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Iran-UE : Il s’agit d’une violation sérieuse des principes fondamentaux de l’Europe (Lars Rise)

CNRI – « Il est en fait illégal de casser une décision d’un tribunal et j’espère qu’il sera possible de porter cette affaire devant les tribunaux une nouvelle fois pour ce qu’ils ont fait. Il s’agit d’une certaine manière d’abus de pouvoir que d’utiliser son pouvoir politique pour casser une décision de la cour. La situation face à nous est par conséquent absolument illogique. Il s’agit d’une violation sérieuse des principes fondamentaux de l’Europe »,  s’est insurgé Lars Rise, ancien député norvégien et président de la commission nordique du groupe interparlementaire européen des « Amis d’un Iran Libre ».

CNRI – « Il est en fait illégal de casser une décision d’un tribunal et j’espère qu’il sera possible de porter cette affaire devant les tribunaux une nouvelle fois pour ce qu’ils ont fait. Il s’agit d’une certaine manière d’abus de pouvoir que d’utiliser son pouvoir politique pour casser une décision de la cour. La situation face à nous est par conséquent absolument illogique. Il s’agit d’une violation sérieuse des principes fondamentaux de l’Europe »,  s’est insurgé Lars Rise, ancien député norvégien et président de la commission nordique du groupe interparlementaire européen des « Amis d’un Iran Libre ».

Il s’exprimait le 5 février à Paris dans une conférence internationale de juristes. La réunion portait sur le jugement rendu par la Cour européenne de Justice annulant la décision du Conseil des ministres de l’UE qui avait inscrit dans la liste du terrorisme de l’UE les Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale opposition au régime de Téhéran et sur la réaction de l’UE qui refuse de se conformer à ce jugement. Les plus grands experts en matière de droit communautaire et de nombreuses personnalités politiques et de défense des droits de l’homme de toute l’Europe étaient venues apporter leur soutien et leur témoignage. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, est également intervenue.

C’est toujours très encourageant de voir à quel point cette résistance iranienne est imposante par la force de ce mouvement et de son engagement.

Tous les membres de l’Union européenne sont obligés de défendre les principes de l’état de droit. Ils ont en effet signé il y a six ans la Déclaration européenne des Droits de l’Homme. Ce qui est très inquiétant, c’est de voir certains pays se comporter comme de mauvais perdants suite à la grande victoire au Luxembourg. Ils veulent exploiter le pouvoir politique pour annuler la décision de la cour du 12 décembre. Espérons qu’ils n’auront pas le dernier mot.

Bien évidemment, il s’agit d’une grande victoire. Il a été affirmé que l’OMPI ne jouait aucun rôle dans des activités terroristes. Et bien sûr nous le savions. Nous savions que le FBI avait mené une enquête sur les 4000 résidents de la Cité d’Achraf (en Irak) et qu’aucun n’avait été jugé terroriste.

J’étais présent il y a un an dans la salle d’audience, c’était il me semble le 7 février de l’an dernier, ce qui fut extrêmement divertissant. Lire la peur et l’insécurité sur le visage des avocats du Royaume-Uni et de la France, quand ils ont été complètement incapables de présenter quoique ce soit lorsque les juges leur ont demandé des documents ou des preuves de ce terrorisme. Ce fut une expérience remarquable et une victoire fantastique.

Aussi, selon le texte du verdict, ni l’UE ni le Royaume-Uni n’ont été capables de produire la preuve de leurs allégations de terrorisme portées contre l’OMPI. Ils ne sont pas parvenus non plus à déterminer exactement qui avait pris cette décision et comment elle avait été prise.

Il est en fait illégal de casser une décision d’un tribunal et j’espère qu’il sera possible de porter cette affaire devant les tribunaux une nouvelle fois pour ce qu’ils ont fait ; si une société ou compagnie privée avait fait cela, elle aurait été poursuivie en justice immédiatement. Il s’agit d’une certaine manière d’abus de pouvoir que d’utiliser son pouvoir politique pour casser une décision de la cour. En effet, ces mêmes ministres qui siègent au Conseil de l’Union européenne sont quelquefois très inquiets à propos de la situation de la loi en Biélorussie où d’après eux, les tribunaux ne sont pas suffisamment indépendants, tout comme en Azerbaïdjan.

La situation face à nous est par conséquent absolument illogique. Il s’agit d’une violation sérieuse des principes fondamentaux de l’Europe.

Alors que doit faire l’Union européenne ? Le Conseil doit immédiatement abandonner son attitude actuelle injustifiée et appliquer la décision de la cour en retirant l’OMPI de sa liste et en mettant un terme au gel des avoirs de l’OMPI. Cette attitude a fait beaucoup de dégâts et je me demande même s’il est possible de calculer une éventuelle compensation pour ce qui se passe depuis 2001. Selon moi, c’est évidemment quelque chose qui doit se faire et, bien entendu, il est possible de comprendre la façon dont cette politique va de pair avec celle du Conseil de sécurité dont le Royaume-Uni et la France sont d’éminents membres et où ils menacent de sanctions.

Je peux donc seulement dire que j’approuve totalement la solution qui a été proposée. Bien sûr nous croyons au dialogue avec tout un chacun, toutes les parties, mais je suis convaincu que nous connaissons tous quelqu’un avec qui il ne sert à rien de dialoguer, et je pense que le régime d’Iran fait partie de cette catégorie. Par conséquent, la solution est de soutenir une résistance impressionnante et forte et j’espère que l’Europe se rangera du côté des Iraniens dans cet objectif.

Auparavant, je voudrais rappeler à tous une fois de plus ce que Maryam Radjavi et tous ses amis ont subi. Le 17 juin 2003, à six heures du matin, 1300 policiers lourdement armés et masqués ont fait une descente dans les bureaux du CNRI et dans 12 domiciles de réfugiés iraniens dans divers quartiers. Ils ont arrêté 165 personnes, toutes ayant été libérées peu de temps après faute de preuves. Et le fait que cet événement se soit déroulé au moment où les négociations commerciales entre la France et l’Iran allaient bon train avec la signature de plusieurs accords n’est pas une coïncidence.

Mais subir ceci, puis demeurer aussi déterminé m’impressionne énormément ; Maryam Radjavi est courageuse, persévérante et obstinée, comme le sont tous ses amis. En fait, je pense qu’elle pourrait reprendre les paroles de Nelson Mandela.  Lorsque Nelson Mandela s’est exprimé dans la salle d’audience en 1964 juste avant d’être jeté en prison où il restera 27 ans, ses derniers mots avant d’être incarcéré ont été (et je pense que Maryam Radjavi pourrait les reprendre, ainsi que tous ses amis) : « Ce sont là les principes pour lesquels je vis. Ce sont là les principes pour lesquels je suis prêt à mourir ».
 
Je vous remercie tous pour cette conclusion.