mardi, novembre 29, 2022
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« Le monde doit connaître les horreurs qui se passent en Iran »

« Le monde doit être connaître des horreurs qui se passent en Iran »Un réfugié installé en ville a été suspendu au plafond puis frappé aux pieds avec un gros câble en punition pour avoir contrarié les mollahs

Evening Telegraph (Royaume-Uni) – Tandis que l’Irak fait la une des journaux avec sa guerre et ses bains de sang, on pourrait vous pardonner de penser que tout est paisible dans son pays voisin et ancien ennemi, l’Iran. Ce n’est pourtant pas le cas, comme le sait pertinemment le réfugié iranien, Amin Namdari, qui veut désormais tout dire au monde à ce sujet et rendre la vie meilleure là-bas. Reportage de Simon Burch.

En Grande-Bretagne, nous avons plus l’habitude d’entendre parler de l’Irak que de son voisin, l’Iran, mais Amin Namdari souhaite que celui-ci soit plus dans l’actualité.

Mais ce n’est pas parce que ce pays montagneux, au cœur de la région agitée du Moyen-Orient et coincé entre l’Irak et l’Afghanistan, fait gonfler son cœur de fierté devant sa beauté et ses accomplissements.

Au contraire, son attitude dans le domaine des droits humains est atroce, ses dirigeants musulmans intégristes (ou mollahs) servent une justice appartenant aux côtés les plus sombres de l’Islam, les coups de fouet, les amputations et les lapidations faisant partie intégrante du quotidien au 21ème siècle en Iran.

C’est aussi un régime théocratique dictatorial qui va jusqu’à torturer atrocement des milliers de gens pour rester au pouvoir. En bref, selon Amin (28 ans), un changement de régime est plus que nécessaire et pour cela, le monde doit être au courant de ce qui se passe là-bas et les gouvernements doivent réagir pour que cela cesse.

Amin en sait beaucoup plus qu’il ne devrait sur les violations des droits humains en Iran. Lorsqu’il était membre des Gardiens de la Révolution d’Iran, son devoir (qui consistait à arrêter des prisonniers politiques) le dégoûtait et a informé ses supérieurs qu’il désirait démissionner.

Ses protestations lui ont valu de se retrouver enfermé dans l’une des nombreuses prisons iraniennes, dirigées par le redouté ministère du Renseignement iranien, où il a été suspendu à un plafond, ses orteils touchant à peine le sol et frappé à l’aide de gros câbles sur la plante des pieds.

« Les dirigeants se sentent menacés par quiconque ayant une idéologie différente de la leur », a-t-il affirmé, selon son interprète, un compatriote iranien, Mehrzad Yazdanipour. « Même s’ils aiment dépeindre l’Iran comme un pays libre, c’est le contraire qui est vrai. Ils veulent donc nous faire changer d’avis et nous briser. »

Amin n’a été qu’ « en partie » brisé mais ses bourreaux n’ont jamais pu finir le travail. Sous liberté conditionnelle, il a pris l’avion pour la Grande-Bretagne il y a cinq ans, obtenant le statut de réfugié 18 mois plus tard.

Sa période de prison n’est pas une chose sur laquelle Amin aime s’attarder, mais maintenant, assis dans le salon de sa maison à Sunny Hill, un drapeau iranien ornant l’angle de la pièce, il se rappelle qu’il a eu de la chance.

« Ce que j’ai vécu n’est rien à côté de ce que mes amis ont subi », a-t-il dit.

Amin pense que s’il était resté, il serait mort maintenant. Ces chiffres ne sont que des estimations, mais les groupes de défense des droits humains pensent que 120 000 Iraniens ont été tués pour leurs idées.

C’est  ce côté de l’Iran moderne qu’Amin et Mehrzad, tous deux membres du Conseil national de la Résistance iranienne, veulent mettre en lumière. D’autres atrocités ont lieu telles que les méthodes punitives de censure en vertu de la loi de la Charia islamique, loi imposée pour refléter la parole de Dieu telle que, selon ses adeptes, décrite dans le Coran.

Ceci est un véritable scandale, selon Amin. La loi de la Charia est encore en faveur de la lapidation des femmes accusées d’adultère (elles sont enterrées dans le sable jusqu’aux épaules, la tête couverte, puis bombardées de pierres jusqu’à ce que mort s’en suive), du fouet, des amputations, de l’arrachage des yeux et des pendaisons, tout cela pour imposer les lois du pays.

L’année dernière, par exemple, deux adolescents, l’un âgé de 18 ans, et l’autre probablement de 16 ou 17, ont été pendus parce qu’ils étaient homosexuels.

Sans surprise, la grande majorité des Iraniens désire un changement de régime, ironie du sort puisque le système actuel a été amené au pouvoir par une vague d’euphorie révolutionnaire en 1979 visant à mettre un terme à la loi haïe du Chah.

Amin est originaire du sud du pays, d’une ville nommée Isfahan, mais la guerre entre l’Iran et l’Irak en 1982 a fait fuir sa famille vers le nord.

Pendant son service militaire obligatoire, Amin était en garnison dans l’extrême nord-ouest, au Kurdistan, où il est devenu ennemi de l’Etat.

Son statut n’a pas changé, en particulier parce qu’il consacre tous ses efforts à faire passer le mot sur tout ce qui ne va pas en Iran, bien que ses propres parents vivent toujours là-bas (son jeune frère Mohammad vit aussi à Derby) et vivent dans la peur du ministère du Renseignement.

Le CNRI, présidé par Maryam Radjavi, souhaite que l’Occident soutienne sa campagne pour un changement en Iran.

Chaque mois, des manifestations ont lieu en Iran, qui se terminent souvent en arrestations en masse et en pendaisons publiques. Amin et les membres du groupe présents en Grande-Bretagne, ont manifesté dans les zones quelque peu plus sécurisées de Westminster et de Birmingham. Cependant, à l’heure actuelle, les victoires sont de plus en plus nombreuses. Le monde réagit avec inquiétude à l’idée que l’Iran développe sa capacité nucléaire, comme l’a révélé le CNRI, et Tony Blair accuse ouvertement l’Iran de soutenir le terrorisme islamique.

Mehrzad, qui vit à Derby depuis 27 ans mais qui n’a pas le statut de réfugié, partage cet avis.

Toute atrocité terroriste commise au nom de l’Islam a un lien avec Téhéran, selon lui. « L’Iran est comme une pieuvre et Téhéran est le cœur de l’intégrisme », a ajouté Amin.

Le CNRI bénéficie d’un large soutien chez les députés en Grande-Bretagne, mais plusieurs pièces cruciales du puzzle viennent à manquer, comme le soutien du gouvernement et une action directe de l’ONU, telle que des sanctions visant à mettre les dirigeants iraniens en position de difficulté.

« Je suis fier d’être iranien mais je déteste les mollahs », a déclaré Amin. « On ne peut pas réformer ce régime. C’est un gouvernement médiéval. »

« Je retournerais en Iran si les choses changeaient là-bas. Je suis content que les gens se rendent compte de la vie en Iran, mais la Résistance iranienne a payé le prix fort pour en arriver là où elle est aujourd’hui. »

Article publié le 22 septembre 2006

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