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L’ex ministre canadien de la Justice, Hon. Irwin Cotler, parle au sujet de la résolution canadienne concernant l’Iran

L’ex ministre canadien de la Justice, Hon. Irwin Cotler, parle au sujet de la résolution canadienne concernant l’Iran

CNRI – L’ex ministre canadien de la Justice, Hon. Irwin Cotler, a prononcé un discours le 20 août, à l’ancien hôtel de ville de Toronto. Il a déclaré que cette rencontre, organisée lors de l’anniversaire du massacre d’environ 30.000 prisonniers politiques, avait pour but d’affirmer aux partisans de la liberté et de la démocratie que lui et ses collègues au Parlement canadien ont coparrainé une résolution. Il lit une partie de cette résolution :

“Que la Chambre condamne le meurtre collectif des prisonniers politiques à l’été de 1988 comme un crime contre l’humanité, honore la mémoire des victimes ensevelis dans des fosses communes au cimetière de Khavaran et dans d’autres localités en Iran, et institue le 1er septembre comme le jour de la solidarité avec les prisonniers politiques en Iran.”

En adoptant cette résolution, le Parlement canadien devient le premier pays au monde à “se souvenir et condamner de façon unanime et sans équivoque ce qui s’est passé en Iran comme un crime contre l’humanité.”

La concomitance de l’annonce de Cotler avec la publication d’un enregistrement audio de l’ayatollah Montazeri, corroborant les témoignages de meurtres de masse et impliquant les dirigeants de l’Iran, dont beaucoup occupent encore des postes de pouvoir, montre combien il est important pour la communauté internationale de prendre des mesures.

Le Parlement Canadien ouvre la voie. « Alors, quand je dis que nous sommes ici pour rappeler et être rappelés, quand je dis que nous sommes ici pour témoigner et que nous sommes ici pour prendre des mesures. Et j’aimerais traiter de quelques prescriptions pour des mesures qui doivent être prises immédiatement par le peuple canadien, de concert avec la communauté internationale, » a déclaré M. Cotler.

La première recommandation est que ceux qui ont commis les crimes en 1988 soient aujourd’hui tenus responsables. « Il n’y a pas de prescription pour les crimes contre l’humanité, » a déclaré Cotler, “Donc nous demandons au gouvernement canadien de se joindre à la communauté internationale pour soumettre ces crimes contre l’humanité à des organismes internationaux comme le Conseil de sécurité des Nations Unies et de veiller à ce qu’un tribunal international d’enquête soit mis en place comme nous l’avons mis en place en ce qui concerne les massacres du Rwanda, comme nous l’avons mis en place en ce qui concerne les meurtres en ex-Yougoslavie, afin de tenir ces meurtriers de masse responsables. »

La deuxième recommandation est que le gouvernement iranien doit cesser et s’abstenir des exécutions continues. Cotler a rappelé à la foule, « il ne faut pas oublier que l’Iran exécute plus de personnes par habitant que tout autre pays dans le monde. En 2015, sous la présidence du modéré – comme on l’appelle souvent – Rohani, l’Iran a exécuté plus de 1000 personnes. C’est le nombre le plus important au cours des 25 dernières années. Et là encore ce sont ceux que nous connaissons, nous ne savons rien sur tous les autres qui ont été exécutés, et nous n’entendons rien à ce sujet. Donc, numéro deux, le Canada doit appeler la communauté internationale à unir ses forces pour arrêter, et vous l’avez ici sur vos pancartes, mettre fin aux exécutions maintenant. »

La troisième recommandation est un appel à l’Iran de libérer tous les prisonniers politiques. « Parce que ces prisonniers politiques… courent également le risque d’être exécutés. Et ceux qui sont exécutés, nous ne saurons ou n’entendrons jamais rien à ce sujet, tout comme nous constatons récemment l’arrestation encore une fois d’une autre irano-canadienne, Homa Hoodfar. Pareil lorsqu’ils ont arrêté il y a plus de 8 ans Saeed Malekpour, qui était à l’époque un résident permanent du Canada sur le point de devenir citoyen canadien.

Il est retourné en Iran pour visiter les malades dans sa famille et il a été arrêté chargé, des fausses accusations habituelles, torturé, et 8 ans plus tard, il est toujours en prison. Alors réclamez du Canada que si vous allez renouer les relations diplomatiques avec l’Iran comme vous dites, vous devez rendre ce renouvellement des relations diplomatiques conditionnel quant au fait de traîner les meurtriers de masse devant la justice, conditionnel à la libération des prisonniers politiques en Iran et à mettre un terme aux exécutions gratuites en Iran. »

Enfin, il y a la recommandation sur le fait que l’Iran doit arrêter son atteinte aux droits des femmes, aux droits des minorités, et arrêter sa criminalisation de la liberté, qui est protégée par la Constitution iranienne. « La liberté de religion ou la liberté d’expression ou la liberté de réunion ou la liberté d’association. Mettre un terme à l’emprisonnement des braves défenseurs des droits de l’Homme en Iran pour avoir défendu ces prisonniers politiques.

Mettre fin à l’arrestation de courageux avocats iraniens pour avoir été solidaires avec ces prisonniers politiques. Et mettre un terme non seulement à l’arrestation continue de tous les leaders de la société civile en Iran, mais également de l’ayatollah Boroujerdi, dont je me suis rappelé et qui n’a fait rien d’autre que d’appeler à la liberté de religion en Iran, qui a lutté au nom des autres minorités religieuses, et a fini par être mis en prison, torturé, emprisonné depuis 11 ans, pour n’avoir rien fait d’autre que de demander la protection des libertés garanties par la Constitution iranienne et le droit iranien. »

Cotler conclut en disant : « … nous sommes ici pour soutenir le peuple iranien, que nous sommes ici pour soutenir les prisonniers politiques iraniens, mis en prison par ceux qui, eux-mêmes, doivent être tenus responsables et jugés pour leurs crimes. Que nous sommes ici pour demander au gouvernement du Canada de se joindre à la communauté internationale pour arrêter les exécutions en Iran, de mettre fin à l’emprisonnement des prisonniers politiques, de mettre un terme à la culture de l’impunité, de traduire les auteurs en justice et pour que nous puissions, ensemble avec le peuple iranien, prendre le risque de célébrer avec tous, ce que les iraniens veulent et ce que nous voulons tout comme eux, et qui est la liberté, l’autonomie, la démocratie, la protection des droits de l’Homme, et permettre au peuple iranien d’affirmer la grande civilisation iranienne et les grandes valeurs iraniennes qui subissent malheureusement un assaut mais si nous libérons le peuple iranien, alors nous aurons également libéré ces valeurs ainsi que les prisonniers politiques en Iran. »