mercredi, décembre 7, 2022
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Iran : Se défaire de l’étiquette terroriste

Par Gérald Papy

– L’Organisation des Moudjahidine du peuple veut être retirée de la liste noire de l’Union européenne.
– La Cour européenne de justice a rendu un arrêt qui lui est favorable.
– Seulement sur la forme ? Ou aussi sur le fond ?

La Libre Belgique, 9 mars – L’Organisation des Moudjahidine du peuple veut être retirée de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et l’a fait savoir, jeudi, en marge du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, à Bruxelles.

Par Gérald Papy

– L’Organisation des Moudjahidine du peuple veut être retirée de la liste noire de l’Union européenne.
– La Cour européenne de justice a rendu un arrêt qui lui est favorable.
– Seulement sur la forme ? Ou aussi sur le fond ?

La Libre Belgique, 9 mars – L’Organisation des Moudjahidine du peuple veut être retirée de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et l’a fait savoir, jeudi, en marge du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, à Bruxelles.

Les militants du principal mouvement d’opposition au régime iranien étaient environ 3500, selon les chiffres de la police (nombre fort éloigné de l’affluence annoncée et escomptée), à avoir rallié, depuis l’Allemagne, la France ou les Pays-Bas, les abords du rond-point Schumann et du parc du Cinquantenaire pour demander à l’Union européenne d’appliquer, selon eux, l’arrêt du tribunal de première instance de la Cour européenne de justice qui, le 12 décembre 2006, a annulé le gel des fonds de l’organisation en vigueur depuis 2002.

En vertu d’un sens de l’organisation éprouvé, les opposants iraniens agitent drapeaux, calicots, et portraits de leurs leaders, Massoud et, surtout, Maryam Rajavi, devant une tribune où une vingtaine de parlementaires de plusieurs pays européens viennent apporter leur soutien à l’organisation et à son combat. L’arrivée de Maryam Rajavi est marquée par un accueil digne d’une star du showbiz. Le député belge MR Jean-Pierre Malmendier exprime sa solidarité, à titre personnel, précise-t-il, avec la pasionaria des Moujahidine, une organisation pourtant aux fondements islamo-marxistes. Entre les ambitions nucléaires des mollahs et le risque d’intervention militaire des Américains, elle représente, selon lui, "la troisième voie susceptible d’épargner à la planète un cataclysme". Pour le sénateur français de Haute-Saône, Jean-Pierre Michel, un des fondateurs du Comité français pour un Iran démocratique qui ambitionne d’infléchir la politique du futur président de la République à l’égard de Téhéran, il est temps de mettre un terme à "la politique de complaisance européenne à l’égard du régime des mollahs".

Complaisance et reniement pour l’ancien Premier ministre algérien, Sid Ahmed Gozhali : il y a cinquante ans, "les pères fondateurs de l’Union européenne ont voulu que le projet européen s’inscrive dans le respect de l’Etat de droit et de la démocratie. En n’appliquant pas une décision de la Cour européenne de justice, les Européens envoient aujourd’hui un signal qui défigure l’image de l’Europe".

A la tribune, Maryam Rajavi, ensemble et foulard bleus, dénonce l’arbitraire des ministres européens. "Pourquoi la décision de la Cour européenne de justice est-elle piétinée ?", scande-t-elle. L’enjeu ne se résume pourtant à cette simple interpellation.

Pour l’Union européenne, l’arrêt de la cour porte sur la forme et non sur le fond. L’instance juridique a estimé que la décision frappant les Moujahidine du peuple "violait les droits de la défense, l’obligation de motivation et le droit à une protection juridictionnelle effective", donc qu’elle n’avait pas été motivée et que l’organisation n’avait dès lors pas pu la contester. Aussi, le 30 janvier, l’UE a envoyé une lettre de motivation aux avocats des plaignants, rappelant "le passé de l’organisation, notamment les attentats dont elle a été responsable". Un délai d’un mois lui a été donné pour y répliquer. Cette réponse est en cours d’examen et doit alimenter un débat sur le fond. Dans plusieurs mois, au moment où la liste sera réexaminée.

Mais pour les dirigeants de l’Organisation des Moujahidine du peuple, il ne s’agit là que d’arguties juridiques avancées par l’Union européenne pour se dérober à ses obligations et ménager le régime de Téhéran alors que les Européens jouent un rôle crucial de négociateur sur le dossier nucléaire iranien. Or, selon eux, Américains, du temps de Bill Clinton, et Européens ont parié sur un changement démocratique de l’intérieur qui a échoué avec la défaite des "réformateurs" aux élections à l’issue de deux mandats du président Kathami. Il est temps dès lors dans leur entendement de jouer la carte du véritable changement démocratique…

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