lundi, janvier 30, 2023
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Iran – Un régime pousse au crime: la chronique de François Colcombet

La Semaine de l’Allier – La saison des vœux n’était pas terminée; l’année nouvelle commençait mal avec l’assassinat spectaculaire et prémédité de journalistes, de policiers et de simples citoyens vacants à leur courses ou à leur travail. Certes, une grande manifestation d’une ampleur jamais vue a permis à une partie des Français de se rassurer en se serrant les coudes. Reste à savoir si cette manifestation est vraiment le gage d’une union solide. Ou l’annonce de fractures plus profondes. L’avenir proche le dira.

Décidément l’année 2015 commence mal. Plus étonnante, et peut-être plus rassurante, la présence à Paris des chefs d’État nombreux et divers au point qu’on voyait ce qu’on aurait jamais cru voir: les leaders palestinien et israélien défilant côte à côte.

Tous venaient soutenir la France et, avant tout, son président qui, depuis plus de deux ans et bien souvent à peu près seul en première ligne, se dépense pour rétablir la paix dans le monde: en Afrique, en Ukraine et au Moyen-Orient.

L’absence remarquée du président américain rappelait, très opportunément, aux occidentaux qu’ils ne doivent plus trop compter sur ce pays dont, d’ailleurs, le précédent président, l’inénarrable Bush junior, a été à l’origine directe du terrorisme en Irak. Les USA ont en effet adoubé dans ce pays un gouvernement chiite soutenu et manipulé par l’Iran qui a expulsé de l’armée les partisans de l’ancien régime et les sunnites. Ceux-ci marginalisés et massacrés dans leur propre pays, se sont défendus en soutenant la rébellion.

Mais le président Obama, pour qui les troubles en Europe et au Moyen-Orient paraissent décidément bien loin, s’apprête à commettre une nouvelle imprudence. Il envisage d’accepter un accord à minima dans les négociations sur le nucléaire avec l’Iran. Il escompte sans doute qu’en remerciement, le régime des mollahs l’aidera à combattre les terroristes en Irak et en Syrie. La France, une fois encore, a heureusement tenu bon. Mais pour combien de temps ?

Le moment du choix ne va plus tarder puisque les négociations sur le nucléaire n’ont été reportées que de quelques mois.
Quelle que soit la solution retenue, l’Iran est, et restera, l’un des plus grands dangers de cette région. Non pas tant l’Iran qui est un pays plein de potentialités avec une population jeune et plutôt bien formée, mais le régime iranien qui est l’un des plus totalitaires du monde, un véritable régime pousse au crime.

On peut s’étonner qu’on donne, comme je le fais, la palme de la nuisance au régime iranien dans une région où la Turquie et Israël savent, eux aussi, très bien provoquer des troubles et tirer les marrons du feu. Encore pire, l’Arabie Saoudite a diffusé une version intégriste de l’Islam et soutenu le début du terrorisme sunnite en Syrie. Quant au Qatar, il aide financièrement et culturellement les frères musulmans dont on a vu l’action ravageuse en Syrie, en Égypte et ailleurs. Mais à côté de ces états certes peu recommandables, le régime actuel d’Iran est beaucoup plus redoutable par son habileté, son entregent et ses réseaux actifs depuis longtemps.

Ne parle-t-on pas de lui dans l’affaire ancienne de l’explosion de la synagogue de Buenos Aires (1994), et l’assassinat, tout récent, d’un procureur qui suivait ce dossier?
Rappelons qu’en Iran, ce n’est pas un roi, ce n’est pas un président ou un premier ministre qui dirige le pays, mais un représentant du ciel, un  » guide suprême » qui, au nom de l’Islam, qu’il interprète à sa façon, peut tout régenter et ne s’en prive pas: femmes voilées, application de la charia, exécutions arbitraires, tortures, restrictions des libertés et exportations du terrorisme sont autant de caractéristiques de ce régime. Assurément ceux qui voudraient s’en faire un allié s’y brûleraient les doigts.

Il n’est pas non plus inutile de rappeler en ce début d’année où nous avons vu des illuminés assassiner en France des journalistes pour avoir manqué de respect au prophète, que ce type de violence a été en quelque sorte lancé et popularisé, voici plus de 20 ans, par le guide suprême iranien. Sa fatwa, appelant à tuer l’écrivain Salman Rushdie et ceux qui l’aidaient, a provoqué l’assassinat de deux de ses éditeurs.

Mais, me direz-vous, les tueurs de Charlie Hebdo et de la supérette de Vincennes n’étaient pas des chiites. Ils se réclamaient du salafisme d »origine sunnite. Ils ne pouvaient donc pas être influencés par cette vieille fatwa iranienne. Eh bien, détrompez-vous. Les enquêteurs ont découvert sur l’ordinateur d’un des frères Kouachi qui ont assassiné les journalistes, une mention de la fatwa contre Salman Rushdie montrant que leurs motivations profondes et anciennes leur venaient du chef du régime iranien.

Et, au cas où on l’aurait oublié, le guide suprême actuel, Ali Khamenei, a pris soin, dans un message daté du 29 janvier 2009, de rappeler que la fatwa de son prédécesseur restait d’actualité. D’ailleurs, après la publication récente par les survivants du journal français Charlie Hebdo d’un dessin bien anodin supposé représenter le prophète Mahomet, le gouvernement iranien, a appelé à une grande manifestation de protestation devant l’ambassade de France à Téhéran. Les Iraniens de la rue ont heureusement été moins nombreux que ne l’espérait le régime; ce qui montre une fois encore que, si on ne peut pas faire confiance à ce régime pousse au crime, on peut et on doit faire confiance au peuple d’Iran en l’aidant à accéder à la liberté.
La Semaine de l’Allier du jeudi 29 janvier 2015

 

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