samedi, février 4, 2023
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« La justice, à ce jour, est assujettie à des préoccupations politiques » – Me Mario Stasi

 CNRI – « J'ai entendu quelqu'un me dire récemment, il était assez haut placé dans les responsabilités de ce pays : oui, mais si nous abandonnons la lutte contre l'OMPI et contre le CNRI, nous serons beaucoup moins bien placés pour les négociations avec l'Iran ! C'est comme ça que les choses m'ont été dites, c'est comme ça qu'elles sont vécues », a déploré Me Mario Stasi.

L’ancien bâtonnier de Paris s’exprimait dans un colloque à l’occasion du 30e anniversaire de la révolution antimonarchiste en Iran, organisé au Sénat le 11 février par le Comité français pour un Iran démocratique.

La réunion a été l’occasion de se pencher sur la terrible situation des droits de l’homme et de faire un tour d’horizon de la dictature religieuse et de la Résistance iranienne. Les orateurs ont insisté sur la nécessité de lever les restrictions qui pèsent encore sur la résistance, notamment de clore le dossier vide du 17 juin 2003 qui touche des opposants iraniens. Le maintien du dossier étant une des conséquences de la politique erronée de complaisance avec le régime des mollahs.

Voici des extraits de son intervention :

En forme de témoignages, je ne sais pas si c'est le mot que je devrais dire, en forme de messages : on a beaucoup évoqué la procédure, je n'ai donc rien à vous en dire, puisqu'il n'y a rien à en dire ! Vous savez que l'on parle du secret de l'instruction et je ne vois même plus sur quoi reposerait le secret.

Depuis 2001 une procédure ouverte. 2003, les mises en examen et la grande opération policière et depuis lors rien, rien qui puisse asseoir en quoi que ce soit l'accusation de terrorisme. C'est acquis !

Alors on a cherché à trouver d'autres choses : financement. Mais financement de quoi ? D'organisation terroriste. Mais comme il n'y a pas de terrorisme, on n'en sortira pas hélas ! Par ce que la justice, à ce jour, est indiscutablement assujettie à des préoccupations politiques. Et quels sont ses préoccupations politiques ? D'autres mieux que moi peuvent le dire.

J'ai entendu quelqu'un me dire récemment, il était assez haut placé dans les responsabilités de ce pays : oui, mais si nous abandonnons la lutte contre l'OMPI et contre le CNRI, nous serons beaucoup moins bien placés pour les négociations avec l'Iran ! C'est comme ça que les choses m'ont été dites, c'est comme ça qu'elles sont vécues. Alors quels sont les issues judiciaires ? Les issues judiciaires, c'est de se battre pour qu’effectivement nous nous retrouvions devant un tribunal, et dans les plus brefs délais ! Cela ne nous fait pas peur. Tant pis pour le non-lieu ! Nous voulons le jugement, le tribunal et la justice publique ! C'est la première chose.

La cour européenne : effectivement elle pourrait être saisie lorsque nous aurons fait une nouvelle démarche pour faire avancer la procédure. Je retiens cela comme une prospective sérieuse.

Et puis je voulais surtout maintenant évoquer Achraf, parce que ça me tient particulièrement à cœur depuis toujours. Ça me tient à cœur parce qu'il y a là 3500 personnes que je ne connais pas, et qui sont là comme des otages, dont on ne sait pas très bien ce qu'on va faire.

 Nous savons que nous avons obtenu, les uns et les autres dans les combats que nous avons menés, qu'ils soient déclarés devant bénéficier de la IVe Convention de Genève. Ils sont en principe protégés. Les autorités américaines, lorsqu'elles exerçaient leur pouvoir sur l'Irak totalement et sur Achraf en particulier, étaient contraintes d'y veiller. Nous savons qu'il y a des recommandations du CICR ou de l’UNHCR qui disent qu'il ne faut en aucun cas expulser vers l'Iran ou ailleurs les 3500 personnes qui s'y trouvent. Mais, et c’est là où les choses deviennent graves et doivent nous interpeller tous : l'Irak a pris l'autorité sur le camp d'Achraf. Et l'Irak a fait des déclarations annonçant sa fermeture.

Nous savons ce qu'il en serait de ces personnes réfugiées à Achraf si elles étaient amenées à rentrer en Iran par la force. Il y a là un crime contre l'humanité qui se prépare, je ne crains pas de le dire ! À ne rien faire, est-ce que l'on n'est pas complice de ce crime ?

Une phrase que j'aime à répéter de Charles Péguy qui dit que : complice c'est pire qu'auteur principal, parce que ça ajoute la lâcheté par-dessus !

Alors, nous tous qui avons conscience de ce risque, appelons à ce qu’un peu d'humanité nous amène à repousser cette lâcheté !