Par Andrew Rettman
EUOBSERVER, Bruxelles Quelques 250 partisans de lOMPI, un groupe dopposition iranien, agitaient des drapeaux avec pour logo un poing rouge et un fusil devant le siège de lUE à Bruxelles mercredi 14 février, appelant à la suppression de lOMPI de la liste terroriste de lUE, alors que lUE et les Etats-Unis explorent de nouveaux moyens de pressions sur Téhéran et son programme nucléaire.
Par Andrew Rettman
EUOBSERVER, Bruxelles Quelques 250 partisans de lOMPI, un groupe dopposition iranien, agitaient des drapeaux avec pour logo un poing rouge et un fusil devant le siège de lUE à Bruxelles mercredi 14 février, appelant à la suppression de lOMPI de la liste terroriste de lUE, alors que lUE et les Etats-Unis explorent de nouveaux moyens de pressions sur Téhéran et son programme nucléaire.
« Nous navons pas besoin de largent européen, mais nous voulons avoir les mains libres pour pouvoir en collecter nous-mêmes », a déclaré un porte-parole des manifestants, Mehdi Nobare, à lEUobserver sur place. Nous sommes toujours vivants en Iran malgré la répression du gouvernement. Nous voulons tenir de véritables élections, pour que les Iraniens puissent choisir.
LOMPI lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran est apparue en 1965 comme un groupe marxiste-islamiste anti-corruption, qui a ensuite orchestré des actions militaires contre Téhéran dans les années 1990. Elle a renoncé à la violence en 2001 et entretient des liens étroits avec le groupe iranien dopposition en exil, le CNRI, basé en France.
La manifestation de mercredi rassemblait en grande partie des exilés iraniens ordinaires de Belgique avec leurs enfants, ainsi que quelques militants du CNRI. « Ce [le logo du fusil rouge] nest pas un symbole de violence, cest un symbole historique », dit M. Nobare, tandis que quatre fourgonnettes de police belge surveillaient dans le calme à quelques mètres de là. .
La petite protestation intervenait en réaction à un jugement de la Cour européenne de justice de décembre dernier, qui a annulé la décision de 2002 de lUE de mettre lOMPI sur sa liste terroriste, une démarche qui avait gelé les collectes de fonds à travers lEurope. Les Etats-Unis ont mis lOMPI, qui possède des bases en Irak, sur leur liste terroriste en 1997.
Les Etats de lUE ont maintenu lOMPI sur leur liste, dans une situation qualifiée « dillégale » par les avocats de lOMPI et leurs alliés politiques. Le jugement de la Cour a conduit lUE à adresser une lettre la semaine dernière à lOMPI lui expliquant les accusations portée contre elle, citant pour preuves les appels de lOMPI à des actions militaires contre lIran et des protestations devant des ambassades iraniennes dans les années 1990.
"Une fois que nous aurons reçu leur réponse, nous examinerons sils doivent rester ou non sur la liste. Nous ne savons pas si ce sera en une page ou en 200. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, a expliqué un responsable de lUE. "Avec cela, nous considérons être conformes au jugement de la Cour. »
Le jugement qui se plaint de ce que les Etats de lUE décident en secret qui inscrire sur la liste sans possibilité de faire appel a également causé des changements plus importants dans le travail de sécurité de lUE. Lorsque les Etats de lUE vont réviser lensemble de la liste des 104 individus et groupes en mars, tout le monde recevra des « déclaration de motivation », a confirmé le responsable de lUE.
"Ils [les Etats de lUE] se moquent des institutions européennes et de la démocratie. On est retourné à lâge de lInquisition qui faisait aussi ses accusations en secret, pour voir des procédés comme ça », affirme leurodéputé socialiste portugais Paulo Casaca qui co-préside un intergroupe multiparti de 12 membres au Parlement européen, « les Amis dun Iran Libre »
La politique iranienne changeante de lUE
La protestation de mercredi intervient à un moment dévolution de la politique étrangère de lUE et des USA vis-à-vis de lIran, qui est soupçonné de chercher à développer une bombe atomique. Les Etats membres de lUE lundi ont approuvé les sanctions de lONU contre lIran, malgré la fuite dun mémoire disant que les sanctions et la diplomatie nauront vraisemblablement pas deffet. .
La même semaine, les Etats-Unis ont publié des photographies prises par leurs services de renseignement pour montrer que les bombes sophistiquées qui avaient tué des soldats américains et britanniques en Irak viennent dIran. Cette démarche est considérée par les analystes de la défense comme une préparation par les Américains de frappes militaires contre les sites nucléaires en Iran.
Le cas de lOMPI à Bruxelles entre dans un cadre plus large, M. Casaca disant que les bases de lOMPI en Irak ont aussi fourni aux troupes occidentales des informations comme quoi des « valets du régime iranien massacrent la population » irakienne. "LIran ne veut pas que ça se sache. Jaccuse le Conseil [de lEU] daider les massacres en Irak, a-t-il dit, en évoquant la répression de lUE sur lOMPI.
Leurodéputé nest pas le seul à appeler Bruxelles et Washington à aider lOMPI et le CNRI à exercer davantage de pression sur Téhéran. Ce mois-ci, un groupe de 35 parlementaires britanniques et déminentes personnalités légales, dirigés par le travailliste Lord Corbett a déposé une plainte en justice contre le ministère de lIntérieur britannique pour supprimer lOMPI de la liste.
LOMPI pourrait avoir un usage tactique
Aux Etats-Unis, un groupe de généraux en retraite qui se sont baptises le Comité de politique iranienne et un parlementaire républicain Tom Tancredo exhortent depuis un an Washington à faire un « usage tactique » de lOMPI en la retirant de la liste.
Mais la France et la Grande-Bretagne qui a poussé les Etats de lUE à mettre lOMPI sur la liste terroriste en 2002 – ont répondu sur un coup de poker. « Nous savons que des voix sélèvent en Angleterre et aux USA », a dit un diplomate britannique. « Mais nous navons pas de contact avec lOMPI ou le CNRI et je nai pas entendu parler de démarches du ministère de lIntérieur pour les retirer de la liste. »
Un diplomate français a dit que lOMPI devait rester sur la liste parce que le jugement était fondé sur des points techniques du droit dappel, pas des questions de fonds sur les risques sécuritaires. "Nous connaissons ce scénario [dusage tactique de lOMPI]. Mais nous ne sommes pas sur la même longueur donde », a dit le contact.

