mercredi, février 8, 2023
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Iran : un groupe de défense des droits humains appelle à la libération de prisonniers politique alors qu’une plus grande répression se prépare

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Jeudi, l’organisation italienne de défense des droits humains, EveryOne, a publié une déclaration en partenariat avec Iran Human Rights Monitor, demandant la libération urgente de tous les prisonniers politiques détenus en République islamique d’Iran depuis ces six derniers mois.

La déclaration souligne « les arrestations massives » et le meurtre de « prisonniers sans défense » qui ont débuté en même temps que les « manifestations prodémocratie » le 28 décembre 2017. Les manifestations initiales dans la ville de Machhad ont mis le feu aux poudres dans près de 140 villes et villages dans tout le pays. Lors de ces manifestations, les manifestants ont entonné des slogans provocants tel que « mort au dictateur » et « mort à Rohani » se référant ainsi respectivement au Guide suprême iranien et son président.

S’appuyant sur les réseaux de renseignements du régime, le Conseil national de la Résistance iranienne a établi qu’environ 50 personnes ont été tuées par balle pendant les manifestations, 8000 ont été arrêtées et au moins 14 ont été torturées à mort pendant leur détention.

Aujourd’hui, nous ne savons toujours pas combien de détenus sont toujours emprisonnés sur les 8000 initiaux. Mais même parmi ceux qui ont été libérés sous caution, des centaines ont été récemment mis en accusation sous des charges liées à la sécurité nationale qui sont passible de la peine de mort. Avant que le soulèvement national ne soit réprimé en janvier, les représentants de l’appareil judiciaire iranien ont déclaré que la peine capitale serait la peine la plus probable pour les leaders du mouvement.

La déclaration de jeudi demande la libération de ceux accusés d’avoir participé au soulèvement de janvier, mais aussi pour les militants qui ont été arrêtés pendant les rafles des forces de police dans les mois qui ont suivis. Ces arrestations résultent toujours par des rapports de torture, des aveux forcés et des peines arbitraires pour les dissidents politiques. Un rapport d’Iran Human Rights Monitor a souligné mercredi qu’un détenu du nom de Masoud Ghanbarzehi avait été récemment transféré dans la prison centrale de Zahedan à la suite de trois semaines de torture après avoir été accusé « d’actes contre la sécurité nationale en coopération avec des groupes d’opposition. »

La crainte des autorités du régime concernant les groupes d’opposition est importante depuis le soulèvement de janvier. Le Guide suprême Ali Khamenei avait dû reconnaitre que l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) avait joué un rôle important dans la planification et l’exécution des manifestations. C’est un écart significatif de la part du régime iranien qui d’habitude minimise l’importance de la force politique des groupes d’opposition et qui refuse d’admettre que ces groupes bénéficient d’un vaste soutien au sein du peuple iranien.

L’OMPI et ses alliés ont été mis en cause dans des manifestations récentes qui ont débuté à la suite du soulèvement de janvier. Les dirigeants du régime iranien ont mis en garde les Iraniens concernant les conséquences potentielles d’une coopération avec de telles organisations.

 

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