vendredi, décembre 2, 2022
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Iran : Une militante des droits civiques emprisonnée écrit une lettre ouverte

Iran : Une militante des droits civiques emprisonnée écrit une lettre ouverte

Atena Daemi est une militante des droits civiques qui a été arrêtée le 21 octobre 2014. Elle a immédiatement été mise à l’isolement où elle est restée 86 jours avant d’être transférée dans la partie réservée aux femmes de la célèbre prison d’Evin, à Téhéran. Au mois de mai suivant, elle a été accusée d’insulte au Guide suprême du pays, de propagande contre le régime, de rassemblement et de collusion contre la sécurité nationale. Le juge Moghiseh, de la Division 28 de la Cour révolutionnaire, lui infligea une peine de 14 ans d’emprisonnement.

Mme Daemi a écrit une lettre ouverte à sa mère à l’occasion du quatrième anniversaire de son emprisonnement. Elle décrit la dure réalité de la vie en prison et mentionne les difficultés auxquelles elle fait face.

Elle a été arrêtée alors qu’elle se rendait au travail. Les agents de sécurité avaient également menacé d’arrêter sa mère. Mme Daemi lui explique dans la lettre qu’elle pensait que celle-ci allait avoir peur des agents qui menaçaient de l’arrêter, mais elle souligne avec fierté que sa mère leur a courageusement tenu tête.

« Je pensais que tu aurais peur, mais cela n’a pas été le cas. Je pensais que tu me blâmerais et me ferais des reproches, mais tu ne l’as pas fait. Dans notre propre langue, tu m’as dit de partir – que ce serait la première nuit que je passerais loin de chez moi, mais que tu étais encore derrière moi, toujours avec moi, et qu’un jour aucun enfant ne serait séparé de sa mère. Cela m’a soulagé d’un poids sur les épaules ; j’avais l’impression que tu m’avais donnée des ailes. J’y suis allé, mais tu ne m’as jamais quitté un seul instant ; nous étions plus proches que jamais, ensemble, unies. »

Le jour de sa condamnation, Mme Daemi raconte comment sa mère était si heureuse qu’elle n’ait pas été condamnée à la peine de mort, ce à quoi la famille s’attendait. Cependant, elle savait que sa mère aussi avait peur, mais elle a réussi à rester forte et à cacher son appréhension.

En raison de sa situation et des mauvais traitements qu’elle a subis en prison, Mme Daemi a entamé une grève de la faim. Elle raconte à sa mère qu’elle a été battue et insultée par les gardiens de prison, mais souligne qu’elle est restée inébranlable contre ceux-ci.

Pendant son séjour en prison, Mme Daemi a manqué tellement de choses. Sa sœur Hanieh s’est mariée et elle n’a pas obtenu de permission. Sa sœur était dévastée, mais sa mère a supplié Hanieh de faire en sorte que les autorités ne puissent pas voir sa détresse. « Vous êtes venu me rendre visite à Ghaerchak. Hanieh était agitée, mais vous l’avez calmée, lui disant de ne pas pleurer, mais de rire et d’être joyeuse pour que les autorités ne voient pas que leurs tactiques peuvent me briser. »

La mère et la sœur de Mme Daemi ont également été harcelées par les autorités et la famille a dû faire face à l’interruption des droits téléphoniques et des visites, ce qui a rendu encore plus difficile une situation déjà douloureuse.

Elle a terminé sa lettre avec un message poignant : « Envoyez mes salutations à toutes les mères endeuillées et désespérées d’Iran et dites-leur que je demanderai justice pour elles aussi longtemps que je vivrai ! »

 

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