront volontairement dans leur pays, dit Tahar Boumedra, haut fonctionnaire des droits de l’homme de l’ONU en Irak de 2009 à 2011, quand il a démissionné en guise de protestation.

« Le véritable objectif est de démanteler l’Ompi », a-t-il dit à propos des plus de 3.100 membres des Moudjahidine du peuple, autrefois aile armée du Conseil national de la Résistance iranienne basé à Paris.

«Le but ultime est de pousser les gens à rentrer au pays », a-t-il déclaré Embassy Row jeudi (18 juillet).

M. Boumedra a dit que les autorités de l’ONU étaient au courant d’un plan visant à arrêter les dirigeants de l’OMPI et à expulser les autres. Il a été discuté lors de réunions auxquelles il a participé avec d’autres responsables de l’ONU, des représentants du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et l’ambassadeur d’Iran en Irak. L’Iran a fait pression sur M. al-Maliki pour expulser les opposants, qui sont une cible du régime iranien depuis plus de trente ans.

M. Boumedra a accusé le gouvernement irakien de maintenir délibérément le camp Liberty à Bagdad dans de mauvaises conditions.

« Les Irakiens diraient : « ils doivent souffrir pour partir » », a-t-il confié.

M. Boumedra a rencontré cette semaine des membres éminents du Congrès, y compris Ileana Ros-Lehtinen, républicaine de Floride et présidente de la sous-commission des relations étrangères sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chambre.

Il a dit que Mme Ros-Lehtinen partage ses inquiétudes sur le sort des opposants, qui ont rendu leurs armes aux forces américaines qui ont renversé le dictateur Saddam Hussein en 2003.

M. Boumedra accuse Martin Kobler, un diplomate allemand qui a dirigé le bureau de l’ONU en Irak à partir de 2011, d’avoir retardé le processus d’approbation du statut de réfugié des Nations Unies pour les opposants.

Avec le statut de réfugié des Nations Unies, il serait plus facile pour les autres pays de les accepter.

M. Kobler, qui est muté à un autre poste de l’ONU à la fin du mois, a accusé cette semaine les dirigeants des opposants de décourager ces derniers à s’inscrire auprès de responsables de l’ONU et de se soumettre à des entretiens pour déterminer s’ils sont conformes aux directives de réfugiés.

M. Boumedra a noté que plus de 1.600 sont déjà passés par le processus, mais que les autres ont cessé de rencontrer les représentants de l’ONU après que les troupes irakiennes aient attaqué le camp cette année. Le bureau de l’ONU n’a pas réussi à compléter un examen final appelé «arbitrage», a-t-il dit.

«Ils sont enregistrés. Ils ont été interrogés, mais Kobler a refusé de compléter le processus », a déclaré M. Boumedra.

Jared Kotler, un porte-parole du Bureau des affaires politiques de l’ONU, a rejeté les accusations de M. Boumedra comme de la «désinformation».

L’ONU a appelé cette semaine Bagdad à protéger les opposants, a exhorté les Iraniens à coopérer dans le processus de réfugiés et a appelé les autres pays à les accepter.

« Il n’y aura pas de solution durable et pacifique pour les habitants sans possibilité de réinstallation hors d’Irak », a déclaré Martin Nesirky, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Quand il est arrivé à Bagdad en 2009, M. Boumedra a découvert un monde cloîtré de diplomates étrangers dans un quartier hautement sécurisé de la capitale connu sous le nom de zone verte. Ils ne quittent jamais l’enclave de 6 km² sans un garde armé.

Il a également trouvé un puits, que les diplomates appellent le « bar clandestin », où les rumeurs coulent aussi vite que les boissons.

M. Boumedra, qui était le contact de l’ONU avec les opposants iraniens, a rappelé que les diplomates colportaient des rumeurs sur le «groupe terroriste dangereux ».

« Mais au fil des mois, des années, 24/24h, 7/7j, par e-mails, par des visites [dans le camp des opposants], j’ai fini par ouvrir les yeux », a-t-il dit. «Les opposants ne m’ont jamais menti. Les Irakiens ont constamment fait de fausses allégations contre eux. »

Il a rappelé une visite dans un hôpital en dehors de la zone verte, où il a rencontré des opposants qui ont repoussé des gardes irakiens pour venir se plaindre à lui de la mauvaise qualité des services médicaux.

Mais quand il est revenu au « Bar clandestin », sa visite à l’hôpital s’est transformée en une histoire où on avait essayé de l’enlever.

 

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