lundi, décembre 5, 2022
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Iran : témoignage d’une mère concernant l’exécution de son fils

Bahman-Varmezyar-executed-iran

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis l’exécution cruelle d’un jeune athlète en Iran. La peine de mort de Bahman Varmezyar a été suspendue à la dernière minute et sa famille a été prévenue de sa grâce, mais l’appareil judiciaire l’a tout de même exécuté le lendemain dans l’incrédulité générale.

Bahman Varmezyar était un coach sportif à Hamedan. Le 31 mars 2015, lui et d’autres amis ont dévalisé une bijouterie. 18 jours plus tard, il s’est rendu aux autorités avec les biens dérobés. Malgré que le propriétaire de la bijouterie l’ait pardonné, lui et les autres braqueurs ont été condamnés à la peine de mort par pendaison.

Le 16 avril, lorsque la famille de Bahman lui a rendu visite pour la dernière fois, ils ont reçu un coup de téléphone pour les informer de son pardon et que la peine a été commuée. Bahman était sauvé de la mort et sa famille était tellement heureuse qu’elle avait prévu une fête. Mais peu de temps après, ils ont appris que la peine de mort avait seulement été reportée et non annulée.

Cela fait des semaines que Bahman a été exécuté, pourtant, sa mère refuse de croire en sa mort. Elle pleure toujours son fils : « Comment est-ce possible ? Comment tout peut changer en une demi-journée ? S’ils allaient l’exécuter pourquoi nous ont-ils dit qu’il était pardonné ? »

Elle se souvient : « Lundi (16 avril), nous sommes allés à la prison pour dire adieu à Bahman. Ils allaient l’exécuter le lendemain matin. Un homme nous a alors appellé et m’a dit que Bahman était pardonné et que l’exécution était annulée. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais, donc je lui aie demandé plusieurs fois confirmation. Tous les détails étaient corrects. J’étais tellement heureuse que j’avais du mal à respirer. J’ai partagé la nouvelle avec mon mari. La prison nous a affirmé que Bahman allait être transféré depuis sa cellule d’isolement jusqu’à la prison. Nous avons sacrifié un mouton (comme cela fait partie de la tradition) pour fêter la nouvelle ; nos proches nous ont rendu visite pour nous féliciter. Nous avons également parlé à Bahman au téléphone. Il n’arrêtait pas de me remercier pour mes prières et de me dire qu’il me devait la vie. »

Malheureusement, leur moment de bonheur n’a pas duré très longtemps alors que la nouvelle du pardon de Bahman (qui, selon certains, avait été approuvée par des dirigeants) était publiée dans les médias, l’appareil judiciaire d’Hamedan a réfuté la nouvelle et l’a attribuée à une fausse information due à une erreur judiciaire. L’avocat de Bahman a été informé que l’exécution aurait bien lieu le lendemain matin à la prison de Hamedan.

C’était incroyable, la famille de Bahman était sous le choc, car quelques heures auparavant, ils fêtaient l’annulation de sa condamnation. Sa mère a même décrit comment elle avait obtenu l’approbation de plus de 300 habitants et commerçants de la zone où Bahman avait fait son cambriolage. Mais l’appareil judiciaire a insisté pour faire exécuter Bahman à cause de la « terreur et de la peur » qu’il aurait occasionnée chez les habitants.

Malgré l’absence de casier judiciaire, Bahman a été exécuté à 6h30, mardi 17 avril 2018. Selon le rapport annuel d’Amnesty International, l’Iran est le pays qui a le plus grand nombre d’exécution par habitant.

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