
Le cœur de Londres est devenu le point de ralliement du mouvement pro-démocratie iranien le 28 mars 2026, lorsqu’un rassemblement massif à Marble Arch a appelé à un changement fondamental dans la manière dont l’Occident interagit avec Téhéran. Des Iraniens expatriés, rejoints par des parlementaires britanniques et des défenseurs des droits humains, ont exprimé un soutien sans faille au Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) en tant que gouvernement provisoire viable. L’atmosphère était empreinte d’un sentiment d’urgence historique. Les participants affirmaient que le régime iranien actuel avait perdu toute légitimité interne et qu’une transition structurée vers une république laïque était la seule voie possible.
Les orateurs se sont succédé à la tribune pour transmettre un message de résilience et de préparation politique. Naghmeh Rajabi a ouvert le débat en décrivant comment l’esprit du soulèvement iranien persistait malgré la répression brutale, soulignant que les « Unités de résistance » à travers le pays demeuraient un phare pour ceux qui cherchaient à renverser la théocratie en place.
Message aux Iraniens libres qui manifestent à Londres-
Le Conseil national de la Résistance iranienne a annoncé la formation d'un gouvernement provisoire pour l’Iran. Nous appelons le gouvernement britannique, à :
– Reconnaître le gouvernement provisoire annoncé par le Conseil… pic.twitter.com/iS3FDfF93T— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 28 mars 2026
Ce sentiment a été repris par Hossein Abedini, représentant adjoint du CNRI au Royaume-Uni, qui a présenté une carte nationale de la résistance s’étendant des rues de Téhéran jusqu’aux confins du Khuzestan et du Kurdistan. Il a suggéré que la persévérance du peuple iranien avait désormais conduit le régime au bord du précipice.
La portée politique de l’événement a été renforcée par des personnalités britanniques telles que le député Bob Blackman, qui a vivement critiqué la prudence diplomatique du Royaume-Uni. M. Blackman a affirmé que le soutien politique international devait désormais se traduire par des actions concrètes, notamment le placement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste noire et la fermeture des ambassades liées au régime à Londres. Robert Ward, conseiller municipal conservateur, s’est joint à cet appel à un changement structurel, en précisant que le peuple iranien ne souhaitait pas troquer une forme d’autoritarisme contre une autre. Ward a constaté un rejet collectif massif du régime clérical actuel et de tout retour potentiel à la monarchie, positionnant ainsi la vision démocratique du CNRI comme la véritable « troisième voie ».
Des voix juridiques et universitaires ont conféré une crédibilité institutionnelle aux débats. La professeure Sarah Chandler, figure éminente du monde juridique, a soutenu que le CNRI n’était pas un simple mouvement de protestation, mais un gouvernement en devenir crédible qui privilégie l’État de droit et les droits humains. Ce point de vue a été approfondi par la docteure Leyla Hannbeck, qui a évoqué un Iran futur caractérisé par l’égalité des sexes et une gouvernance laïque. Parallèlement, le docteur Reza Pourabrisham a lié les changements internes en Iran à des enjeux de sécurité mondiale plus larges, suggérant que les politiques régionales destructrices du régime rendent son renversement indispensable à une paix internationale durable.
New video#London — March 28, 2026: Freedom-loving Iranians rally, urging the UK to recognize the NCRI’s provisional government, blacklist the IRGC, shut regime embassies, expel MOIS/IRGC agents. #NCRIAlternative #FreeIran10PointPlan #BlacklistIRGC pic.twitter.com/UX8X1Sww6Q
— Iran Freedom (@4FreedominIran) 28 mars 2026
La nature populaire du mouvement a été soulignée par Laila Jazayeri et le Dr Omid Ebrahimi. Mme Jazayeri a rappelé avec force que la liberté est rarement octroyée par des puissances étrangères ou par des « accords secrets », mais qu’elle doit être conquise par la lutte organisée de la population. M. Ebrahimi a mis en lumière les opérations stratégiques des Unités de Résistance, arguant que le changement est impulsé par une force interne disciplinée plutôt que par un effondrement spontané. Azadeh Hosseini a clôturé la session en présentant les principes fondamentaux du Plan en dix points de Mme Maryam Radjavi, insistant sur son objectif d’un Iran non nucléaire et l’abolition totale de la peine de mort.
Le discours tenu lors du rassemblement de Londres témoigne d’une maturation significative de la stratégie de l’opposition iranienne. On observe un glissement délibéré du langage de la « protestation » vers celui de la « diplomatie ». En se concentrant sur le concept de gouvernement provisoire, la Résistance iranienne illustre les conséquences d’un éventuel changement de régime. Elle présente une structure démocratique éprouvée et bien préparée, dotée d’un cadre juridique solide et de soutiens internationaux, afin de démontrer que la transition serait maîtrisée et non chaotique.
Les orateurs ont également fait preuve d’une compréhension fine des préoccupations sécuritaires occidentales. En présentant le CGRI non seulement comme un oppresseur intérieur, mais aussi comme une menace pour la sécurité mondiale, ils alignent leur cause sur les intérêts stratégiques de la communauté internationale. En définitive, ce rassemblement suggère que la Résistance iranienne ne se contente plus de demander de la solidarité ; elle exige une reconnaissance officielle en tant qu’alternative politique légitime sur la scène internationale.

