vendredi, février 3, 2023
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« La complaisance avec l’Iran a faux sur toute la ligne » – Struan Stevenson (eurodéputé)

CNRI – « Pourquoi suivons-nous la politique de complaisance avec un régime qui est le plus grand parrain du terrorisme d’Etat partout dans le monde ? Pourquoi n’avons-nous pas coupé nos relations diplomatiques avec eux ? Pourquoi permettons-nous à nos ambassadeurs de se mettre dans les petits papiers de ces anciens tortionnaires et de ces oppresseurs brutaux à Téhéran ? Pourquoi permettons-nous à leurs ambassadeurs odieux de se mêler à nous dans nos parlements ici en Europe ? » Voilà une série de questions que posait l’eurodéputé écossais Struan Stevenson, vice président du groupe PPE-DE, lors d’un colloque à Strasbourg.

Intitulé « les relations de l’Union européenne avec l’Iran : perspectives d’un changement démocratique », le colloque était organisé le 24 avril par le Comité français pour un Iran démocratique et l’intergroupe des Amis d’un Iran Libre au Parlement européen. 

C’est sous la présidence d’Adrien Zeller, président du Conseil régional d’Alsace, et d’Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen, que se sont réunis de nombreux députés européens et nationaux de tous bords et de divers pays, des juristes de premier plan comme Lord Slynn of Hadley, ancien juge à la Cour européenne de Justice, et d’anciens ministres comme Sid Ahmed Ghozali ex-Premier ministre algérien, ou Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes. Tous ont souligné la nécessité de soutenir la Résistance iranienne, et en premier lieu de retirer les Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme. L’invitée d’honneur était Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici l’intervention de Struan Stevenson :

Nous avons fondé l’intergroupe des Amis d’un Iran Libre au Parlement européen il y a quatre ans dans le but de soutenir la restauration de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme, des droits des femmes, l’abolition de la peine de mort et l’abolition des armes nucléaires en Iran. Nous avons rapidement découvert que la principale organisation de l’opposition soutenant exactement ces objectifs avec un manifeste sous lequel je serais fier de me présenter à des élections, était l’l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) et nous soutenons depuis l’OMPI pour réaliser ces objectifs. Bien entendu, nous avons mené une campagne pour faire retirer l’OMPI des listes du terrorisme de l’UE et du Royaume Uni où elle a été injustement placée sur de fausses accusations fabriquées, en majeure partie à la demande du régime des mollahs de Téhéran.

Nous avons voyagé à travers l’Europe, au Royaume-Uni et dans beaucoup d’autres pays à la poursuite de notre objectif pour faire sortir l’OMPI de la liste du terrorisme. Nous sommes allés aux Etats-Unis à maintes reprises, au Congrès et au Sénat, pour y faire valoir nos arguments.

Paulo Casaca et d’autres collègues sont allés plusieurs fois en Irak pour visiter le Camp d’Achraf où 3500 membres clés de l’OMPI  sont réfugiés en première ligne sous la protection fragile de l’armée. Ce sont des gens courageux et braves, et je voudrais vous en parler. 

Paulo et moi avons rencontré beaucoup d’obstacles à plusieurs reprises quand nous avons voulu inviter Mme Radjavi à venir au Parlement européen. Plus récemment, quand nous avons invité Mme Radjavi à parler à Strasbourg au groupe PPE-DE, dont je suis un vice-président, nous avons reçu des appels téléphoniques de Téhéran où Javier Solana était sur le point de rencontrer les mollahs pour tenter de les persuader de renoncer à leur programme d’enrichissement nucléaire. Il était au téléphone avec Angela Merkel et nous avons eu ensuite l’intervention du Chancelier Schüssel et des dirigeants dans l’UE disant à nos eurodéputés démocratiquement élus que nous ne devions pas rencontrer Mme Radjavi. C’était incroyable. La pression était intense, mais nous avons dit que nous étions des politiciens démocrates, librement élus et que nous décidions qui nous allions rencontrer; qu’on ne se laisserait pas dicter par Téhéran qui nous devions voir et nous avons eu une réunion très réussie avec Mme Radjavi.

Nous avons subi des campagnes de diffamation dans les médias menées contre nous par les services secrets iraniens avec de faux articles de presse, taxant Paulo Casaca, moi-même et d’autres qui soutiennent l’OMPI, d’amis de terroristes. Paulo a particulièrement subi une campagne contre lui dans ses propres journaux nationaux au Portugal. J’ai eu la même chose dans la presse au Royaume Uni. Vous trouvez sur les sites qui publient cette fausse publicité des numéros de téléphone et des adresses électroniques qui n’aboutissent à rien quand vous essayez d’entrer en contact. Ils ont tous été placés et financés par les services secrets iraniens. Ils ont peur de l’OMPI, ils reconnaissent que c’est le mouvement d’opposition clé, ils savent que c’est la seule menace à leur mainmise sur l’Iran. C’est pourquoi ils deviennent hystériques quand ils entendent que des réunions comme celle-ci ont eu lieu, quand ils entendent dire que des politiciens démocrates en Europe rencontrent Mme Radjavi et écoutent son message. 

Pendant que nous menions la politique de complaisance, pendant que nous continuions à être indécis, cette division qui caractérise notre politique en Europe, a représenté pour Ahmadinejad une occasion en or pour continuer sa répression brutale. Encore plus d’exécutions, plus d’amputations, de lapidations, et même récemment une innovation où ils exécutent les gens en les jetant du haut des falaises. C’est l’horreur, ce régime iranien.

Comme Mme Radjavi nous l’a dit, Ahmadinejad se vante d’avoir 6000 centrifugeuses prêtes à marcher en cascade pour son programme d’enrichissement nucléaire. Bien sûr on nous dit en occident que c’est un programme nucléaire parfaitement pacifique pour produire de l’électricité. Alors où est la centrale atomique ? Il y a une centrale atomique à Bouchehr. Il n’y en a aucune autre en phase de construction. Les Russes ont un contrat pour fournir tout le combustible à Bouchehr. Alors où est la nouvelle centrale atomique ? Pourquoi sommes-nous si stupides à ce sujet ? Pourquoi commençons-nous même à croire ce message qu’il pourrait s’agir d’un programme nucléaire sans risque ? 

Mais cela fait partie de notre politique de complaisance. Nous avons reçu des informations de l’OMPI, de leurs partisans courageux en Iran, qui ont été les premiers à dire à l’occident, à faire connaître à nos services de renseignement en Europe et aux Etats-Unis, l’existence du programme nucléaire. Ce sont eux qui ont risqué leurs vies et qui l’ont parfois perdues pour fournir ces informations à l’occident. Ce sont eux qui nous ont récemment avertis du centre de contrôle nucléaire secret et de commandement à Lavizan où ils travaillent sur un générateur nucléaire et des détonateurs pour bombe atomique. Ce sont ceux qui nous ont récemment dit que des têtes nucléaires sont produites au site Khojir, au sud-est de Téhéran. Ils nous ont apporté cette information, en nous disant les noms des scientifiques travaillant sur ces projets et les emplacements exacts des sites, la technologie exacte utilisée. Ils nous ont donné toute cette information ici en Occident et pourtant tout ce que nous faisons, c’est de faire semblant de soutenir les sanctions de l’ONU. Nous faisons semblant de faire du tapage comme quoi il pourrait y avoir une menace nucléaire de Téhéran et que donc nous devons imposer davantage de sanctions.

C’est faux sur toute la ligne. Les informations récentes que l’on m’a données du Trans Atlantic Institute, montrent des sociétés européennes de premier plan travaillant avec le corps des gardiens de la révolution iranien. J’avais demandé à l’OMPI d’obtenir de leurs sources, de nouveau au risque de leurs vies, de vérifier ces informations à l’intérieur de l’Iran pour découvrir si des sociétés européennes violent vraiment les sanctions.

La semaine dernière ils m’ont fourni la réponse. Une société allemande majeure fournit des équipements sophistiqués massifs pour forer des tunnels sans lesquels les abris anti-atomiques n’auraient pu être construits pour le programme nucléaire en Iran. Vous pouvez même voir dans certaines de ces photos les signes du CGR au-dessus des tunnels. Le CGR est dans la liste du terrorisme des Etats-Unis avec la Force Qods. Nous avons des compagnies allemandes qui fournissent des équipements pour creuser des tunnels et envoient des équipes d’experts en Iran pour apprendre aux Iraniens comment fonctionnent ces équipements ; elles leur vendent ensuite ces machines pour qu’ils puissent poursuivre leur programme nucléaire et construire les bunkers nécessaires.

Il y a des sociétés italiennes majeures qui fournissent des équipements à double usage. Deux de ces sociétés travaillent avec le complexe technique militaire Khatam du CGR qui est dans la liste de sanctions de l’ONU. Ces deux compagnies allemande et italienne violent les sanctions. 

Dimanche, le journal The Observer en Grande-Bretagne a même donné le nom d’un homme d’affaires britannique de Londres qui fournissait des systèmes de guidage de missile au régime iranien.

Nous parlons de la politique de complaisance, nous parlons de la menace que l’Iran peut poser s’il dispose d’armes nucléaires et nous avons entendu Ahmadinejad dire à plusieurs reprises qu’il souhaite rayer Israël de la carte. Pourquoi alors suivons-nous la politique de complaisance avec un régime qui est le plus grand parrain du terrorisme d’Etat partout dans le monde ? Pratiquement chaque crime terroriste majeur de la dernière décennie porte l’empreinte digitale des mollahs. Pourquoi faisons-nous preuve de complaisance avec eux ? Pourquoi n’avons-nous pas coupé nos relations diplomatiques avec eux ? Pourquoi permettons-nous à nos ambassadeurs de se mettre dans les petits papiers de ces anciens tortionnaires et de ces oppresseurs brutaux à Téhéran ? Pourquoi permettons-nous à leurs ambassadeurs odieux de se mêler à nous dans nos parlements ici en Europe ? Les Etats-Unis ont placé le CGR sur leur liste du terrorisme avec la Force Qods. Pourquoi n’avons-nous pas fait de même dans l’UE ? Eh bien je peux vous donner la réponse en un mot : l’argent !

Il y a trop d’intérêts en Europe qui se remplissent les poches avec de grands contrats de l’Iran et ils veulent le maintenir jusqu’au point de fournir à l’Iran la technologie dont il a besoin pour produire des armes nucléaires qui menaceront la stabilité du monde. C’est un outrage ! Et les seuls qui sont prêts à se lever et à dénoncer cette offense, ce sont les Moudjahidine du peuple. Et que faisons-nous ? À la demande directe des mollahs, nous avons mis l’OMPI sur la liste du terrorisme du Royaume-Uni, dans la liste du terrorisme de l’UE en les bâillonnant efficacement, en leur liant les mains, en gelant tous leurs avoirs et en les empêchant de faire du lobbying dans les allées du pouvoir où ils pourraient apporter une opposition efficace à ce régime de Téhéran.

C’est un régime au bord de l’extinction mais il a besoin qu’on le pousse pour le renverser. Et cette poussée ne peut venir que de la principale opposition  et de la direction inspirée de Mme Radjavi. Je dis donc à la présidence française, quand M. Sarkozy entrera en fonction le 1er juillet, que nous respectons sa ferme résolution contre le programme nucléaire en Iran, mais nous lui disons que cela ne sert à rien de parler de fermeté s’il ne l’accompagne pas d’action. Et la manière de leur envoyer le signal le plus profond de notre sérieux, c’est de retirer l’OMPI de la liste du terrorisme de l’UE et de la soutenir comme la seule possibilité de restaurer la démocratie dans cette nation enchaînée.

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