lundi, novembre 28, 2022
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Iran : Un groupe d’opposition manifeste dans la capitale européenne

Par Andrew Rettman

EUOBSERVER, Bruxelles – Quelques  250 partisans de l’OMPI, un groupe d’opposition  iranien, agitaient des drapeaux avec pour logo un poing rouge et un fusil devant le siège de l’UE à Bruxelles mercredi 14 février, appelant à la suppression de l’OMPI de la liste terroriste de l’UE, alors que l’UE et les Etats-Unis explorent de nouveaux moyens de pressions sur Téhéran et son programme nucléaire. 

Par Andrew Rettman

EUOBSERVER, Bruxelles – Quelques  250 partisans de l’OMPI, un groupe d’opposition  iranien, agitaient des drapeaux avec pour logo un poing rouge et un fusil devant le siège de l’UE à Bruxelles mercredi 14 février, appelant à la suppression de l’OMPI de la liste terroriste de l’UE, alors que l’UE et les Etats-Unis explorent de nouveaux moyens de pressions sur Téhéran et son programme nucléaire. 

« Nous n’avons pas besoin de l’argent européen, mais nous voulons avoir les mains libres pour pouvoir en collecter nous-mêmes », a déclaré un porte-parole des manifestants, Mehdi Nobare, à l’EUobserver sur place. “Nous sommes toujours vivants en Iran malgré la répression du gouvernement. Nous voulons tenir de véritables élections, pour que les Iraniens puissent choisir.”

L’OMPI – l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran – est apparue en 1965 comme un groupe marxiste-islamiste anti-corruption, qui a ensuite orchestré des actions militaires contre Téhéran dans les années 1990. Elle a renoncé à la violence en 2001 et entretient des liens étroits avec le groupe iranien d’opposition en exil, le CNRI, basé en France.

La manifestation de mercredi rassemblait en grande partie des exilés iraniens ordinaires de Belgique avec leurs enfants, ainsi que quelques militants du CNRI. « Ce [le logo du fusil rouge] n’est pas un symbole de violence, c’est un symbole historique », dit M. Nobare, tandis que quatre fourgonnettes de police belge surveillaient dans le calme à quelques mètres de là.  .

La petite protestation intervenait en réaction à un jugement de la Cour européenne de justice de décembre dernier, qui a annulé la décision de 2002 de l’UE de mettre l’OMPI sur sa liste terroriste, une démarche qui avait gelé les collectes de fonds  à travers l’Europe. Les Etats-Unis ont mis l’OMPI, qui possède des bases en Irak, sur leur liste terroriste en 1997. 

Les Etats de l’UE ont maintenu l’OMPI sur leur liste, dans une situation qualifiée « d’illégale » par les avocats de l’OMPI et leurs alliés politiques. Le jugement de la Cour a conduit l’UE à adresser une lettre la semaine dernière à l’OMPI lui expliquant les accusations portée contre elle, citant pour preuves les appels de l’OMPI à des actions militaires contre l’Iran et des protestations devant des ambassades iraniennes dans les années 1990. 

"Une fois que nous aurons reçu leur réponse, nous examinerons s’ils doivent rester ou non sur la liste. Nous ne savons pas si ce sera en une page ou en 200. Je ne sais pas combien de temps cela prendra”, a expliqué un responsable de l’UE. "Avec cela, nous considérons être conformes au jugement de la Cour. »

Le jugement – qui se plaint de ce que les Etats de l’UE décident en secret qui inscrire sur la liste sans possibilité de faire appel – a également causé des changements plus importants dans le travail de sécurité de l’UE.  Lorsque les Etats de l’UE vont réviser l’ensemble de la liste des 104 individus et groupes en mars, tout le monde recevra des « déclaration de motivation », a confirmé le responsable de l’UE. 

"Ils [les Etats de l’UE] se moquent des institutions européennes et de la démocratie. On est retourné à l’âge de l’Inquisition qui faisait aussi ses accusations en secret, pour voir des procédés comme ça », affirme l’eurodéputé socialiste portugais Paulo Casaca – qui co-préside un intergroupe multiparti de 12 membres au Parlement européen,  « les Amis d’un Iran Libre »

La politique iranienne changeante de l’UE 

La protestation de mercredi intervient à un moment d’évolution de la politique étrangère de l’UE et des USA vis-à-vis de l’Iran, qui est soupçonné de chercher à développer une bombe atomique. Les Etats membres de l’UE lundi ont approuvé les sanctions de l’ONU contre l’Iran, malgré la fuite d’un mémoire disant que les sanctions et la diplomatie n’auront vraisemblablement pas d’effet. .

La même semaine, les Etats-Unis ont publié des photographies prises par leurs services de renseignement pour montrer que les bombes sophistiquées qui avaient tué des soldats américains et britanniques en Irak viennent d’Iran. Cette démarche est considérée par les analystes de la défense comme une préparation par les Américains de frappes militaires contre les sites nucléaires en Iran.

Le cas de l’OMPI à Bruxelles entre dans un cadre plus large, M. Casaca disant que les bases de l’OMPI en Irak ont aussi fourni aux troupes occidentales des informations comme quoi des « valets du régime iranien massacrent la population » irakienne.  "L’Iran ne veut pas que ça se sache. J’accuse le Conseil [de l’EU] d’aider les massacres en Irak”, a-t-il dit, en évoquant la répression de l’UE sur l’OMPI. 

L’eurodéputé n’est pas le seul à appeler Bruxelles et Washington à aider l’OMPI et le CNRI à exercer davantage de pression sur Téhéran. Ce mois-ci, un groupe de 35 parlementaires britanniques et d’éminentes personnalités légales, dirigés par le travailliste Lord Corbett a déposé une plainte en justice contre le  ministère de l’Intérieur britannique pour supprimer l’OMPI de la liste. 

L’OMPI pourrait avoir un “usage tactique”

Aux Etats-Unis, un groupe de généraux en retraite qui se sont baptises le “Comité de politique iranienne” et un parlementaire républicain Tom Tancredo exhortent depuis un an Washington à faire un « usage tactique » de l’OMPI en la retirant de la liste. 

Mais la France et la Grande-Bretagne – qui a poussé les Etats de l’UE  à mettre l’OMPI sur la liste terroriste en 2002 –  ont répondu sur un coup de poker. « Nous savons que des voix s’élèvent en Angleterre et aux USA », a dit un diplomate britannique. « Mais nous n’avons pas de contact avec l’OMPI ou le CNRI et  je n’ai pas entendu parler de démarches du ministère de l’Intérieur pour les retirer de la liste. »

Un diplomate français a dit que l’OMPI devait rester  sur la liste parce que le jugement était fondé sur des points techniques du droit d’appel, pas des questions “de fonds” sur les risques sécuritaires. "Nous connaissons ce scénario [d’usage tactique de l’OMPI]. Mais nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde », a dit le contact. 

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